J88 LE CARACTÈRE GAULOIS
de les traiter de peuple vain, léger et mobile ' . Leur vive imagination les entraînait à des résolutions soudaines, irréfléchies, qu'ils avaient lieu ensuite de regretter amèrement *.
D'autres faiblesses étaient leur goût pour le bruit, l'agitation ' et les emportements fougueux d'une nature passionnée qui ne savait pas se contenir *.
Voilà ce que César appelle les infirmités de la Gaule *.
La plus grande, la plus funeste fut l'esprit de faction que j'ai déjà signalé. Tout était sacrifié à l'intérêt du parti, fallût-il même s'allier avec l'étranger, avec l'ennemi : comme les Séquanais appelant chez eux les Germains d'Arioviste, dans l'espoir de devenir avec cette aide les premiers de la Gaule; comme tant d'autres qui se firent les auxiliaires de César, parce qu'ils se promettaient de dominer avec son appui. Tout semblait préférable au triomphe du parti rival. Un sentiment de large patriotisme, capable de prévaloir dans les cœurs sur toute jalousie étroite et de les
^ In consiliis capiendis mobiles (Gaes., IV, 5) — mobilitate et levitate animi (H, 1).
^ Humoribus atque auditionibus permoti de summîs re-^ bus consilia ineunt quorum eos a vestigio pœnitere necesse est. (Cœs., IV, 5.) — Temeritas quœ maxime illi homînum generi est innata, ut levem auditionem habeant pro re comperta. (Gœs., VII, 42.)
3 Nata in vanos tumultus gens. (Liv. V, 37.)
* Flagrantes ira cujus impotens est gens. (Liv. V, 37.)
* Infirmitatem Gallorum. (Caes., IV, 5.)