‹ Les celtes, la Gaule celtiqueChapitre 34 sur 67 · ET LEURS VIEILLES LITTÉRATURES · texte numérisé non relu

ET LEURS VIEILLES LITTÉRATURES

Ce que nous savons par les anciens sur la Gaule est plus propre à exciter la curiosité qu'à la satisfaire. On s'est mis de nos jours en quête d'autres renseignements.

J'ai parlé, en commençant, des efforts que chaque science a faits dans ce but, et de ce que nous devons particulièrement à la linguistique. Elle nous a fait connaître la grande famille à lacpielle appartinrent les Celtes nos pères, et aussi les divers rameaux qui sortirent de la branche celtique*. Les peuples chez lesquels

' V. svp., p. 39. — On avait lieu do s'étonner que dans nos établissements publics, où tant de langues sont enseigoées, il n'eût point été fait une place aux langues celtiques. Cet enseignement a été enfin créé dans Técole des hautes études, et confié à un savant très-capable de le faire prospérer, M. Gaidoz. La Revue celtique, dont il est le fondateur et le directeur, a fait enfin pénétrer la critique dans un sujet que des chimères de toute sorte avaient discrédité.

la langue des Celtes s'est conservée sous la forme de dialectes divers, ont de vieilles littératures; on a cru y trouver des lumières inattendues sur les origines de la Gaule, sur son druidisme. Ils ont aussi des monuments de leur vieux droit : ou en a fait un miroir du droit de la Gaule.

Je me propose de soumettre ces vues nouvelles à une étude critique.

Quelle méthode convient-il de suivre ?

Me jetterai-je tout d'un coup in médias res^ pour discuter le mérite de ces conjectures? Mais comment apprécier les inductions tirées de certains documents, si l'on ne coooait d'abord la valeur de ces documents, le caractère des littérature au!Cquelles ils appartiennent? Cominant apprécier Timportance à donner aux monuments du droit d'un peuple, si l'on ne connaît l'histoire de ce peuple, les vicissitudes par lesquelles il a passé, les influences qu'il a pu subir, quand et comment ont été composées les œuvres qui constatent ses coutumes?

Il est nécessaire que j'esquisse d'abord à grands traits l'histoire des peuples de langue celtique, que

je donne une idée de leurs vieilles littératures, que je mette en lumière et sous leur vrai jour les monuments de leur ancien droit. C'est m'engager dans un chemin bien long ; mais je n*en ai point trouvé de plus court qui puisse conduire à des conclusions raisonnées.

L'ordre à suivre est tracé d'avance par le classement des langues : je visiterai d'abord les pays d'idiome kymrique, puis les pays d'idiome gaélique plus éloignés de nous par la situation çt qui nous sont unis par une parenté moins prochaine.

C'est donc du pays de Galles que j'aurais, ce semble, à m'occuper tout d'abord ; mais son histoire se ^effe sur celle àa l'ile de Bretagne, qui veul être préalablement écl^ircie.

Page 1