‹ Les cent meilleurs poemes (lyriques) de la langue françaiseChapitre 48 sur 49 · PAUL VERLAINE · texte numérisé non relu

PAUL VERLAINE

—Ah ! les beaux jours de bonheur indicible Où nous joignions nos bouches ! — C'est possible.

— Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir ! — L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles, Et la nuit seule entendit leurs paroles.

çç. Green.

VOICI des fruits, des fleurs, des feuilles et des

branches Et puis voici mon cœur, qui ne bat que pour vous. Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée Que le vent du matin vient glacer à mon front. Souffrez que ma fatigue, à vos pieds reposée, Rêve des chers instants qui la délasseront. '

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête Toute sonore encor de vos derniers baisers ; Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête, Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

GABRIEL VICAIRE

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