‹ Les Celtes dans les vallées du Pô et du DanubeChapitre 31 sur 144 · Denys, Antiq. Rom., I · texte numérisé non relu

Denys, Antiq. Rom., I

tend donc des rives du Pô aux sources du Danube à travers les Alpes, conformément au témoignage des géographes antérieurs. Toutefois l'on trouve déjà dans Polybe la trace de l'occupation définitive de la Gaule méridionale par les Celtes; c'est la première constatation historique de la domination des Celtes sur cette partie de la Gaule césarienne. Polybe, III, chapitre xxxvu :

« On ne rencontre plus que des Celtes à partir des Pyrénées et du Narbon. »

Polybe, qui avoue lui-même son ignorance du centre et du nord de la Gaule, indique seulement, dans ce passage, qu'il y avait des Celtes entre les Cévennes et les Pyrénées. Il faut remarquer qu'il ne ditplusrien desibères et des Ligures ; dès cette époque, ils avaient été éclipsés par les Celtes ou celtisés. Ce sont des Celtes que, suivant Polybe, Annibal rencontrait déjà dans les vallées des Pyrénées :

« xl. Annibal s'occupait de franchir les Pyrénées, malgré les craintes que les Celtes, retranchés dans leurs montagnes, lui inspiraient, quand les Romains, déjà instruits par leurs ambassadeurs, résolurent, d'envoyer avec des légions P. Cornélius en Espagne... xu. Publius longea la Ligurie et en cinq jours se rendit de Pise à Marseille. Il mouilla près de la première embouchure du Rhône et débarqua ses troupes. Rien qu'il eût entendu dire qu'Annibal avait déjà franchi les Pyrénées, il s'imagina que l'ennemi était encore loin à cause des difficultés des chemins et du grand nombre de tribus celtiques qu'il leur fallait traverser. Mais Annibal avait gagné les uns, forcé les autres, et il arriva tout à coup sur les bords du Rhône.. .xlii . Dès son arrivée sur les rives du fleuve, Annibal se mit en devoir de le franchir à la hauteur où il n'a encore qu'un seul lit... xlhi. Le fleuve traversé, il livra batailles aux Celtes qui, troublés par celte attaque imprévue, furent bientôt réduits à fuir. »

Telle est la première attestation historique de la substitution des Celtes aux Ibères et aux Ligures comme race dominante sur nos frontières méridionales.

En résumé, aucune mention des Celtes ni de la Celtique antérieurement au vie siècle. A la fin du vr" siècle, mention par Hécatée d'une Celtique avoisinant Marseille, sur les frontières de la Ligurie. Au milieu du ve siècle, Hérodote nous montre

les Celtes dans la vallée du haut-Danube, dont les sources sont en pays celtique. Auive siècle, les Celtes paraisssent, en outre, sur les bords du golfe Ionique et dans une partie de la vallée du Pô. Ils sont voisins des Illyriens d'un, côté, des Etrusques de l'autre, et se trouvent souvent en guerre avec ces peuples. Au iue siècle, à l'époque des guerres puniques, nous les voyons maîtres des vallées des Alpes comme de celles des Pyrénées, dominant sur tout le pays qui, au sud des Cévennes, sépare les Pyrénées du Rhône. Sur nos côtes, de Marseille à Monaco, se rencontrent, sous le nom de Celto-ligyens, des Ligures soumis aux Celtes et réduits à une condition misérable ', tandis que les populations entre le Rhône et les Pyrénées sont encores désignées sous le nom de Celtibères ou k Ibères mêlés aux Celtes. »

Les Celtes mentionnés à cette époque dans d'autres contrées y paraissent seulement à titre de mercenaires.

Un texte de Polybe, déjà cité plus haut, indique clairement que la Gaule occidentale n'était pas, à sa connaissance du moins, peuplée parles Celtes2 :

« Le reste de l'Europe, depuis les Pyrénées jusqu'au couchant et aux colonnes d'Hercule, est entouré par la Méditerranée et par l'Océan. Le pays que baigne la mer intérieure jusqu'au détroit Yappelle Ibérie, mais ceux qui sont situés sur le grand Océan n'ont pas de dénomination commune, parce que la découverte en est toute récente. Ils sont habités par des peuplades nombreuses et barbares (xaToiysïTa-. 3k 7iiv -Imà fîapêâptov èôvwv xaj

noVjavôpwTiwv) . »

De ce que Polybe ne connaissait pas l'existence des Celtes dans la Gaule occidentale, on ne doit pas, il est vrai, conclure qu'il n'y en avait point, ou qu'ilsn'y étaient pas encore parvenus, dans leur migration — d'ailleurs tout hypothétique — d'Orient en Occident. Il ne faut pas perdre de vue que nos informateurs,

1. Diodore, V, 39 : « Les Ligures passent la nuit au milieu des champs, rarement sous de chétives cabanes, le plus souvent dans le creux des rochers ou dans des cavernes naturelles capables de les abriter. Ils conserveut en cela, comme en beaucoup d'autres choses, l'ancienne rudesse de leurs mœurs (tôv àp-/aîov tuil àxxTdcffXE'JOv pcov). >>

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