‹ Les cent nouvelles nouvelles publiéesChapitre 36 sur 156 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Martin demanda au duc la faveur d’aller habiter sa maison à Dijon et à Rouvres, où il était châtelain, gruier de Bourgogne ès baillages de Dijon, Auxois et la Montagne 1, gouverneur du château de Rouvres ?.

Les comptes de la maison de Bourgogne nous permettent de suivre sa faveur et les profits qu’ilen tira. Jean Martin, qualifié de valet de chambre de mondit seigneur, donne quittance de ses gages, le 24 juillet 1458 ©. Mais il est dit depuis longtemps dans la maison où il a rendu des ininterrompus «tant de jour comme de nuyt ». Il donne quittance de ses gages en 1459 “. Jean Martin est toujours valet de chambre et sommelier du corps en 1461 . Au mois de juillet 1467, qualifié de chevaucheur d’écurie, il quitte Avesnes pour porter des lettres closes de Mgr de Croy à M. le Maréchal de Bourgogne lui mandant de se rendre au sacre de Louis XI 6. En 1464, le 20 novembre, toujours qualifié de sommelier du corps, il revend au domaine, pour 2.000 livres, la terre de Chénault, au baïllage d’Auxois, confisquée à la suite de la disgrâce de Jean Coustain ?. En 1465, le duc de Bourgogne le fait gruier des baïilliages de Dijon, Auxois, la Montagne et gourveneur de Rouvre près Dijon 8. Jean Martin, conseiller et sommelier de corps de Mgr le duc, est toujours pensionné par Charles le T'éméraire dans le compte de 1473-1474 en raison des agréables services rendus à son père. Mais une note marginale du compte indique qu'il trépassa à Dijon le 28 novembre 1474 ?.

Jean Martin à renouvelé le vieux conte du mari confesseur dont la donnée se trouve déjà dans le fabliau du Chevalier qui fist sa femme confesser et que l’on retrouve dans Boccace, Décaméron, journée 7, conte 5 10,

La scène se passe « au païs de Brabant, qui est bonne marche et plaisante, fournye a droit et bien garnye de belles filles, et bien sages coustumierement... » Le mari est un gentilhomme, parti pour un voyage outremer, à Chypre et à Rhodes, qui passa en dernier lieu à Jérusalem où il reçut l’ordre de chevalerie. Pendant son absence il remarque que sa maison s’est augmentée de dons. Il voudrait en connaître l’origine ; et pour confesser sa femme, il prend les habits et la place du curé. Mais la déloyale épouse lui fait une fausse confession. — Le voyage du gentilhomme paraît correspondre à l’aventure récente de Waleran de Wavrin (1444).

MÉRIADEC, nouvelle 42.

Chastellain a souvent mentionné Hervé de Mériadec, qui au combat de Ruppelmonde 1, devant Gand, porta l’étendard de Philippe le Bon 2. Après le combat, c’est lui qui enlève l’armure

1. Arch. de la Côte-d'Or, B. 1760, fol. 80 v° (1466) ; au lieu de Michel de Chaugy, pourvu de l'office de baïlli de Mâcon (Jbid., B. 1754, fol. 83 v°, en 1464).

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