XXXII INTRODUCTION
valeur, ardeur^ rimant avec cuer ix» 9 ; lxxvl, 2 ; empreneurj douceur ^ rimant avecfuer ix, 29; lxxix, 4; heure, rimant avec demeure lxxxi, i.
Mais le plus souvent, gardant l'ancienne prononciation ou (lxxxiii), ces mots riment avec des mots en o fermé entravé :
ardour, doulour, etc., riment avec atour,jour, etc. , et avec le mot amour, qui par analogie avec amoureux où Vo est atone, n'a jamais connu la forme en eur (xxxvui, xlvi, Lxni, Lxxiv) ;
labours, valours, etc., riment ayec jours, secours et amours (xviii, xxi).
Le même phénomène se remarque dans les mots du groupe os latin, qui prenant eus en français, riment avec des mots ayant un o ouvert libre^
oiseux et duel^ xcv, ig,
mais généralement gardent la forme ous et riment avec des mots qui ont un o fermé entravé ou sont traités comme tels :
amouroux, dolerous, etc., — à côté de vous, tous, courroux, jaloux, etc., (lix).
4** La finale latine alis devient indifféremment eaus, iaus^
mortaulx, loiauls, roiaulsy etc. (lxxi),
et ieuSj
lesquieuSy mortieulx (xciii), tieux (rép. m), ytieux (rép. ix) .
De même, à côté de la forme consaulx, pluriel de conseil, rimant en aus-eaus (lxxi, 5), se trouve la forme plus fré-
INTRODUCTION XXXUl
quente conseulx, rimant en eus (lxxxiv, i5; lxxxviii, io; c, 4; rép, III, 9).
S'* L'i adventice des verbes en ter tend à disparaître (plutôt dans les réponses que dans le corps du poème). Nous voyons ainsi, rimant en er :
eslongnier lxxxi, 16; jugier rép. viii, 82; x, 5 ;
chargier rép. viii, 12; prisier rép. viii, 16.
— rimant en ^ :
conseillé rép. vu, 21 ; courroucié rép. vu, 23.
— rimant en ée :
alegiée xxx, 12.
6° Dans les mots aprins^ pourprins (lui, 5, i5), où Tanalogie a fait rétablir Vn tombée du latin prensuSf nous constatons la prononciation ins (au lieu de is) justifiée ici par la rime, prononciation qui a été hésitante Jusqu'au xvi* siècle '.
A la date où furent composées les Cent Ballades^ la déclinaison depuis longtemps déjà n'existait plus dans la langue, qui ne connaissait pour les substantifs d'autre distinction que celle du singulier et du pluriel. Dans un assez grand nombre de cas cependant, pour les besoins de la rime, ou plus rarement pour la mesure du vers, le nominatif en s de l'ancien français prend la place du cas régime. Ce sont là de vraies licences poétiques
ï. Ch. Thurot, De la prononciation frxmçaise^ t. Il (i883), p. 497-