‹ Les cent meilleurs poemes (lyriques) de la langue françaiseChapitre 16 sur 49 · JEAN DE LA FONTAINE · texte numérisé non relu

JEAN DE LA FONTAINE

Pour quoi sont faiti les dons de Flore,

Le Soleil couchant et l'Aurore,

Pomone et ses mets délicats,

Bacchus, l'âme des bons repas.

Les forêts, les eaux, les prairies,

Mères des douces rêreries ?

Pour quoi tant de beaux arts, qui tous sont tes enfants ? Mais pour quoi les Chloris aux appas triomphants.

Que pour maintenir ton commerce ?

J entends innocemment : sur son propre désir

Quelque rigueur que l'on exerce,

Encor y prend-on du plaisir.

Volupté, Volupté, qui fus jadis maîtresse

Du plus bel esprit de la Grèce, Ne me dédaigne pas, yiens-t'cn loger chez moi ;

Tu n'y seras pas sans emploi :

J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique, La yille et la campagne, enfin tout ; il n'est rien

Qui ne me soit souverain bien.

Jusqu'au sombre plaisir d'un cœur mélancolique. Viens donc ; et de ce bien, ô douce Volupté, Veux-tu savoir au vrai la mesure certaine ? Il m'en faut tout au moins un siècle bien compté ;

Car trente ans, ce n'est pas la peine.

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