‹ Les Celtes dans les vallées du Pô et du DanubeChapitre 115 sur 144 · Voir Revue archéologique, numéro de novembre · texte numérisé non relu

Voir Revue archéologique, numéro de novembre

en ayant gracieusement donné l'autorisation, sur la demande de mon confrère à l'Institut, le marquis de Vogué, nous n'avons pu résister au plaisir de publier sans plus tanler un document de premier ordre : une plaque de ceinture en bronze, ornée au repoussé, sur laquelle figurent certainement des guerriers gaulois, cavaliers et fantassins, et que M. de Hocbstetter, dans sa lettre, signalait déjà tout particulièrement à mon attention.

L'importance exceptionnelle que j'attache à ce monument ne vient pas seulement de ce qu'il sort d'un milieu gaulois, de ce qu'il nous met en présence de costumes, boucliers et casques, analogues à ceux que nous ont déjà fait connaître les situles de la Certosa, de Matrai et la situle de Watsch elle-même, dont M. Reinach a donné le dessin d'après M. de Hochstetter', de ce qu'enfin le travail de cette plaque appartient à une industrie et à un art qui parait avoir été particulièrement florissant chez les tribus celtiques du Danube et du Pô, et cela dès une époque relativement très ancienne; mais encore et surtout parce que nous y trouvons une représentation très nette de deux armes qu'aucun monument figuré ni en Allemagne, ni en Italie, ni en France n'avait encore mis sous nos yeux : le javelot à amentum et la cateia (voir pi. III de la Revue) •.

Or, la cateia était l'arme gauloise par excellence. Le javelot à amentum ne parait pas avoir été d'un usage aussi commun dans nos contrées occidentales. Les Romains ne s'en servaient qu'exceptionnellement. Mais nous avons quelques raisons de croire que ce javelot (le javelot à amenlum) était l'arme de jet qui avait fait donner aux Gxsates, les célèbres mercenaires gaulois, le nom qu'ils portaient.

l'amentcm

La célébrité de l'amentum est due surtout à la phrase des Commentaires où César raconte, B. G., V, xlviii, comment il s'y prit pour faire parvenir à Quinlus Cicéron, assiégé chez les Nerviens, la nouvelle qu'une légion accourait à son secours,

« Ayant appris par des prisonniers ce qui se passait dans le camp de Cicéron et en quel péril il y était, César fit partir un cavalier gaulois que la promesse d'une forte récompense décida à porter une lettre au légat : cette lettre était écrite en grec, afin que si l'ennemi l'interceptait il ne put en connaître le contenu. Dans le cas où le Gaulois ne pourrait pénétrer jusqu'à Cicéron, il devait attacher la lettre à la courroie d'une tragule et la lancer dans le camp. »

Si adiré non posset, monet ut tragulam cum epistola ad amentum deligata intra munitionem castrorum abjiciat.

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