Voir aussi ce qui est dit plus loin à propos de l'acteur
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grâce aux travaux de MM. Joseph Néve1, L.-H. Labande ?, W. Sôderjhelm © et Fernand Desonay “. | | | Né en Provence d’un fameux capitaine de routiers, Bernard de la Sale, et de son amie
provençale, Perrinette Damendel, cet enfant de l’amour connut des aventures. Il naquit,
à ce qu’il dit, en 1388, passant sa « jeunesse florie » en Provence. Vers 1400, page de Louis Il d'Anjou, il dut suivre en 1405 son maître dans son expédition d'Italie. Antoine se trouvait à Messine en 1406. Là il connaît les gentilshommes français d’outre-mer, faisant avec eux l’ascension du volcan de l’île Lipari, qu’il a racontée plus tard. On le trouve en Flandre en 1408 où il prend part à des tournois. L’année suivante, il suit Louis II à Pise, à Rome en 1410. Antoine rentre en Provence en 1411, soutenant contre les habitants de Figeac le procès relatif à leur dette envers son père. En 1415, il est à l'expédition de Ceuta dans l’armée de l’infant don Pierre qui met les Maures en déroute. Entre 1415 et 1416, on retrouve Antoine dans les Flandres. Attaché, à titre d’écuyer d’écurie, à Louis IIT d’Anjou en 1417, il reçoit une maison sise à Arles, une pension annuelle de 150 florins pour les services rendus à la famille d'Anjou.
Il dut accompagner son maître en Italie, car, du 18 mai 1420 est datée son excursion au Monte
della Sibilla, au mont Apennin, non loin de Spolète, où il visita le Paradis de la reine Sibille. C’était son troisième séjour en Italie. Rentré en France à la fin de l’année 1427, Antoine de la Sale reçoit la charge de viguier d'Arles, préside les séances du conseil municipal jusqu’en 1430. En 1433, le roi René l’attache à la personne de son fils Jean comme précepteur. Ïl a la jouissance de Séderon. En 1438, il accompagne le roi René dans l'expédition de Naples et, avant de s’embarquer à Marseille, il fait son testament qui comporte des fondations pieuses. On
pense que c’est en Italie qu'Antoine de la Sale épousa Leone de la Brossa (Lyon de la Sellana
de Brusa). Il commande à Naples le Castel Capuano, abritant la famille royale. Antoine possède une maison à Naples et il fait vendre sa propriété de Séderon. Après la victoire aragonnaise, en 1440, à l’âge de cinquante ans passés, il quitte l'Italie et rentre en France, s’adonnant au préceptorat d’enfants nobles et aux travaux littéraires. |
Vers 1442 Antoine termine sa Salade, résumant son expérience de moraliste. Il accompagne le roi René5 aux fêtes de Nancy, en mars 1445, où il donne aux hérauts d’armes des renseignements sur les blasons. En 1448, il passe au service du comte de Saint-Pol, Louis de Luxembourg, pour faire l'éducation de ses fils. Il vit au Châtelet-sur-Oise, rédige l’ouvrage intitulé La Sale (daté du 20 octobre 1451), et le Petit ÿehan de Saintré (terminé le 6 mars 1456 au Châtelet-sur-Oise), son chef-d'œuvre, assez inattendu de la part de celui qui avait paru
jusqu’à ce jour préoccupé de questions didactiques ou morales, de blasons et d’armes f.
1 Anthoine de la Salle, sa vie et ses ouvrages d'après les documents inédits, Paris, 1903. 2 Antoine de la Salle, nouveaux documents sur sa vie et ses relations avec la maison d'Anjou (Bibl.
de l'École des Chartes, 1904) 3. Notes sur Antoine de la Sale et ses œuvres, Helsingfors, 1904 (Acta societatis scientiarum fennice, t. XXXII).
4. Le petit Jehan de Saintré (Revue du XVIC siècle, t. XIV, 1927). | s. En 1444, qualifié d’écuyer, et de conseiller du roi René, La Sale va d’Anjou en Lorraine, renseigne sôn maître sur le départ de Marguerite d'Anjou. (Bibl. Nat., ms. fr. 32511, fol. 70 v° et 89). Il est désigné pour gouverner le château de La Roche-au-Duc. 6. Bibl. Nat., n. acq. fr. 10057.— J'ai montré que ce manuscrit avait été relu et corrigé par l’auteur. (Le manuscrit d'auteur du Petit Jehan de Saintré avec les notes autographes d’ Antoine de la Sale, Paris, 1926, in-4° ; F. Desonay, Comment un écrivain se corrigeait au XV® siècle (Extrait de la Revue Belge
de philologie et d'histoire, t. VI, 1927) ; Le Petit Yehan de Sainiré, texte établi par MM. Pierre Champion et Fernand Desonay. Paris, 1927, aux éditions du Trianon.
Le Reconfort de Madame du Fresne est daté du 14 décembre 1458, de Vendeuil-sur-Oise,
près de Saint-Quentin, non loin du Châtelet !, En janvier 1459 (n. st.) fut écrit le Traité des Anciens Tournois, et peut-être aussi la Journée d’onneur et de prouesse. Une rédaction du Saintré est datée de Genäappe, le 25 septembre 1459 ?. Le 2 février 1459, Antoine de la Sale donne à la collégiale de Ligny-en-Barrois le tableau de Notre-Dame-des-Vertus. Le 1°? juin 1461, à Bruxelles, il offrait un exemplaire de La Sale à Philippe le Bon %. C’est la dernière mention que nous trouvons de lui. Antoine de la Sale pouvait avoir 7o ans environ.
La nouvelle 5o est l’histoire de l’enfant que voulut tuer son père parce qu’il avait essayé de
monter sur sa grand’mère ; il répond qu'il a voulu venger sa mère. La scène est située dans
le pays de Laonnois, et il s’agit du fils d’un laboureur ayant quitté son pays depuis l’âge de six ans. Il rentre chez lui à l’âge de vingt-six ans ; on lui fait fête, et comme il n’y a que deux lits, l’un est pour le père et la mère, l'autre pour la Ciens mère et le petit-fils, Le père retrouve le fils au jeu de paume de Laon.
La Sale a développé, dans un cadre qu’il connaît, la facétie de Pons (Juste excusatio).
II ne faut pas voir dans cette nouvelle une scène cynique ou répugnante. Elle n’a de sens que
par la plaisanterie de la fin.
MaioT D'AUQUESNES, nouvelle 54.
Il s’agit du fourrier dont le nom revient si souvent dans le compte des journées du duc
de Bourgogne. « Mahieu d’Auquasnes, varlet de chambre et fourrier de mondit seigneur », qui reçoit 200 francs en don à l’occasion de son mariage, par une lettre du 7 avril 1458 “.
Mahiot d’Auquesnes a conté l’histoire de la demoiselle de Maubeuge qui s’abandonna un jour à un charretier qui la conduisait à un pèlerinage, et se refusa à plusieurs gens de bien, entre autres à un gentil chevalier, jeune et beau, du pays de Hainaut. Le charretier était venu à son heure, — L’histoire est certainement la confidence d’un des chevaliers malheureux.
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MARTIN (Juan), conteur de Îa 78° nouvelle.
Jean Martin est le garde des joyaux, que Chastellain montre conversant avec Philippe
Pot, au sujet de la venue de Pierre de Brezé à Hesdin 5. C’était un familier de Philippe le Bon 6. Il avait en mains « toutes les menuctes qui appartenoient 2 son corps et a son plaisir faire, or, argent et joyaux, qui montoient a grand prix », trésor qu’il délivra loyalement à Charolais. Ayant perdu le père, le garde des joyaux ne désirait pas rester au service du fils. Jean