‹ Les cent meilleurs poemes (lyriques) de la langue françaiseChapitre 34 sur 49 · La Voulzie · texte numérisé non relu

La Voulzie

S'IL est un nom bien doux fait pour la poésie, Oh ! dites, n'est-ce pas le nom de la Voulzie ? La Voulzie, est-ce un fleuve aux grandes îles ? Non; Mais, avec un murmure aussi doux que son nom, Un tout petit ruisseau coulant visible à peine ; Un géant altéré le boirait d'une haleine ; Le nain vert Obéron, jouant au bord des flots. Sauterait par-dessus sans mouiller ses grelots. Mais j'aime la Voulzie et ses bois noirs de mûres. Et dans son lit de fleurs ses bonds et ses murmures : Enfant, j'ai bien souvent, à l'ombre des buissons Dans le langage humain traduit ses vagues sons ; Pauvre écolier rêvevu", et qu'on disait sauvage. Quand j'émiettais mon pain à l'oiseau du rivage. L'onde semblait me dire : " Espère ! aux mauvais

jours Dieu te rendra ton pain." — Dieu me le doit toujours ! C'était mon Egérie, et l'oracle prospère A toutes mes douleurs jetait ce mot : " Espère ! Espère et chante, enfant dont le berceau trembla. Plus de frayeur : Camille et ta mère sont là. Moi, j'aurai pour tes chants de longs échos..." —

Chimère,

Page 1