‹ Les cent nouvelles nouvelles publiéesChapitre 13 sur 156 · Jean Masselin, Journal des États généraux, p · texte numérisé non relu

Jean Masselin, Journal des États généraux, p

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du roi, conseiller toujours écouté, le vrai maître de la ville, I1 meurt, célibataire, à l’âge de 66 ans, le 16 septembre 1494. Philippe Pot a fait dresser son effigie en chevalier, sur la dalle que portent ses pairs, au sanctuaire bourguignon de Cîteaux *?.

La nouvelle 3 que conte Philippe Pot est la grasse histoire du chevalier et du meunier, qui n’a qu'un rapport lointain avec les Facetiae de Poggio (taho) %. Un chevalier a abusé de la simplicité de la meunière en lui persuadant qu’elle allait « perdre son devant ». Le meunier se venge sur la femme du chevalier qui a perdu son diamant en prenant un bain ; il saït le retrouver dans son corps. La scène est située en la « duché de Bourgoigne », et le conte nomme Beaune et Dijon. — La nouvelle 8, que l’on pourrait intituler « garce pour garce », est également tirée de Poggio : Repensa merces %. Mais Philippe Pot la situe « en la ville de Bruxelles, ou maintes adventures sont en nostre temps advenues », et le héros en est un compagnon picard. — La nouvelle ro présente une situation analogue au Décameron (VII, 6). C’est le conte des pâtés d’anguilles qui tend à prouver qu'il y a satiété dans ce que nous aimons le mieux. Philippe Pot le situe « au royaume d’Angleterre ». — La nouvelle r2 est encore imitée des Facetiae de Poggio (Asinus perditus) °. Philippe Pot, qui se dit le « secretaire de cette histoire », semble bien intervenir dans la réflexion finale sur « la barbe du devant » des Hollandaises. C’est le joyeux conte du veau perdu qu’il situe « es metes de Hollande ». — La nouvelle 15 se passe « au gentil pays de Brabant, lez ung monastere de blancs moynes f, » près duquel était situé un autre monastère de dévotes et charitables nonnains. Philippe Pot ne le désigne pas davantage, on le comprendra. Ce conte n’a pas de source connue, et il s’agit sans doute d’une histoire grasse sur une nonne savante, recueillie sur place. — Le thème de la nouvelle 18 se rencontre dans un vieux fabliau de la Dame et du Curé, retrouvé dans la bibliothèque de Bourgogne, dans Boccace (VIII, 2) ou dans les facéties de Poggio (anser venais) 7. Mais le héros est ici un gentilhomme de Bourgogne qui s'était rendu à Paris pour ses affaires. — La nouvelle 34 est analogue à un fabliau : le Clerc qui se cacha derrière un coffre $. Il s’agit d’une femme mariée qui fixe rendez-vous à deux compagnons. Le mari survient, et l’on s’explique plaisamment. Philippe Pot donne l’aventure comme étant arrivée à une « notable et vaillante femme » qu’il aurait connue. — La nouvelle 36 paraît être originale. Il s’agit d’un écuyer qui vit sa maîtresse, dont il était très épris, entre deux autres gentilshommes, sans prendre garde qu’elle tenait chacun d’eux en ses lacs. — La nouvelle 37 est encore relative aux tours que jouent les femmes. Et Philippe Pot allègue les autorités en cette matière, comme Matheolus, le clerc bigame, Juvénal et les Quinze Joyes de Mariage (témoignage intéressant, qui prouve que les Quinze Joyes * sont antérieures aux Cent Nouvelles nouvelles). Il s’agit d’un jaloux déçu. — La nouvelle 41 semble également originale.

1. Voir archives de la ville de Dijon, B. 166 (la ville protesta contre l’apposition des scellés sur

sa maison).

2. C'est l’admirable tombeau qui est aujourd’hui au Louvre. 3. W. Küchler, p. 160. Vengeance du cordonnier de Florence contre le médecin qui l’a trompé.

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