LA CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS (5 JUIN
Dès les premières réunions des représentants on dut l'acileinent apercevoir que les opinions les plus hostiles allaient se prononcer contre Bonaparte. La majorité des députés arrivait avec les préjuj]és les plus arrêtés sur TEnipire et son chef; le Champ-de-Mai leur avait paru une grande déception; Fouché, maître de Tespritde la majorité, la faisait mouvoir et agir dans le sens d'une opposition sourde contre la couronne de Bonaparte. La (Chambre se divisait en différentes nuances toutes fortement marquées ; le parti impérialiste proprement dit ne comptait pas plus de soixante voix; au contraire, sur tous les bancs on voyait se presser les mécontents du régime impérial ; les uns, idéalistes béats de la Charte, entouraient M. Lanjuinais, le janséniste du droit constitutionnel. Les parleurs des droits du peuple, débris de 4 791, donnaient leurs suffrages à M. deLafayelte, toujours lié à la démocratie molle et bourgeoise ; pour lui, la République n'était pas une vierge au bras puissant, elle lui paraissait sous le costume d'un bon bourgeois. Les plus influents des députés étaient MM. Merlin, de la loi des suspects ; Dupont (de l'Eure), Dupin, Manuel, Be