XXXVI INTRODUCTION
honore toutes. D'autre part, cet amour est inséparable des exploits guerriers et des emprises chevaleresques; c'est par là que l'amant montre aux yeux de tous ce qu'il vautj sa vraie valeur ^ et réjouît le cœur de celle qu'il aime. Aussi le vieil Hutin ne ménage-t-il pas au jeune chevalier ses conseils expérimentés qui lui assureront en même temps que l'amour de sa dame, honneur et bonne renommée. Il n'oublie rien du métier des armes et en passe en revue tous les incidents : les tournois, la guerre aux champs^ la guerre à la frontière, les combats d'avant-garde, les chevauchées, les retours défensifs, les sièges à entreprendre et à soutenir, les escarmouches, puis quand la paix est faite, les voyages lointains, les pèlerinages au Saint-Sépulcre et à la tombe de sainte Catherine, les croisades en Turquie.
Mieux que personne, Hutin de Vermeilles ', car c'est de lui qu'il est question, était en état de donner pareil enseignement. Nous savons qu'il avait grande réputation de loyauté en amour et de respect pour les dames. Christine de Pisan le cite, avec Othon de Granson, au nombre de ceux que
le fais
D'armes porter Pour bien amer a fait 6n pris monter ' ;
I. M. Hellot {loc, cit,^ p. 35) identifie le chevalier Hutin .avec Pierre d'Âumont, dit Hutin (voy. sur ce personnage la notice de M. H. Moranvillé, dans les Mémoires de la Société de Vhistoire de Paris, t. XVII, 1890, p. 3o8-3o9). Les deux passages de Christine de Pisan cités plus loin sont probants en faveur de Hutin de Vermeilles.
3. Œuvres poétiques de Christine de Pisan, éd. M. Roy, t. II (1891), p. 97.