XVI INTRODUCTION
lacunes, l'une de deux feuillets après le fol. 1 27, qui fait disparaître une partie de la ballade xcvi et les ballades xcvii, xcviii etxcix; l'autre, à la fin, qui supprime presque entièrement la réponse x et toute la suite. Il n'y a pas de miniatures.
Ms. F. — Bibl. royale de Belgique ', n«»» 1 1218- II 2 19, parchemin, écriture du commencement du XV® siècle très semblable à celle du ms. C, 65 feuillets, 226"°* sur 147. Ce manuscrit enlevé de la Bibliothèque de Bourgogne en 1794 par les agents du gouvernement français et rendu en 181 5, a porté à Paris durant cette période le n** 284 du fond des manuscrits belges écrits en français ^. On lit en tête ces mots écrits d'une main moderne : Livre d'Amours. C'est sous ce titre qu'Ant, Sanders l'a mentionné dans l'énumération des manuscrits des ducs de Bourgogne existant en 1641 au palais de Bruxelles ^. Il figurait déjà dans cette bibliothèque en 1487, et est décrit ainsi dansTin-
1. Ce manuscrit porte deux numéros dans le fonds de la Bibliothèque royale de Belgique, parce qu'on a considéré que la Res^ ponce des balades formait un second manuscrit {Catalogue des mss, de la Bibl, royale des ducs de Bourgogne, t. I, 1842, p. 325). Nous avons de ce manuscrit que nous avons examiné à Bnixelles. une copie que nous a procurée M. O. Grojean, et qu*il a bien voulu coUationner lui-même; nous Ten remercions bien sincèrement.
2. Voy. le catalogue sommaire de ces manuscrits rédigé par Dom Poirier lors de leur transfert du Dépôt national littéraire (anc. couvent des Cordeliers) à la Bibliothèque nationale, le 2 floréal an IV (Bibl. nat., nouv. acq. fr. 5420, fol. 43, n* 234). Ce catalogue rappelle qu'une « note à la fin dit que le Bastard d'Âussy « a fait la plus grande partie des ballades. »
3. Bibliotheca belgica manuscripta, t. II (Lille, 1644), p. 10, n» 454.
INTRODUCtiON XVII
ventaire qu'en a publié Barrois ' : « 2o85. Ung « autre sembl[abl]e livret couvert de cuir rouge, a « deux cloans et cincq boutons de leton sur chascun « costé, hystorié et intitulé : Les Cent Ballades^ « quemenchant ou second feuillet : C'on puist au « monde choisir^ et finissant ou derrenîer : En ciel « ung Dieu^ en terre une déesse. » L'identification de notre ms. F avec celui de Barrois est prouvée non seulement par sa présence actuelle dans la Bibliothèque royale de Belgique, mais encore par la concordance de Vincipit du second feuillet et le desinit terminant la réponse xi. Un fragment de rancienne reliure en maroquin rouge, remplacé aujourd'hui par du veau racine, est du reste conservé avant le premier feuillet du manuscrit. Une belle miniature de tête présente le même sujet que les mss. A et C (voy. plus haut, p. xrv) : la rencontre des deux chevaliers suivis de leurs écuyers, au sortir d'un château. Les habillements ici n'ont rien de caractéristique, mais les bannières et les pennons qui flottent sur le château sont d'or à la fleur de lys de sable. Ces armoiries appartiennent aux Du Prenais ^; nous en conclurons que le manuscrit a dû être la propriété d'un des membres de cette famille, Gervaise du Fresnay ^ peut-être,