INFLUENCES EXTÉRIEURES SUR LA GAULE
en ces lieux n a cependant rien que de vraisemblable : les Rhodiens figurent au premier rang des navigateurs grecs ; ils furent les fondateurs du droit maritime.
Ce qui n'est pas contesté, c'est un établissement phocéen auquel nous devons Marseille, appelée primitivement MassilieK En même temps que la colonie phocéenne s'enrichissait par le commerce et l'économie , la civilisation gi-ecque s'y épanouit*; Marseille devint même un foyer de science et d'études *. On voudrait connaître à fond ses lois qui furent gravées sur le marbre, exposées sur la place publique : mais aucun débris ne s'en est conservé; un livre qu'Aristote avait écrit sur sa constitution s'est perdu ; nous sommes réduits à ce que Strabbn nous apprend, et à quelques traits épars dans divers ouvrages anciens. En les rassemblant, on entrevoit que le pouvoir, concentré d'abord dans quelques familles, passa ensuite à la classe riche : l'oligarchie des premiers temps fit place à une timocratie; le peuple était tenu à l'écart des affaires, mais gouverné avec justice*.
* V, Justin, XLIII, 3. — Diod., IV. — Aristot. Ep. Athenœum, XIJI, 5.
2 Locumgrœcacomitate et provinciali parcimonia mixtum acbene compositum. (Tacit. Agric, 4.)
3 Magistram studiorum Massiliam. (Tacit, loc. cit.)
* Massilienses... per selectos et principes cives summa justitia reguntur; inest tamen in ea conditione populi simiiitudoquîedam sèrvitutis. (Gic. DeRep, I, 27).
58 INFLUENCES EXTÉRIEURES SUR Ui GAULE
Un grand conseil de six cents membres élus h vie statuait sur les plus graves questions; une commission de quinze membres tirés d^ son sein expédiait les affaires courantes ; le pouvoir exécutif était remis ^ un triumvirat.
Massilie sema autour d'elle des.comptoirs, des colo^ nies auxquelles sans doute elle donna une image de sa constitution i plusieurs de no's villes du Midi ont cette origine. La civilisation grecque de Mq-rseille rayonna dans toute la Gaule méridionale : c'est de 14 que paraissent être venus certains usages du Midi qui se sont longtemps conservés. Des éléments grecs se re^ trouvent après tant de siècles dans la langue provençale, et aussi dans la langue française ^ . Marseille en effet sut étendre ses relations commerciales dans la Gaule entière ; la civilisation y pénétra ainsi de proche en proche à différents degrés. La Gaule, dénuée aupa^ ravant d'un système d'écriture, s'en donna un en adoptant l'usage des caractères grecs ^.11 en fut de même pour la monnaie : la numismatique gauloise montre d'abord l'imitation des types grecs, puis des types nationaux qui se perfectionnent progressivement '.
Mais il ne faudrait point prendre à la lettre ce que
* V. Ampère, loc, cit. — Fauriel, Eist. de la Gaule méridiO"
naky I.
^ In rébus publicis, privatisque rationibus grsBcis litteris
utuntur. (Ga38. VI, 14.) •^ V. Hucher, L Art gaulois.