LES PROVINCES 1)1 MIDI (JIIN
des Espagnols, pouvaient soulever en quelques marches toute la Provence et le Languedoc jusqu'à la Loire.
Cette attitude du parti royaliste dans les provinces du Midi, cette organisation secrète de toutes ses forces avaient un triste effet sur la marche du gouvernement impérial; elles le paralysaient en exigeant l'emploi de grandes répressions militaires. On ne pouvait rien obtenir de ces départements ; les conscrits ne venaient pas à Tappel de l'Empereur ; les impôts, on les payait mal; pour faire marcher un homme, il fallait en employer dix ; on était obligé d envoyer des compagnies de gendarmerie dans les villages. Ici, le drapeau blanc était arboré; là, on couvrait d'outrages les symboles de la Révolution ; et ces petites taquineries aimonçaient une plus vaste organisation de révolte. La France, loin délre unanime pour Bonaparte, loin de seconder le mouvement qui le poussait à la frontière pour défendre le pays, était divisée en mille partis divers, en fractionnements infinis ; les royalistes, avec leurs grandes fortunes, disposant de leurs paysans, marchaient d'accord avec le clergé, qui partout restait dévoué aux Bourbons. Si la guerre civile matérielle n'existait plus nulle part après la Vendée, il y avait une opposition morale plus puissante et plus énergique, parce que la guerre civile, on peut la vaincre dans une bataille, tandis que l'opposition morale s'infiltre partout , fait naître des dangers à chaque pas, réduit l'autorité à l'impuissance et fait que toutes les forces de la société , loin d'être employées à un but commun, luttent entre elles et préparent la ruine et la décadence d'un gouvernement, et souvent, hélas ! la perte d'un pays.