‹ Les Celtes dans les vallées du Pô et du DanubeChapitre 116 sur 144 · Revue archéol., I. c, 1883, pi. XXIII · texte numérisé non relu

Revue archéol., I. c, 1883, pi. XXIII

2. Le javelot à ameutuiu ue s'était rencontré jusqu'ici que sur des vases grecs ou étrusques.

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Pline, VII, lvii, attribue à OKlolus, fils de Mars, la découverte de l'amentum : Lance as Oetolus, jaculum cum amento Oetolum Martis fiUum invenisse dicitur.

Tite-Live (XXXVII, xu) fait allusion au javelot à amentum à propos de la bataille livrée par les Romains au roi Anliochus, près de Magnésie du Sipyle. Or, il.résnlte du texte que les soldats d'Antiochus seuls se servaient de l'amentum. Il n'y avait point de javelots à amentum dans l'armée romaine.

« Un brouillard épais, dit Tite-Live, couvrait les deux armées; mais, tandis que les'troupes romaines pesamment armées en souffraient peu. l'humidité ne pouvant émousser ni le tranchant de leurs épées, ni la pointe de leurs javelots, l'armée du roi en était paralysée, car la pluie avait relâché les cordes des arcs et des frondes ainsi que les courroies des javelots. » Jaculorum amenta emollierat.

Virgile ne parle qu'une fois de l'amentum, et c'est dans un passage où il met en scène les guerriers à la tète desquels est le jeune Iule (Aen-,IX, 685) :

Iutenduut acres arcus, amentaque torquent.

Mention de l'amentum se retrouve dans un vers d'Ovide (Metam., XII, 321) et un autre vers de Silius Italicus (IX, 508), mais également dans des circonstances qui ne permettent pas d*y voir une arme romaine.

On se demandait encore il y a quelques années en quoi consistait l'amentum et quelle était sa puissance. Le javelot à amentum n'avait été signalé, en effet, sur aucun monument antique. Les commentateurs de César et de Virgile n'en avaient donné aucune description claire, quand Prosper Mérimée en découvrit une représentation non douteuse sur une amphore panathénai'que du British Muséum'.

Je fis faire sur ce modèle, au Musée de Saint-Germain, de concert avec le général de Reffye, des essais qui réussirent parfaitement et dont le résultat fut qu'un javelot qui, lancé par une main quelque peu exercée, portait seulement à 25 mètres de distance, conservait, lancé par la main àl'aide de l'amentum, le même degré de puissance jusqu'à 65 mètres.

La plaque du prince Ernest de Windisch-Grsetz nous montre aujourd'hui l'amentum sous deux aspects : 1° flottant en l'air attaché à un javelot lancé à toute vitesse ; 2° bouclé entre les deux doigts, index et médius, d'un cavalier dont le bras est à très peu de chose près dans la même attitude que le bras de l'athlète grec du vase panathénaïque.

Derrière l'adversaire de notre cavalier est un servant avec deux javelots qui doivent également être amentts et qui rappellent les vers du Ville livre de l'Enéide où Virgile dépeint l'attaque du Capitole par les

Gaulois :

...duo quisque alpina coruscant Gaesa manu *.

1. Ce dessin de Mérimée a été publié dans la Revue eu 1860. 11 est exposé (salle VI) au Musée de Saint-Germain.

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