‹ Les célebrités françaisesChapitre 88 sur 208 · MAZARIN · texte numérisé non relu

MAZARIN

aulhentiques ni des plus honorables. C est à |M'inc si l'on peut se mellre d'accord sur le lieu de naissance de cet illustre personnage. Les uns en font un Romain, les autres un Sicilien. En tout cas, son père n'avait qu'une noblesse très-contestable, et il exerçait simplement les fonctions de majordome chez le connétable Colonna.

(iiulio fut l'élève des jésuites, qui ne manquèrent pas de remarquer sa subtilité et voulurent l'attacher à leur ordre. Il avait bien d'autres choses en tète, le plaisir, le jeu, la comédie! Tout en s'amusant avec excès, il trouvait moyen de s'avancer dans les sciences. Après un séjour de trois années en Espagne, il jeta la soutane, prit l'épée et entra comme capitaine d'infanterie dans l'armée du pape. Là, son esprit souple et délié frappa si bien ses chefs, que, lors de la guerre qui éclata pour la succession des duchés de Mantoue et de Hontferrat, il fut chargé de négocier au nom du pa|>e.

Le traité île Suze était une paix plâtrée. Richelieu vint à Lyon avec une armée prête à franchir les monts. Pour conjurer l'orage, on envoya Mazarin au cardinal. Ces deux politiques eurent plusieurs entrevues et se convinrent mutuellement. A dater de celle époque, Mazarin comprit que son intérêt l'attachait à Richelieu, et il se mit à le servir avec une fidélité qui ne se démentit jamais. Le ministre l'appuya en cour de Rome, (iiulio se décida à prendre la tonsure, ce qui lui valut successivement un canon ical, l'office de référendaire des deux signatures, la vice-légation d'Avignon, puis une nonciature extraordinaire à Paris.

Plénipotentiaire de la France, il réussissait à lui assurer la prépondérance en Savoie; et, pour sa récompense, la barrellc de cardinal lui était envoyée de Rome en l(Hk2.

Richelieu meurt; Mazarin est appelé dans les conseils du roi avec le titre de ministre d'État. Dès le début, sa souplesse adroite fait autant que la fermeté d'airain de son devancier : il a pour ennemis le duc de Beauforl et la duchesse de Chevreuse, l'amie de la reine; il obtient l'emprisonnement du duc et l exil de la Gère duchesse. Mais, en revanche, il donne l'Alsace à la France, et il amuse la reine, dont la molle indolence ne demande qu'à être endormie.

Mazarin était un Trivelin facétieux; il ripostait par «les mots à

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l'épigrammc; il fermait les yeux en bonhomme, et s'assurait d'abord si ses coffres étaient pleins. «Qu'ils caillent, disait-il, pourvu qu'ils {taxent bien. » Il n'avait cure de la misère du peuple et semait l'or pour s'assurer la tolérance des courtisans.

L'orage arriva, parce qu'il eût fallu pour le prévenir continuer la politique de Richelieu. Les demi-mesures ne convenaient pas plus à la noblesse qu'au parlement. In jour vint où tout le monde fut contre Mazarin : ce jour s'ap|iela la Fronde '.

Lorsque, après de longues luttes, tantôt sanglantes, tantôt grotesques, Mazarin dut par su retraite donner satisfaction à l'opinion publique, il partit pour l'exil en 10 M , chargé d'outrages et de malédictions. II languit un an à Druhl, près Cologne. Ce qui lui était peut-être le plus sensible, c'est que le parlement lui avait confisqué ses biens.

Deux ans après, les factions étaient calmées ou lassées ; le parlement se taisait : Turenne allait chercher Mazarin à Sedan, et le ministre, réhabilité par lettre royale, reparaissait en souverain à Paris, où l'on s'étouffait pour se porter à sa rencontre. Quel changement ! La rentrée d'un triomphateur !

Désormais sans inquiétude à l'intérieur, et, il faut le dire à sa louange, n'ayant pas exercé de vengeance, Mazarin mena le jeune roi faire contre les Espagnols sa première campagne; puis, pour cimenter la paix, il le maria avec l'infante Marie-Thérèse, et il eut la gloire d'attacher son nom au traité des Pyrénées, qui fut si favorable à la France.

M;iis les longues négociations de l'île des Faisans avaient épuisé les forces de Mazarin, et, si\ mois après, il devait « quitter tout cela, » selon l'expression dont il se servait lui-môme en parcourant ses salles magnifiques. Il laksi une fortune de plus de cinquante millions : sa famille en profila et s'en réjouit; mais il lit à la France el à Louis XIV un h <<< précieui : ce fut Colbert.

Voir, pour le* détails, à la ùe de Mathieu Mole cl au Hiapilre du Cardinal de Ilets.

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MATIIIKU MOLK

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