‹ Les cent meilleurs poemes (lyriques) de la langue françaiseChapitre 39 sur 49 · JOSÉPHIN SOULARY · texte numérisé non relu

JOSÉPHIN SOULARY

80, Les deux Cortèges,

DEUX cortèges se sont rencontrés à l'église. L'un est morne : — il conduit le cercueil d'un enfant ; Une femme le suit, presque folle, étouffant Dans sa poitrine en feu le sanglot qui la brise.

L'autre, c'est un baptême : — au bras qui le défend Un nourrisson gazouille une note indécise ; Sa mère, lui tendant le doux sein qu'il épuise, L'embrasse tout entier d'un regard triomphant !

On baptise, on absout, et le temple se yide. Les deux femmes, alors, se croisant sous l'abside, Echangent un coup d'oeil aussitôt détourné ;

Et — merTeilleui retour qu'inspire la prière — La jeune mère pleure en regardant la bière, La femme qui pleurait sourit au nouyeau-né !

LECONTE DE LISLE

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