‹ Les cent nouvellesChapitre 104 sur 160 · PAR MONSEIGNEUR DE LA ROCHE · texte numérisé non relu

PAR MONSEIGNEUR DE LA ROCHE

UNG gentil chevalier de Oaynault, saige, subtil et très grant voyagier, après la mort de sa très bonne et saige femme, pour les biens qu'il avoit veuz et trouvez en mariaige, ne sceust passer son temps, sans soy lycr comme il avoit esté par avant. Si espousa une trèsbelle, jeune et gente damoiselle, non pas des plus subtilles du monde ; car, è la vérité dire, elle estoit ung peu lourde en la taille*, et c' estoit ce en elle qui plus plaisoit à son mary, pource qu’il esperoit par ce point la mieulz duire • et tourner en la façon qu’avoir la vouldroit. 11 mist sa cure et son estude à la façonner, et, -de fait, elle lui obeissoitct complaisoit comme il le desiruit, si bien qu’il n’eust sceu (mieulx demander. Et, entre aultres choses, toutes fois qu’il luy vouloit faire l’amoureux jeu, qui n’ estoit pas si souvent qu’elle eust bien voulu, il luy faisoit vestir ung très beau haubergon *, dont elle estoit bien esbahye; et, de prinsault, luy demanda

* S'il gardait le secret.

* C'est-à-dire : qu’elle avait l’esprit épais cl difficile à dégrossir. ^ Dresser, en terme de fauconnerie.

* Poui' haubergeon, cotte de mailles.

LES CEMT KODVELLES NOUVELLES. 265

bien quel propos il la (àisoit armer. Et il luy respondit qu'on ne se doit point trouver à l'assault amoureux sans armes. Elle fut contente de vestir ce haubergon ; et n’avoit autre regret, sinon que Monseigneur n’avoit l’assault plus à cueur, combien que ce luy estoit assez grant peine, se aucun plaisir n’en feustensuy*. Et, se vous demandez à quel propos son seigneur ainsi la gouvernoit, je vous respons que la cause qui a ce faire le mouvoit estoit affm que ma dame ne desirast pas tant l'assault arnoureux pour la peine et empeschcment de ce haubergon. Mais, combien qu’il feust bien saige, il s’abusa de trop ; car, se le haubergon à chascun assault lui eust cassé et doz et ventre, si ne eust-elle pas refïiisé le vestir, tant estoit doulx et plaisant ce qui s’en ensuyvoit. Geste maniéré de faire dura beaucoup, et tant que Monseigneur fut mandé pour servir son prince en la guerre, et en aultres assaulx qui ne sont pas semblables à celuy dessusdit. Si print congié de ma dame et s’en alla où il fut mandé, et elle denioura à l’ostel, en la garde et conduite d’ung ancien gentil homme et d’aucunes damoiselles qui la servoient. Or devez-vous scavoir que en cest ostel avoit ung gentil cornpaignon clerc, qui très-bien chantoit et jouoit de la harpe, et avoit la charge de la despense. Et, après le disner, s'esbatoit voulentiers de la harpe : à quoy ma dame prenoit très-grant plaisir, et souvent se rendoit vers luy au son de la harpe. Tant y alla et tant s’y trouva, que le clerc la pria d’amours ; et elle, désirant de vestir son haubergon, ne l’escondit*;pas, uinçois lui dist : « Venez vers moy à telle heure et en telle chambre, et je vous feray response telle, que vous serez content. » Elle fut beaucoup mereyée, et, à l’heure assignée, nostre clerc ne faillit pas de venir heurter à la chambre où ma dame luy avoit dit, laquelle l’attendoit de pié quoy, le beau hau-

‘ Pour ensuivi.

* Pour éconduifit.

borgon en son doz. Elle ouvrit la chambre, et le clerc la vit armée, si cuida que ce fust aucun qui fust embusché Icans pour luy faire quelque desplaisir; et, à cestc occasion, il fut si très subitement féru * et espoventé, que, de la graiit paour que il en eut, il cheut à la renverse, par telle maniéré, qu’il descompta ne scay quans degrez si très roidement, qu’à peu qu’il ne se rompit le col. Mais toutesfoys il n’eut garde, tant bien lui ayda Dieu et sa bonne querelle

Ma dame, qui le vit en ce dangier, fut très desplai* santé et mal contaite, si vint en bas et luy ayda à sourdre, et luy demanda dont luy venoit ce paour Et il la luy compta, et dist que vraieiuent il cuydoitcstre deceu, « Vous u'avez garde, dist-ellc ; je ne suis pas armée pour vous faire mal. a Et, en ce disant, montèrent arriéré les degrez, et entreront en la chambre, a Madame, dist le clerc, je vous requiers, dictes^oy, s’il vous plaist, qui TOUS meut de vestv ce haubergon ? a Et, elle, comme ung peu faisant la honteuse, luy respondist: a Et vous le scavez bien ! — Par ma foy, saulve vostre grâce, ma dame, dit- il, se je le sceusse, je ne le demandisse pas. — Monseigneur, dist-elle, quant il me veult baisier et parler d’amours, il me fait en ce point habiller, et je scay bien que vous venez icy à ceste cause ; et, pour ce, je me suis mise en ce point. — Ma dame, dist-il, vous avez rai> son; et aussi vous me faictes souvenir que c'est la maniéré des chevaliers d’en ce point faire babiller leurs dames. Mais les clercs ont toute autre maniéré de faire, qui à mon advis est trop plus belle et plus aisée. — Et quelle est-elle? dist la dame : monstrez-la moy ? — Et je la vous moUstreray ! > dist-il. Lors la ût despouiller de son

* Frappée d’étonnemenl.

* Gauae. Cette expression, qui se disait d'un duel, est employée ici par allusion au combat amoureux que le clerc venait livrer.

^ Ce mot était, suivant sa position dans la phrase, masculin ou féminin.

LKS CBMT NOUVELLES NOUVELLES.

haubergon et du surplus de ses habilletnens jusques à la bdle chemise, et luy pareillement se déshabilla et se despouilla, et se misdrent dedans le beau lit paré qui là estoit ; et puis se désarmèrent de leurs chemises et passèrent temps deux ou trois heures bien plaisamment. Et, avant le départir, le gentil clerc monstra bien à ma dame la coustume des clercs, laquelle beaucoup loua et prisa trop plus que celle des chevaliers. Assez et souvent depuis se rencontrèrent en la façon dessusdicte, sans qu'il en fust nouvelle, quoy que ma dame fust peu subtille. A certain temps après. Monseigneur retourna de la guerre ; dont ma dame ne fut pas trop joyeuse en son par dedans, quelque semblant qu'elle monstra au par dehors. Et vint à l'heure de disner ; et, pource que on scavoit sa venue, il fut servy, Dieu scait comment. Ce disner se passa ; et, quant vint à dire grâces. Monseigneur se mist à son renc, et ma dame print son quartier. Tantost que grâces furent achevées et dictes, Monseigneur, pour faire du mesnagier * et du gentil compaignon, di^ à ma dame : « Allez tost en vostre chambre et vestez vostre haubergon? » Et elle, se reconlant du bon temps qu’elle avoit eu avec son clerc, respondit tout subit : « La coustume des clercs vault niyeulx. — La coustume des clercs ! dist-il. Et scavezvous leur coustume? » Si commença à soy fumer*, et cou^ur changier, et se doubta de ce qui estoit vray, combien qu’il n’en sceut oneques rien, car il fut tout à coup mis hors de son double. Ma dame ne fut pas si beste, qu’elle n’apperceust bien que Monseigneur n’ estoit pas content de ce qu’elle avoit dit ; si s’advisa de changier le vers 5, et dist : « Monseigneur, je vous ay dit que la coustumo des clercs vault mieuLx ; et encores le dis-je. — El

* Mari. Le savant président de la société des bibliophiles français, M. Jérôme Piebon, a publié un beau livre de ce temps-là, intitulé : le Mesnagier de Paru.

* Se rembrunir.

* On dit encore dans le môme sens : changer de gamme.

F^-j~Okiilizecl by C^iKJgli;

quelle est-elle ? dist-il. — Hz boivent après grâces, distelle. — Voire dea, dist-il, sainct Jehan ! Vous dictes vray, c'est leur coustume vraiement, qui n'est pas mauvaise, et, pource que vous la prisez tant, nous la tiendrons doresenavant. > Si fist apporter du vin et beurait, et puis ma dame alla vestir son hauhergon, dont elle se feustbien passé, car le gentil clerc luy avoit monstré aultre façon de faire qui trop mieulx luy plaisoit. Comme vous avez ouy, fut Monseigneur, par ma dame, en sa response abusé. Ainsi fault dire que le sens subit qui luy vint en mémoire à ceste fois luy descendit de la vertu du clerc, qui depuis luy monstra la façon d’aultres tours : dont Monseigneur en la parfin en demoura nozamys.

LA XLIP NOUVELLE

RECOMPTÉE PAR HERIADECIi

L’an cinquante * dernier passé, le clerc d’ung villaige du diocèse dé Noyon , pour impetrer et gaignier les pardons qui furent h Rotnine qui sont telz que chascun scait , SC mist à chemin , en la compaignie de plusieurs gens de bien de Noyon, de Compiengne et des lieux voisins. Mais , avant son parlement , disposa bien et seurcment de ses besoingnes ; premièrement de sa femme et de son mesnaige, et le fait de sa coustrerie^ recommanda à ung jeune et gentil clerc, pour la desservir jusques à son retour. En assez bricfve espace de temps, luy et su * 1450.

* Les indulgences du jubilé.

Custodie, oflice d'un sacristain dans une église. On a dit depuis : covlerie,

compaignie vindrent arriver à Romme, et feirent cbascun leur dcvocion et pellerinaige le moins mal qu'ilz sceurent ; mais vous debvez scavoir que nostre clerc trouva d’adventure à Romme ung de ses compaignons d’escole du temps passé , qui cstoit ou service d'ung gros cardinal , et en grant auctorité, qui fut très joyeux de l’avoir trouvé pour l’accointance qu’il avoit à luy, et luy demanda de son estât. Et l’aultre luy compta tout du long tout premier comment il estoit, bêlas ! marié, son nombre d'enfans, et comment aussi il estoit clerc d’une paroisse, a Ha ! dist son compaignon, par mon serment ! il me desplaist bien que vous estes marié. — Pourquoy? dist l’aultre. — Je vous diray, dist*il; ung tel cardinal m’a cbargié expressément que je lui treuve ung serviteur pour estre son notaire*, qui soit de nostre marche*; et croyez que ce seroit trop bien vosti'e fait , pour estre tost et largement pourveu, se ce ne fust vostre mariaige qui vous fera repatrier ®, et, comme j’espoire, plus grans biens perdre , que vous n’y aurez. — Par ma foy, dist le clerc, mon mariaige n’y fait rien, mon compaignon , car, à vous dire la vérité, je me suis party de nostre pays soubz umbre du pardon qui est à présent. Mais croyez que ce n’a pas esté ma principale intencion, car j’ay conclud d’aller jouer ■* deux ou trois ans par pays ; et, ce pendant, se Dieu vouloit prendre ma femme, jamais je ne fuz si heureux. Et pourtant je vous requiers et prie que vous songiez de moy et soyez mon moyen® vers ce cardinal, que je le serve; et, par ma foy, je feray tant, que vous n’aurez jà reprouche pour moy ; et , se ainsi le faictes, vous me ferez le plus grant service que jamais compaignon bst à aultre. — Puis que vous avez ceste voulenté, dist son compaignon, je vous

* Secrétaire.

* Pays, province.

® Rentrer dans votre patrie.

* Voyager, prendre du bon temps.

” Intermédiaire, protecteur.

serviray à ceste heure , et vous logeray pour avoir bon temps, se à vous ne tient. — Et, mon amy, je vous rnercye, » dist l’aultre. Pour abregier, nostre clerc fut logic avec ce cardinal , laquelle chose il manda à sa femme^, et son intencion , que n’est pas de retourner par delà si tost qu’il luy avoit dit au partir. Elle se conforta, et luy rescripvit qu’elle fera du mieulx qu’elle pourra. Ou service de ce cardinal se conduisit et maintint gentement nostre bon clerc, et fist tant que en peu de temps il gaingna de l’argent avec son maistre, lequel n’avoit pas peu de regret qu’il n’estoit habille * à tenir bénéfices , car largement l’en eust pourveu. Pendant le temps que nostredit clerc estoit ainsi en grâce , comme dit est, le curé de son villaige alla de vie à trespas, et ainsi vaqua son bénéfice qui estoit ou moys du pape*, dont le coustre ®, tenant le lieu de son compaignon estant à Romme, se pensa qu’au plus tost qu’il pourroit, qu’il courroit à Romme et feroit tant, à l’ayde de son compaignon, qu’il auroit ceste cure. Il ne dormit pas, car, en peu de jours, après maintes peines et travaulx *, tant fist, qu’il se trouva à Romme, et n’eut oncques bien, tant qu’il eut trouvé son compaignon, lequel servoit ung cardinal. Après grosses recongnoissances d’ung cousté et d’aultre, le clerc demande de sa femme, et l’aultre Iiiy cuidant faire ung singulier plaisir, et aftin aussi que la besoingne, dont il le veult requérir aucunement, en vaille mieulx, luy respondit qu’elle estoit morte ; dont il mentoit, car je tiens qu’à ceste heure elle scauroit bien tencier son mary “ ; « Dictes-vnus donc que ma femme est morte? dist le clerc; et je prie à Dieu qu’il luy

* Propre à être fuit bénéficier d’église, parce qu'il était marié.

* On appelait ainsi les huit mois de l'année pendant lesquels le pape avait le droit de conférer des bénéfices en pays d’obédience.

^ Sacristain, custode.

* Fatigues.

* C'est-à-dire qu'elle était encore vivante (capable de quereller son mari), à l’époque où celte Nouvelle fut racontée.

LES CENT NOUVELLES NOUVELLES. iCO

pardonne ses pechiez. — Ouy vraiement, dist l’aultre, la pestilence * de l’année passée, avec plusieurs aultres , l’emporta. » Or, faigult-il ceste bourde, qui depuis luy fut chier vendue *, pourcc qu’il scavoit que le clerc n’cstoit parly de son pays, qu’à l’intencion de sa femme qui estoit trop peu paisible, et que plus plaisantes nouvelles d’elle ne luy pourroit-on apporter que de sa mort. Et, à la vérité, ainsi en estoit-il , mais le rapport fut faulx. « Et qui vous amaine en ce pays ? dist le clerc, après plusieurs et diverses parolles. — Je le vous diray, mon compaignon et mon aray. Il est vray que le curé de nostre ville est trespassé; si viens vers vous, affm que, par vostre moyen, je puisse parvenir à son bénéfice. Si vous prie, tant que plus ne puis, que me vueillez aider à ce besoing. Je scay bien qu’il est en vous de le me faire avoir , à l’ayde de Monseigneur vostre maistre. » Le clerc, pensant sa femme ' estre morte et la cure de sa ville vaquer, conclud en soymesmes que il happera ce bénéfice pour luy, et d’aultres encores, s’il y peut parvenir. Mais toutesfoys jl ne le dist pas à son compaignon; ainçois luy dit qu’il ne tiendra pas en luy qu’il ne soit curé de leur ville : dont il fut beaucoup mercié. Tout aultrement en alla, car à lendemain nostre saint-pere, à la requeste du cardinal maistre de nostre clerc, luy donna ceste cure. Si vint ce clerc à son compaignon, quand il sceut ces nouvelles et luy dist: « lia! mon compaignon, vostre fait est rompu, dont me desplaist bien. — Et comment? dist l’aultre. — La cure de nostre ville est donnée, dist-il, mais je ne scay à qui. Monseigneur mon maistre vous a cuidé ayder, mais il n’a pas esté en sa puissance de faire vostre fait. » Qui fut bien mal content, ce fut celuy qui estoit venu de si loing perdre sa peine et despendro ® son argent, et dont ce ne fut pas dommaige. Si print congié piteusement de son compai-

■ l'este, épidémie.

* Cesl-û-tiire : qui lui coûta citer.

’ Dépenser.

Digilized by C^oogU

ilù LES CENT NOUVELLES NOUVELLES.

gnon et s'en retourna en son pays, sans soy vant^ de la bourde qu'il a semée Or, retournons à nostre clerc, qui cstoit plus gay que une mittaine * de la mort de sa femme, et de la cure de leur ville, que nostre sainct-pere le pape, à la requeste de son maistre, luy avoit donnée pour récompense. Et disons comment il devint prestre à Homme, et y chanta sa bien devote première messe, et print congié de son maistre, pour une espace de temps à venir par deçà à leur ville prendre la possession de sa cure. A ceste entrée qu'il fist à leur ville, de son bonheur la première personne qu'il rencontra, ce fut sa femme, dont il fut bien esbahy, je vous en asseure, et encores beaucoup plus courroucé : t Et qu'est-cecy, dist-il, m'amye! Et on m'avoit dit que vous estiez trespassée? — Je m'en , suis bien gardée, dist-elle; vous le dictes, ce croy-je, pource que l'eussiez bien voulu ; et vous l'avez bien monstré, qui m'avez laissée l'espace de cinq ans , à-tout ung grant tas de petis enfans. — M'amye, dist-il, je suis bien joieux de vous veoir en bon point, et en loue Dieu de tout mon cucur ; maudit soit celuy qui m'en raporta aultres nouvelles ! — Ainsi soit41, dist-elle. — Or je vous diray, m'amie, je ne puis arrester pour maintenant. Force est que je m’en aille hastivement devers Monseigneur de Noyon, pour une besoingne qui luy touche, mais , au plus brief que je pourray, je retourneray. » 11 se partit de sa femme et prent son chemin devers Noyon, mais Dieu scait s'il pensa en chemin à son povre fait : « Helas ! dist-il, or suis-je homme défiait et deshonnouré : prestre, clerc et marié tout ensemble ; je croy que je suis

‘ C’est-à-dire ; d'avoir menti, en disant que la femme du clerc était morte.

* Nous ne voyons pas trop quelle comparaison établir ici entre un homme gai et une mitaine (gros gant fourré); mais c'est évidemment une expression proverbiale. On pourrait donner au mot mitaine un sens plus logique; car mitana signifiait aussi une mesure de vin ou de sel, et une monnaie flamande.

le premier tnaleureux de cest estât, b II vint devers Mon* seigneur de Noyon, qui fut bien csbahy d'ouyr son cas; et ne le sceut (X)nseiller et l’envoya à Romme. Quand il fut venu, il compta à son maistre, tout du long et du lé, la vérité de son adventure : qui en fut très amerement desplaisant. A lendemain il compta à iiostre sainct-pere , en la prcsence du coUiege des cardinaux et de tout le conseil ' l’adventure de son homme qu’il avoit fait curé. Si fut ordonné qu'il demeurera prestre et marié et curé aussi. Et demoura avec sa femme, en la façon que ung homme marié honnourablement et sans reprouche demeure, et seront ses enfans légitimez et non bastars, jâ soit ce que le pere soit prestre. Mais, au surplus, s'il est sceu ne trouvé qu'il aille aultre part que à sa femme , il perdra son bénéfice. Ainsi qu'avez ouy fut ce povre clerc pugny par la façon que dist est et par le faulx donner à entendre de son compaignon; et fut content de venir demeurer à son bénéfice ; et, qui plus est et pis, demourer avec sa femme, dont il se fust bien passé, se l’Eglise ne l’eust ordonné.

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