Strabon, éd. Didot, p. 117 et
7. Diodore, V, 34 : xP&vxou ôà xa\ «rauvt'oi; ôXoatôrjpoiî àyxt<TtpwS£(it. A rapprocher de la falarica attribuée par Tite-Live aux Sagontins (XXI, 8).
en fer terminés en forme d'hameçon ; l'historien ajoute que leurs casques et leurs épées sont semblables à ceux des Celtibères.
Ces javelots tout en fer rappellent le gaesum celtique, qu'Hésychius définit ainsi : y<xî<to;, è(x66Xiov ôXoacSrjpov. Nous avons vu que l'angon des Francs, suivant la description d'Agathias, est également une arme en fer, où le bois servant de hampe est à peine visible. Aucun texte, à ma connaissance, n'indique que le gaesum fût muni d'un hameçon, comme le javelot des Lusitaniens ; cependant il faut observer qu'au dire d'Athénée4 les Romains empruntèrent le gaesum aux Ibères : %%\ irapi £ayvcTâ>v 8è É'(Ai6ov OvpsoO -/P^'v, Ttapà 8è 'Ig^pwv, ya(<jwv. Ces gaesa attribués aux Romains par Athénée ne peuvent guère être que les pila, qui n'avaient pas de crocs ; aussi ne faut-il pas serrer ce texte de trop près. Il prouve simplement que les Ibères, ou plutôt les Celtibères, avaient des armes analogues aux pila, c'est-à-dire de longs javelots. Or, comme Diodore attribue aux Lusitaniens, qui possédaient le même armement que les Celtibères, des javelots tout en fer munis d'hameçons, il est permis d'en conclure que le type de l'angon est très voisin de celui du gaesum.
Lindensch mit, dans son ardeur à voir partout, chez les Barbares, des emprunts faits à la civilisation italienne, écrit à ce sujet les lignes que voici *: « Tout cela pourrait incliner à considérer ces formes spéciales de javelots, dont l'usage se constate depuis l'Atlantique jusqu'au Pont-Euxin à travers l'Europe centrale, comme une particularité des peuples septentrionaux et occidentaux; mais il existe des témoignages et même des monuments qui attestent, à une époque bien antérieure, l'existence de ces armes chez les populations de l'Italie. Les renseignements touchant le javelot à longue hampe de fer chez les barbares appartiennent pour la plupart au m» et au ne siècle et ne sont pas plus anciens que Je début de l'époque impériale, époque où les armes romaines étaient déjà familières à tous les peuples de l'Europe. Mais le pilum romain, qui, je l'ai démontré, est le prototype de l'angon, ne peut, même [sous sa forme plus ancienne décrite par Polybe, être considéré que comme une imitation du javelot étrusque, dont un spécimen resté longtemps inaperçu nous a été fourni par une tombe de Vulci » (Muséum Gregorianum, pi. XXI, fig. 6).
Le directeur du Musée de Mayence n'avait qu'une connaissance incomplète et superficielle des textes. Il ne s'est jamais demandé si un renseigement donné par Aulu-Gelle ou par Diodore ne remonte pas à un auteur beaucoup plus ancien. Mais il est inutile de discuter en détail ses assertions. Sa manière de voir l'oblige à supposer que les Gaulois qui brûlèrent Rome avaient emprunté leurs gaesa aux Étrusques; or, s'il en était ainsi, les Clusiens n'auraient pas été frappés de la « nouveauté » des armes gauloises*. Nous concluons que l'angon, comme la spatha, e*i une vieille arme des tribus celtiques; elle reparaît au v° siècle après notre ère entre les mains de Barbares en qui survivait la civilisation matérielle