‹ Les célebrités françaisesChapitre 89 sur 208 · MATHIEU MOLE · texte numérisé non relu

MATHIEU MOLE

yi r.i im — »o»t *%

fit* cardinal de Retz a dit : « Si ce n'était pas un blasphème d'assurer qu'il y a quelqu'un dans notre siècle plus intrépide que le grand Gustave et le prince de Condé, je dirais que ç'a été M. Molé, premier président. » En effet, si nous admirons la valeur du guerrier qui lui l'ail mépriser la mort sur les champs de bataille, combien nous de- \oiis louer le courage civil, plus diflicilc, plus héroïque encore, qui l'ail braver les menaces «l'une multitude en délire, élever la voix quand elle ne veut rien entendre, défendre la loi, la justice, au j>éril île sa vie! Tel fut le courage du premier président, Mathieu Molé.

Néon U>N4, d'une de ces vieilles familles de robe, honneur de la magistrature, il se montra digne du nom qu'il portail et sut l'illustrer encore. Dans un temps où les guerres- intestines déchiraient la France, quand tout était confusion et désordre, on le vit, dans une lutte admirable, défendre tour à tour l'autorité royale el les droits du peuple. Il eut toutes les qualités sérieuses el sévères du magistral : l'intégrité inébranlable, la pureté des mœurs. On s'étonnait de trouver dans un si jeune homme une raison si droite el si ferme, une vie privée si exemplaire, partagée entre l'étude, les joies de la famille et les amitiés honorables. Aussi Richelieu, le plus despote des hommes, mais dont le génie élevé savait juger ses semblables, lui confia, quoiqu'il ne l'eût pas toujours trouvé docile à ses volontés, les fonctions délicates de premier président au parlement, en 1040. Le même jour, Molé perdit sa femme, qui le laissait père de dix enfants. 11 chercha dans le travail un remède contre sa douleur, et sentit son Ame grandir avec ses devoirs. Il avait défendu, sous Louis XIII, la liberté publique contre Richelieu; Richelieu mort, il défendit contre le jM'uple l'autorité royale,

Page 1