‹ Les Celtes dans les vallées du Pô et du DanubeChapitre 124 sur 144 · Polybe, I. Il, c. xvii, § 3; édition Didot, p · texte numérisé non relu

Polybe, I. Il, c. xvii, § 3; édition Didot, p

2. Appien, De rébus Gallicis, c. h; éditioD Didot, p. 25, 26. Appien écrivait vers l'an 160 après J.-C.

der de venir s'installer en maîtres dans le pays qui produisait de si bonnes choses. Ils entrèrent donc en Italie et firent le siège de Clusium, aujourd'hui Chiusi, province de Sienne en Toscane, d'où ils gagnèrent Rome. Tel est le récit que nous lisons chez Denys d'Halicarnasse, dont les Antiquités romaines ont été terminées l'an 8 avant J.-G. '. Ce récit a été reproduit par Plutarque qui mourut vers l'an 120 de notre ère1. Il s'accorde avec la doctrine de Polybe, ne siècle avant notre ère, avec celle de Diodore de Sicile vers l'an 40 avant notre ère, avec celle d'Appien 160 après notre ère, pour faire de l'invasion celtique en Italie et du siège de Rome deux événements qu'un très court intervalle sépare.

Tite-Live écrivait le livre V de son Histoire romaine entre les années 27 et 20avant notre ère, peu après la rédaction de la Bibliothèque de Diodore de Sicile, et antérieurement à la publication des Antiquités romaines de Denys d'Halicarnasse. Il a connu la vieille chronologie adoptée par les auteurs de ces deux grands ouvrages ; elle a plusieurs fois pénétré dans son récit Mais il déclare donner la préférence à une chronologie nouvelle. Cette chronologie met vers l'an 600 avant J.-C. la conquête de l'Italie du nord par les Gaulois sur les Étrusques ; il supprime ainsi le synchronisme établi par Polybe entre la domination étrusque dans le bassin du Pô et la domination étrusque en Campanie, 471-424*. Toutefois, par une contradiction singulière, Tite-Live parle en deux endroits comme s'il tenait pour l'ancienne doctrine4, seule admise par les autres écrivains de l'antiquité, seule soulenable aujourd'hui.

Malgré ce grave défaut le récit de Tite-Live est très intéressant.

Il nous rapporte probablement d'après Timagène, dont la source devait être ici quelque chant épique gaulois, un fait historique important dont

1. Denys d'Halicarnasse, 1. XIV, c. x, xi; édition Didot, p. 699, 700; cf. Tite- Live, I. V, c. xxxiii, § 3.

2. Plutarque, Camille, c. xv; édition Didot, p. 1G0. Il n'y a pas, chronologiquemeut parlant, contradiction eutre ce récit et celui de Pline, qui met décote les malheurs conjugaux d'Arruns : « Produnf, Alpibus coercitas et tum inexsuperabili munimento, Gallia9 hanc primant habuisse causam superfundeudi se Italiae, quodHelico, ex Helvetiis civis earum, fabrilem ob artem Romae coumoratus, ficum siccam et uvam oleique ac viui praemissa remeans secum tulisset. » Pline, 1. XII, § 5.

3. « Legati ab Clusiuis veniunt, auxilium ad versus Gallos pttentes. Eam geutem traditur fama, dulcedine frugum maximeque vini nova tum voluptate captam, Alpes transisse agrosque Etruscis aute cultos possedisse; et invexisse in Galliam viuum inliciendae gentis causa Arruntem Clusiuum ira corruptae uxoris ab Lucumone cui tutor is fuerat ipse, praepotente juveue et a quo expeti poeuae, nisi externa vis quaesita esset, uequirent. Hune transeunlibus Alpes ducem auctoremque Clusium oppugnandi fuisse » (Tite-Live, 1. V, c. xxxiii). « Clusini, novo bello exterriti, cum multitudinem tum formas homiuum invisitatas cernèrent et genus armorum » (Ibid., c. xxxv, § 6). « Invisitato atque inaudito hoste terrarumque ultimis oris bellum ciente » (Ibid., c. XXXVII, § 2).

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