‹ Les Celtes dans les vallées du Pô et du DanubeChapitre 19 sur 144 · Plutarque, De p/acitis phitosoph., p · texte numérisé non relu

Plutarque, De p/acitis phitosoph., p

7. Timée, fragui. 36 (Fragm. historié, graec., t. 1, p. 200) : Tiji-xio; toÙî E|i6â),XûVTaç itoTa(Jioùi; tu tt,v 'Ar>.avTiXY)v otà xri; KeXtixrjç ôpetvrj; amiTat.

8. Parmi les noms de lieux qu'il a recueillis, il en est un, celui d'Uxisama (l'Jle d'Ouessant)fa), qui est très probablement cellique, et qui rappelle celui de la Minerva Belisama mentionné par des inscriptions gauloises (/;) ; il faut sans doute y voir, avec M. Loth, un superlatif gaulois d'uxama, signifiant « la plus haute ou la plus proche du nord »(c), désignation qui conviendrait bien à l'iled'Ouessaut.

(a). Strabon, I, iv, 5.

(6). Corp. inscr. lat.,t XII, p. 162; Orelli, n<" 1431, 1969. On a aussi émis l'hypothèse que Belbiama serait le phénicien liaalat Samaim, « la reine des cicux » ; voir Ph, Berger, Jtevuc celtique, t. IV, p. 2X6.

(c). Loth, Jlevue celtique, t. X, p. 352.

Si, comme l'a d'abord supposé M. Mûllenhoff, les chapitres lxxxiv-xcviii du traité De mirabilibus auscultationibus dérivent de Timée, on doit admettre que ce dernier historien a connu, vers 264, l'établissement des Gaulois sur les côtes aujourd'hui françaises de la Méditerranée, occupées, jusque vers la fin du ive siècle, par les Grecs, les Ibères et les Ligures '.

A partir de la fin du iv6 siècle, époque où commencent à dominer les conceptions géographiques d'Éphore, il faut tenir grand compte de Terreur qu'il a popularisée en étendant à l'excès le domaine des Celtes. Cette erreur a été signalée, dans l'antiquité même, par Diodore aussi bien que par Strabon*.

« Il est bon de définir ici un point ignoré de beaucoup de personnes. On appelle Celtes les peuples qui habitent au-dessus de Marseille, dans l'intérieur du pays, près des Alpes et en deçà des monts Pyrénées. Ceux qui sont établis au-dessus de la Celtique et qui habitent, le long de l'Océan et la forêt Hercynienne, toutes les contrées qui s'étendent de là jusqu'à la Scythie, sont appelés Galates3. Cependant les Romains, comprenant tous ces peuples sous une dénomination commune, les appellen Galates indistinctement. »

On peut rapprocher ce passage des lignes suivantes de Strabon (IV, i, 14) :

« Voilà ce que j'avais à dire sur les habitants de la Narbonnaise. On les nommait autrefois Celtes et je présume même que les Grecs n'ont été portés à donner à tous les Galates le nom de Celtes qu'en raison de la célébrité de ces anciennes tribus. Le voisinage de Marseille peut y avoir aussi contribué. »

C'est là un excellent commentaire de la phrase d'Hécatée, écrivant cinq cents ans auparavant :

« Marseille, ville de la Ligystique, proche de la Celtique. » Amédée Thierry, de nos jours, dans son Histoire des Gaulois,^ très exactement résumé la doctrine de Strabon* :

« Strabon a grand soin de nous signaler comme un écueil dangereux

Page 1