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LES NOUVELLES ET LA VIE

Telles sont, selon nous, l’histoire et la chronologie des Cent Nouvelles nouvelles. Un grand, un très beau livre, à considérer l’art si simple du conteur. N°y voyons pas qu'un recueil de gaudrioles, mises tour à tour dans la bouche du dauphin Louis ou de Philippe le Bon. Nous y lisons la plupart du temps de véridiques histoires, comme celles que Maupassant a pu conter. Les Cent Nouvelles ouvrent une fenêtre sur la campagne de Flandres et de Bourgogne, une porte secrète de la maison des hommes de ce temps en ces pays.

L’honnête Jacques Du Clercq 5, le chroniqueur d’Arras, nous aide beaucoup à comprendre ce recueil quand il raconte le mariage de Charolais, fils de Philippe le Bon, avec Catherine de Bourbon, l’anr454. Charolais avait épousé Catherine contre son gré. Mais ce chaste garçon lui fut si fidèle et l’aima tant que son union paraissait un admirable exemple aux hommes de ce temps-là : « Car lors c’estoit grande pitié que le pechié de luxure regnoit moult fort, et par especial es princes et gens mariés ; et estoit le plus gentil compaignon qui plus de femmes savoit tromper et avoir au moment, qui plus luxurieulx estoit ; et mesme regnoit encoires plus icelluy pechié de luxure es prelats de l’eglise et en toutes gens d’eglise. »

Nous venons de montrer, je pense, le rapport qui existe si souvent entre le conte et le conteur. Il nous reste à présenter la galerie des personnages qu’il a mis en scène, à nous

1. La tradition de Genappe est bien faible. La « bonne ville » dont il est parfois question pourrait tout aussi bien être Bruxelles (nouvelle 8)? « La bonne ville ou la court se tenoit » (nouvelle 81).

2. J'avais pensé un moment que la série des dépenses journalières des missions et chevauchées de Philippe le Bon m’auraient permis de préciser ce point aux archives du Nord.

3. Nicolas Chorrier, Histoire générale de Dauphiné, 1672, p. 451.

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