‹ Les cent nouvelles nouvelles publiéesChapitre 14 sur 156 · ANT · texte numérisé non relu

ANT

Le héros en est un gentil chevalier du Hainaut qui faisait revêtir une cotte d'armes à sa femme, quand il l’aimait. Un clerc survient, qui lui enseigne une autre coutume. — La nouvelle 44 se passe dans un bon village de Picardie, et rapporte l’histoire, qui est peut-être traditionnelle, d’un curé qui trouva façon de marier une fille dont il était amoureux. — La nouvelle 45 a un prologue intéressant qui fait allusion aux nouvelles précédentes, arrivées en France, en Allemagne, en Angleterre, en Flandre et en Brabant, et qui prouve que les Cent Nouvelles sont bien l’œuvre d’un seul rédacteur. L'histoire se passe à Rome et rapporte les aventures d’un jeune Écossais qui s’habillait en femme pour coucher avec les filles et les femmes mariées. L'expression galioffe montre qu’il s’agit d’une traduction de l'italien !. — La nouvelle 47 rappotte l’aventure arrivée naguère en Provence à un Président de haute renommée, vaillant en armes et discret en conseil. Pour se venger de sa femme qui le trompait, il la fait monter sur une mule qui n’avait pas bu de huit jours ; et madame se noie dans le Rhône. Faut-il voir dans ce personnage le Président de Provence, Louvet? Une aventure analogue a été contée au sujet de Nicolas Prunier, président au Parlement de Grenoble ?. — La nouvelle 52 représente la tradition ancienne des enseignements d’un père à son fils, que l’on retrouve dans les contes tartares et la nouvelle 16 de Sacchetti 5.

On le voit, Philippe Pot est bien le bon vivant bourguignon, à la mémoire fleurie, que Chastellain, son ami, nous laisse entrevoir. Il nous apparaît comme un lecteur de Pogge, et

peut-être aussi de Boccace, et d’autres contes italiens, fait qui devait être assez rare en France *.

MONSEIGNEUR vient ensuite, avec quatorze nouvelles (1, 2, 4, 7, 9, 11, 16, 17, 29, 33; 58, 69, 70, 71).

Monseigneur, c’est Philippe le Bon, qui reçoit au surplus la dédicace du recueil. « À mon tres chier et tres redoubté seigneur, Monseigneur le duc de Bourgoigne, de Brabant, etc. Comme ainsi soit qu'entre les bons et prouffitables passe temps, le tres gracieux exercice de lecture et d’estude soit de grande et somptueuse recommendacion, duquel, sans flatterie, mon tres redoubté seigneur, vous estes tres haultement doé, je, vostre tres obeissant serviteur, desirant, comme je dois, complaire a toutes voz tres haultes et tres nobles intencions en façon a moy possible, ose et presume ce present petit œuvre a vostre requeste et advertissement, miz en terme et sur piez, vous presenter et offrir... »

On sait que pendant longtemps, jusqu’à la publication du manuscrit de Glasgow, en 1858, par Thomas Wright, le titre de Monseigneur avait passé pour désigner Louis XI, dauphin. Cette attribution reposait sur le dernier alinéa de l’épître dédicatoire, telle qu’elle fut imprimée pour la première fois en 1486, par Antoine Vérard : « Et notez que par toutes les nouvelles ou il est dit par Monseigneur, il est entendu par Monseigneur le Dauphin, lequel depuis a

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