Urizio, op. laud.. pi. VI, j
Le comte Gozzadini qui prit, après M. Zannoni, la direction des fouilles, fat assez heureux pour recueillir les fragments d'un second bandeau d'or, associé à un casque de bronze portant une inscription étrusque (1887). On sait que, dans le courant du me siècle, Gaulois et Étrusques se sont, à plusieurs reprises, coalisés contre les Romains.
Après Gozzadini vint M. Brizio, qui obtint des résultats analogues en fouillant le terrain (predio) De Lucca, voisin des précédents. Citons une tombe (n° 86) où il recueillit une épée de fer dans son fourreau, avec chaîne de suspension, du type mamien bien caractérisé.
Les sépultures gauloises n'avaient pas manqué non plus à la Certosa de Bologne, où on lésa trouvées mêlées à des tombes étrusques. M. Zannoni en signale à plusieurs reprises dans son grand ouvrage.
Suivons maintenant M. Brizio hors du territoire propre de Bologne.
1° A Ceretoio, à 48 kilomètres environ de la ville, il y a un groupe important de sépultures gauloises. A côté d'un des squelettes se retrouve l'épée de fer marnienne avec la chaîne de suspension.
2° A Santa-Maria Maddalenadi Cazzano, à la même distance de Bologne, un autre groupe gaulois a fourni la même épée de fer, douze pointes de lance en bronze et quinze iibules (types de la Marne et de la Tène).
ô° Marzabotto. — Dans ce centre si franchement étrusque, nous retrouvons encore les Gaulois, avec leurs mêmes armes, leurs mêmes fibules. Reconnu d'abord par Desor et M. G. de Morlillet, le caractère gaulois de plusieurs sépultures de Marzabotto est aujourd'hui hors de doute. Mais à la Certosa, Ombriens, Etrusques et Gaulois reposent côte à côte dans la vaste nécropole ; à Marzabotto, les Gaulois ont été ensevelis à part, dans des conditions qui ne permettent d'y voir ni des maîtres ni des esclaves. C'étaient sans doute des auxiliaires ou des mercenaires.
Nous ne reviendrons pas sur les fouilles dont le comte Goz-
zadini, Desor et M. de Mortillet ont traité avec compétence. M.Brizio, dans le mémoire que nous analysons, porte à six le nombre des épées incontestablement gauloises trouvées à Marzabotto. Il faut donc compter au moins seize épées gauloises recueillies, en peu d'années, dans un cercle très étroit autour de l'antique Felsina. Ce chiffre paraîtra modeste ; hàtons-nous de dire que l'on se ferait une idée inexacte de l'importance des sépultures gauloises du Bolonais si Ton restait sous cette impression. Bien que l'épée soit, pour ainsi dire, l'élément le plus significatif du mobilier funéraire gaulois, elle est loin d'être le seul indice certain d'une sépulture gauloise. Les fers de lance et de javelot, les bracelets, les fibules offrent aux archéologues des éléments non moins sûrs de détermination.
Fig. HO. — Bracelet gaulois avec ornements en S, environs de Bologne '.
Une statistique établie sur ces indices attesterait l'existence, dans la région bolonaise, de plusieurs centaines de tombes gauloises.
Il faut constater, toutefois, que nous ne trouvons, sur ce territoire boïen par excellence, rien qui ressemble aux grandes nécropoles celtiques de l'Insubrie, ni aux nombreux et vastes cimetières du nord-est de la Gaule (départements de la Marne, de l'Aisne et de l'Aube), ni à plusieurs nécropoles échelonnées sur la rive droite du Bas-Rhin.
Les conclusions de M. Brizio, s'appuyant sur un ensemble de faits dont ses recherches ultérieures n'ont pas modifié le