MONSEIGNEUR DE THIENGES
Ce n’est pas chose estrange que les moynes hantent voluntiers les nonnains. A ce propos il advint nagueres que ung maistre jacobin tant hanta, visita et frequenta une bonne maison de dames de religion de ce royaume, qu'il parvint a son intencion, laquelle estoit de coucher avec une des dames de leens. Et Dieu scet puis qu’il eut ce bien s’il estoit diligent et soigneux de se trouver vers elle qu’il amoit plus que tout le demourant du monde. Et tant y continua sa hantise que l’abbesse de leens et pluseurs des religieuses se parceurent de ce qui estoit, dont elles furent bien malcontentes. Mais toutesfoiz, pour eviter esclandre, elles n’en dirent mot, voire au religieux, mais trop bien chanterent la Îeczon a la religieuse nonnain, laquelle se sceut bien excuser. Mais l’abbesse qui veoit cler et estoit bien percevant, cogneut tantost a ses responses et excusances, aux manieres qu’elle tenoit et aux apparences qu’elle avoit veues, qu’elle estoit coulpable du fait ; si voulut pourvoir de remede, car elle fist tenir bien de court, a cause de ceste religieuse, toutes les aultres, fermer les huys des cloistres et des aultres lieux de leens, et tellement fist que le pouvre jacobin ne povoit plus venir veoir sa dame. Si luy en desplaisoit, et a elle aussi, il ne le fault pas demander. Et vous dy bien qu’ilz pensoient, et jour et nuyt, par quelle façon et moien 1z se pourroient rencontrer ; mais ilz n’y savoient engin trouver, tant faisoit faire le guet sus eulx madame l’abbesse. Advint toutesfoiz ung jour que une des niepces de madame l’abbesse se marioit, et faisoit sa feste en l’abbaye ; et y avoit grosse assemblée des gens du païs ; et estoit madame l’abbesse fort empeschée de fes-
toyer les gens de bien qui estoient venuz a la feste fayre honneur a sa niepce. Si s’advisa bon jacobin qu’i viendroit veoir sa dame, et que a l’adventure pourroit il estre si eureux que de Îa trouver en belle. Ïl y vint, comme il proposa, et de fait trouva ce qu’il queroit. Et a cause de la grosse assemblée, et de l’empeschement que l’abbesse et ses guectes avoient, il eut bien loisir de dire a sa. dame ses doleances et regretter le bon temps passé. Et elle, qui beaucop l’amoit, le vit tresvoluntiers, et si en elle eust esté elle luy eust fait aultre chere. Entre aultres parolles il luy dist : « Helas! m’amye, vous savez qu’il a ja long temps que point ne sommes devisez ainsi que nous soulions. Je vous requier, s’il est possible, tantdiz que l’ostel de ceens est fort donné a aultre chose(s) que a nous guetter, que vous me diez ou je pourray parler a vous a part. — Ainsi m'’aist Dieu, dit elle, mon amy, je ne le desire pas mains que vous. Mais je ne sçay penser ne lieu ne place ou ce se puisse faire ; car tout le monde est par ceens, et ne seroit pas en moy d’entrer en ma chambre, tant y a d’estrangiers logez qui sont venuz a ceste feste. Mais je vous diray que vous ferez. Vous savés bien le grand jardin de ceens, faictes pas ? — Saint Jehan! oy, dit il. — Au coing de ce jardin, dit elle, a ung tresbeau preau bien encloz de belles hayes, fortes et espesses, et au milieu ung grand poirier, qui rendent le lieu umbragé et couvert. Vous en yrez la et m’actendrez ; et tantost que je pourray eschapper je feray ma diligence de me trouver bientost vers vous. » Elle fut beaucop merciée, et dit bien maistre jacobin qu’il s’i en va tout droit. Or devez vous savoir que ung jeune galant venu a la feste n’estoit gueres loing de ces deux amans qui oy[t] et entendit toute leur conclusion. Si s’advisa, car il savoit le preau, qu’il s’1 viendra embuscher pour veoir les armes qui s’i feront. Il se mist hors de la presse, et tant que piez le peurent porter, il s’en court devers ce preau et fist tant qu’il y fut devant le jacobin. Et luy la venu, il monte sur ce beau -poirier qui estoit large et ramu, tresbien vestu de fueilles et de poires, et s’i embuscha si bien qu’il n’estoit pas aisié a veoir. Il n’y eut gueres esté que veezcy bon jacobin qui attrotte, regardant derriere luy si ame le suyvoit. Et Dieu scet qu’il fut bien joyeux de se trouver en ce beau lieu, et se garda bien de lever les yeulx contre mont le poirier ; car jamais ne se fust doubté qu’il y eust quelque ung ; mais tousjours avoit l’œil vers le chemin qu’il estoit venu. Tant regarda qu’il vit sa dame venir le grand pas, qui fut tost d’emprès luy. Si se firent grand feste ; et bon jacobin d’oster sa gonne et son scapulaire, et de baiser et accoller bien serrément la belle nonnain. Ilz vouldrent faire ce pour quoy ilz estoient venuz : et
. se mist chacun en point, et en ce faisant commence a dire a la nonnain : « Pardieu,
mon amy frere Aubry, je veil bien que vous sachez que vous avez aujourd’uy a dame et en vostre commendement ung des beaulx corps de nostre religion : et je vous en fais juge. Vous le voiez : regardez quelz tetins, quel ventre, quelles cuisses, et du surplus il n’y a que dire. — Par ma foy, dist frere Aubry, seur Jehanne m’'amye, je cognois ce que vous dictes. Mais aussi vous povez dire que vous avez a serviteur ung des beaulx religieux de tout nostre ordre, aussi bien
ur
fourny de ce que ung homme doït avoir que nul de ce royaume. » Et a ces motz mist la main au baston dont il vouloit faire ses armes, et le brandissoit voyant sa dame, en luy disant : « Qu’en dictes vous ? que vous en semble? n'est il pas beau ? vault il pas bien une belle fille? — Certes oy, dit elle. — Et aussi l’arez
| vous. — Et vous arez, dist lors celuy qui estoit dessus le poirier, sur eulz, tous
des meilleures poires du poirier. » Lors prend a ses deux mains les branches du poirier, et fait tumber en bas sur eulx et ou preau des poires treslargement, dont frere Aubry fut t[an]t effraié que a peu s’il eut sens ne loisir de reprendre sa gonne. Si s’en picque tant qu'il peut sans attendre, et ne fut oncques asseur tant qu’il fut hors de leens. Et la nonnain, qui fut autant ou plus effrayée que luy, ne sceut si tost se mectre au chemin que le galant qui estoit sur le poirier ne fut descendu, qui la va prandre par la main et luy defendit le partir, et luy dist : « M’amye, ainsi n’en yrez vous ; il vous fault bien premier paier le fruictier. » Elle, qui estoit prinse et soupprinse, vit bien que le refus n’estoit pas de saison, et fut contente que le [fruictier] fist ce que frere Aubry avoit laissé en train.
LA XLVIIe NOUVELLE,
PAR
MONSEIGNEUR DE LA ROCHE
En Prouvence avoit nagueres ung president de haulte et bien eureuse renommée, qui tresgrand clerc et prudent estoit, vaillant aux armes, discret en conseil ; et en bref dire, en luy estoient tous les biens de quoy l’on pourroit jamais loer homme. D'une chose tant seulement estoit noté dont il n’estoit pas cause, mais estoit celuy a qui plus en desplaisoit ; et la raison y estoit bonne. Et pour dire la note que de luy estoit, c’estoit qu'il estoit coupault par faulte d’avoir femme aultre que bonne. Le bon seigneur veoit et cognoissoit la desloyauté de sa femme, et la trouvoit encline de tous poincts a sa puterie. Et quelque sens que Dieu luy eust donné, il ne savoit remede a son cas, fors de soy taire et faire du mort; car il n’avoit pas si peu leu et veu en son temps qu’il ne sceust vrayement que correction n’a point de lieu a femme de tel estat. Toutesfoiz vous povez penser que ung homme de courage et vertueux, comme cestuy estoit, ne vivoit pas bien a son aise ; mais fault dire et conclure que son dolent cueur portoit la paste au four de ceste maladie infortune. Et car au pardehors avoit maniere et semblant de rien savoir et percevoir le gouvernement de sa femme, ung de ses serviteurs le vint trouver ung jour en sa chambre, a part, et luy va dire par grand sens : « Monseigneur, je suis celuy qui vous vouldroye advertir, comme je doy, de tout ce qui peut especialement toucher a vostre honneur. Je me suis prins et donné garde du gouvernement de madame vostre femme, mais je vous asseure qu'elle
vous garde tresmal la loyaulté qu’elle vous a promise : car seurrement un tel (qui luy nomma) tient a vostre lieu bien souvent. » Le bon president, sachant aussi bien ou mieulx l’estat de sa femme que son serviteur qui faisoit ce rapport, luy respondit tresfierement : « Ha! ribauld, je sçay bien que vous mentez de tout ce que me dictes. Je cognois trop ma femme : elle n’est pas telle, non. Et vous ay je nourry pour me rapporter une telle bourde, voire de celle qui tant est bonne et loyale ? Et vrayement vous ne m’en ferez plus : dictes que je vous doy, et vous en allez tost, et ne vous trouvez jamais devant moy, si cher que vous amez vostre vie! » Le pouvre serviteur, qui cuidoit faire grand plaisir a son maistre, de son advefrtance]|, dist [ce] qu’il Iuy devoit. Il le receut et s’en alla. Nostre president, voyant encores de plus en plus rafreschi]r la desloyauté de sa femme, estoit tant mal content et si tresfort troublé qu’on ne pourroit plus. Si ne savoit que penser
ne ymaginer par quelle façon il s’en pourroit honestement descharger. Si s’ad-
visa, comme Dieu le voult, ou comme Fortune le consentit, que sa femme devoit aller a unes nopces asses(t) tost ; et sice qu’il pense peut advenir, il sera du monde le mieulx fortuné. Il vint a ung varlet qui la garde avoit de ses chevaulx, et d’une belle mule qu’il avoit, et luy dit : « Garde bien que tu ne bailles a boire a ma mule de nuyt ne de jour, tant que je le te diray ; et a chacune foiz que tu luy donneras son avene, si mectz parmy une bonne poignée de sel ; et garde que n’en sonnez mot. — Non feray je, dit le varlet, et si feray ce que vous me commendez. » Quand le jour des nopces de la cousine de madame la presidente approucha, elle dist au bon president : « Monseigneur, si c’estoit votre plaisir, je me trouveroye voluntiers aux nopces de ma cousine, qui se feront dimenche en ung tel lieu. — Tresbien, m’amye, j’en suis bien content. Allez, Dieu vous conduye.
— Je vous mercie, monseigneur, dit elle, mais je ne sçay bonnement comment
y aller ; je n’y menasse point voluntiers mon chariot, pour le tant pou que j’ay a y estre ; vostre haäcquenée aussi est tant desfrayée que je n’oseroie pas bien emprendre le chemin sur elle. — Eh bien! m’amye, si prenez ma mule. Elle est tresbelle et si va bien doulx et, et est aussi seure du pié que je n’en trouvay oncques point. — Et, par ma foy, monseigneur, dit elle, je vous en mercye ; vous estes bon mary. » Le jour de partir vint, et se firent prestz les serviteurs dè madame la presidente et ses femmes qui la devoient servir et accompaigner ; [pareiïllement vont venir a cheval deux ou trois gorgyas qui la devoient accompaigner], qui demandent se madame est preste. Et elle leur fait savoir qu’elle viendra maintenant. Elle fut preste et vint en bas, et luy fut amenée la belle mule au montouer, qui n’avoit beu de viij jours ; et enrageoit de soif, tant avoit mengé de sel. Quand elle fut montée, les gorgias se misrent devant, qui faisoient fringuer leurs chevaulx, et estoit rage qu’ilz faisoient bien et hault. Et se pourroit bien faire que aucuns de la compaignie savoient bien que madame savoit faire. En la compaignie de ces gentilz gorgyas, de ses serviteurs et de ses femmes, passa madame par la ville, et se vint trouver aux champs. Et tant alla qu’elle vint a ung destroit auprès duquel passe la grosse riviere du Rosne, qui en cel
endroit est tant roidde que merveilles. Et comme ceste mule, qui de viij jours n’avoit beu, perceut la riviere, courant sans demander pont ne passage, elle de plain vol saulta dedans a tout sa charge, qui estoit du precieux corps de madame. Ceulx qui la virent la regarderent tresbien ; mais aultre secours ne luy firent, car aussi il n’estoit pas en eulx. Si fut madame noyée, dont ce fut grand dommage. Et la mule, quand elle eut beu son saoul, naigea tant par le Rosne qu'elle trouva la rive; si fa sauvée, La compaignie fut moult troublée, qui [a] perdu madame ; si s’en retourna en la ville. Et vint ung des serviteurs de monseigneur le president le trouver en sa chambre, qui n’actendoit aultre chose que les nouvelles qu’il luy dist ; et luy va dire tout plorant la piteuse adventure de madame sa maistresse. Le bon president, plus joyeux en cueur qu’oncques triste ne fut, se monstra tresdesplaisant ; et de fait se laissa cheoir du hault de luy, menant trespiteux dueil en regretant sa bonne femme. I] maudissoit sa mule, les belles nopces qui firent sa femme partir ce jour. « Et Dieu! dit il, ce vous est grand reprouche qui estiez tant de gens et n’avez sceu rescourre la pouvre femme qui
trestant vous amoit ; vous estes lasches et meschans, et l’avez bien monstré! »
Le serviteur s’excusa et les aultres aussi, le mains mal qu’ilz sceurent ; et laissa monseigneur le president, qui loa Dieu a joinctes mains de ce qu’il est quicte de sa femme. Quand point fut, il fist faire ses funerailles comme il appartint Mais croiez, combien qu’encores 1l fust en eage, il n’eut garde de se rebouter en mariage, craignant le dangier ou tant avoit esté.
LA XLVIIIe NOUVELLE,
PAR
MONSEIGNEUR DE LA ROCHE
Ung gentil compaignon devint amoureux d’une jeune damoiselle qui n'a gueres estoit mariée. Et le mains mal qu'il sceut, après qu’il eut trouvé façon d’avoir vers elle accointance, il compta son cas, et au rapport qu’il fist, il sembloit fort malade ; et a la verité dire, aussi estoit il bien picqué. Elle fut bien si gracieuse qu’elle luy baïlla bonne audience, et pour la premiere foiz il se partit trescontent de la response qu'il eut. S’il estoit bien feru auparavant, encores fut il plus touché au vif quand il eut dit son fait. Si ne dormoit ne nuyt ne jour, de force de penser a sa dame et de trouver la façon et maniere de parvenir a sa grace. Il retourna a sa queste quand il vit son point. Et Dieu scet, s’il avoit bien parlé la premiere foiz, que encores fist il mieulx son personnage a la deuxiesme, et si trouva de son bon eur sa dame assez encline a passer sa requeste, dont il ne fut pas moyennement joyeux. Et car il n’avoit pas tousjours ne le temps ne le loisir de se trouver vers elle, il luy dist a ceste foiz la bonne volunté qu’il avoit
de luy faire service et en quelle façon. Il en fut mercyé de celle qui estoit tant gracieuse qu’on ne pourroit plus. Bref il trouva en elle tant de courtoisie en maintien et en parler qu’il n’en sceust plus demander par raison. Si se cuida avancer de la baiser, mais il en fut refusé de tous poins ; mesme quand vint au partir
et au dire adieu, il n’en peut oncques finer, dont il fut tresesbahy. Et quand il
fut en sus d’elle, il se doubta beaucop de point parvenir a son intencion, veu qu’il ne povoit obtenir d’elle ung seul baiser. Il se confortoit d’aultre costé des gracieuses parolles qu’il eut a dire adieu, et de l’espoir qu’elle luy baïlle. Il revint comme aultresfoiz a sa queste ; et pour abreger, tant y alla et tant y vint qu’il eut heure assignée de dire a sa dame, a part, le surplus de ce qu’il ne vouldroit dire, sinon entre eulx deux. Et, car temps estoit, il print congé d'elle. Si l’embrassa bien doulcement et la voulut baiser ; et elle s’en defend tresbien et luy dit assez rudement : « Ostez, ostez vous, et me laissez, je n’ay cure d’estre baisée. » Il s’excusa le plus gracieusement que oncques sceut, et sur ce se partit. « Et qu’est cecy ? dist il en soy mesmes ; je ne vy jamais ceste maniere en femme. Elle me fait la meilleure chere du monde, et si m’a desja accordé tout ce que je luy ay osé requerre ; maïs encores n’ay je peu finer d’un pouvre baiser. » Quand ïl fut heure, il vint ou sa dame luy avoit dit, et fist tout ce pour quoy il y vint tout a son beau loisir. Car il coucha entre ses braz toute la belle nuyt, et fist tout ce qu'il voulut, fors seullement baiser, et de cela n’eust il jamais finé. « Et je n’entens point ceste maniere de faire, disoit il en son pardedens. Ceste femme est contente que je couche avecques elle et que je face tout ce qu’il me plaist ; mais du baïser je n’en fineroye neant plus que de la vraye croix? Par la mort bieu ! je ne sçay entendre cecy. Il faut qu’il y ait quelque mistere ; 1l est force que je le sache. » Ung jour entre les aultres qu’il estoit avecques sa dame a gofglettes, et qu’ilz estoient beaucoup de het tous deux : « M’amye, dist il, je vous requier que vous me dictes la cause qui vous meut de moy tenir si grand rigueur quand je vous veil baiser. Vous m’avez de vostre grace baïllé la joyssance de vostre beau et gracieux corps tout entierement, et d’un petit baiser vous me faictes le refus! — Par ma foy, mon amy, dit elle, vous dictes voir. Le baiser vous ay refusé, et ne vous y actendez point ; vous n’en finerez jamais. Et la raison y est bonne : si la vous diray. Il est vray, quand j'espousay mon mary, que je luy promis de la bouche tant seullement beaucoup de belles choses. Et car ma bouche est celle qui luy a juré et promis de luy estre bonne, je suis celle qui luy veil entretenir, et ne souffreroye pour mourir qu'aultre de luy y touchast. Elle est sienne et a nul aultre ; et ne vous actendez d’en rien avoir. Mais mon derriere ne luy a rien promis ne juré ; faictes de luy et du surplus de moy, ma bouche hors, ce qu’il vous plaise ; je le vous habandonne! » L’autre commença a rire tresfort, et dist : « M’amye, je vous mercye. Vous dictes tresbien, et si vous sçay grand gré que vous avez la franchise de bien garder vostre promesse. — Ja Dieu ne veille, dist elle, que je luy face faulte! » En la façon que avez oy fut ceste bonne femme abustinée, Le mary avoit la bouche. seullement, et son amy le
surplus ; et si d’adventure le mary se servoit aucunesfoiz des aultres membres, ce n’estoit que par maniere d'emprunt, Car ilz estoient a son amy par le don de Sa dicte femme. Mais il avoit ceste avantage que sa femme estoit contente qu'il emprint sur ce qu’elle avoit donné a son amy ; mais pour rien n’eust souffert que l’amy eust joy de ce que a son mary avoit donné.
LA XLIXe NOUVELLE,
PAR