‹ Les Celtes dans les vallées du Pô et du DanubeChapitre 143 sur 144 · Perrot et Chipiez, Histoire d? l'art, t. II, p · texte numérisé non relu

Perrot et Chipiez, Histoire d? l'art, t. II, p

ait pu exercer quelque influence sur le bassin de la Méditerranée, cela est possible, mais n'est encore démontré par rien. Il existe, toujours dans la même hypothèse, un intervalle de temps si immense entre l'art de Tello et celui d'Hissarlik ou de Mycènes, qu'on peut, à l'exemple de M. Brunn, laisser de côté les monuments chaldéens quand il s'agit de l'art mycénien ou homérique.

En étudiant certains bas-reliefs assyriens du plus récent des palais de Konjoundjik, celui d'Assourbanipal (667-Q47). notamment les chiens de chasse et la lionne blessée, M. Brunn n'a pu retenir une hypothèse qui, au premier abord, parait bien hardie1 : il s'est demandé si l'influence qui s'y faisait sentir n'était pas celle du génie grec. « Nous trouvons, dit-il, dans l'art homérique, justement les deux éléments qui nous frappent comme nouveaux dans la dernière période de l'art assyrien... » Il y aurait donc eu, antérieurement au vine siècle, date du bas-relief assyrien qui représente une ville assiégée, influence de l'Assyrie sur la Grèce et, au vu* siècle, époque des bas-relie's d'Assourbanipal, action en retour de la Grèce sur l'Assyrie. La discussion de celte thèse nous entraînerait trop loin; elle n'est d'ailleurs pas essentielle à notre sujet.

En effet, depuis la découverte delà « ville assiégée » sur un vase d'argent qui peut remonter au xive siècle, ne semble-t-il pas que l'on puisse hardiment reprendre l'offensive pour revendiquer la priorité du génie grec? D'influence phénicienne, on ne devrait vraiment plus parler. Aucune fouille ne nous a encore rien appris sur la civilisation de la Syrie avant l'an 1000; mais quand les envoyés et les tributaires de ce pays sont figurés sur les peintures égyptiennes contemporaines de l'éclat de Mycènes, ils sont vêtus comme des Mycéniens, portent des vases analogues à ceux de Mycènes et de Vaphio, et ne présentent aucun caractère extérieur qui les rattache à l'Egypte ou à l'Assyrie. On est donc obligé d'admettre soit que la civilisation mycénienne a eu la Syrie pour centre, soit qu'elle a rayonné des îles de l'Archipel vers les côtes de l'Asie. Mais si la première hypothèse était la vraie, la part apparente de l'Egypte dans la civilisation de Mycènes ne se réduirait pas à quelques bibelots importés; on devrait, à des indices nombreux et irrécusables, reconnaître son influence dans toute la civilisation mycénienne, et c'est ce qu'aucun archéologue ne voudra plus tenter aujourd'hui. En un mot, dans l'état actuel de nos connaissances, il ne^peut plus être question de civilisation phénicienne à Mycènes, mais seulement de civilisation mycénienne en Phénicie*.

Si donc il existe certaines analogies incontestables entre les coupes gravées dites phéniciennes et le bouclier homérique, il faut, ou bien attribuer ces analogies au hasard, ce qu'on n'a pas songé à faire jusqu'ici, ou considérer les coupes en question comme des imitations dégénérées de modèles mycéniens. Cette dernière conclusion est la nôtre. On a admis

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