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3° Sur la rive gauche du Rhône, du lac de Genève aux sources du Danube (Hérodote et Apollonius).
Sur une carte de l'Europe au commencement du nre siècle, construite suivant ces principes, nous devrions étendre la teinte celtique sur l'Allobrogie, conquise alors sur les Ligures, ainsi que le long des côtes de la Méditerranée, où les géographes nous signalent alors des Celto-Ligyens et des Celtibères\ mais nous ne possédons, pour la même époque, aucune information sur le pays situé au nord des Cévennes.
Nous n'avons pas besoin de faire remarquer combien ce qui précède est en contradiction avec une opinion trop facilement acceptée, qui place dans le centre même de la Gaule, et non sur le Danube, ce qu'on pourrait appeler le « centre de rayonnement » des Celtes. Cette opinion se fonde sur un chapitre célèbre de Tite-Live, le xxxive du cinquième livre *. Pour donner à la discussion dont il doit être l'objet une base solide, nous en transcrirons ici la traduction2:
« Au sujet du passage des Gaulois en Italie, voici ce que l'on raconte. , Sous le règne deïarquin l'Ancien à Rome [614-576], la Celtique, une des trois parties de la Gaule, obéissait aux Bituriges, qui lui donnaient un roi. Ce roi était alors Ambigat, tout-puissant par son mérite, sa fortune et la fortune de sa province. Sous son règne, en effet, la Gaule avait pris un tel développement par la fertilité du sol et le nombre des habitants, que sa population trop nombreuse devenait difficile à maintenir. Le roi, déjà âgé, voulant décharger son royaume de cette multitude qui l'écrasait, témoigna le désir d'envoyer ses neveux Bellovèse et Sigovèse, hardis jeunes gens, chercher de nouvelles demeures dans les contrées que les dieux leur indiqueraient à l'aide des augures. Ils emmèneraient ce qu'ils voudraient de soldats, afin qu'aucune nation ne put les repousser. Le sort assigna à Sigovèse les forêts Hercyniennes; les dieux, bien plus favorables à Bellovèse, lui montraient la roule de l'Italie. Il emmène avec lui le trop-plein de ces provinces, des Bituriges, des Arvernes, des Sénnin, des Éduens, des Ambarres, des Carnutes, des Aulerques. Parti avec une infanterie et une cavalerie nombreuses, il arrive chez les Tricastins. Là se dressaient les Alpes, qui lui semblèrent une barrière infranchissable... La hauteur de ces montagnes arrêtait les Gaulois comme un rempart; ils
1. Voir A. Bertrand, Archéologie celtique et gauloise, 2* éd., p. 406 et suiv.