‹ Les cent nouvellesChapitre 2 sur 160 · SDR LE LIVRE DES · texte numérisé non relu

SDR LE LIVRE DES

Les Cent Nouvelles nouvelles furent racontées, dans l’intervalle de l’année 1456 à l’année 1461, par le Dauphin de France, Louis, Gis de Charles VII, et par le comte de Charolais, Charles, fils de Philippe le Bon, duc de Boui^ogne, ainsi que par leurs officiers et les personnes de leur suite, au château de Genappe, en Belgique, où le Dauphin s’était retiré après sa. sortie de France, et où il tenait sa cour en attendant la, mort du roi son père. C’est là un fait que noos apprend une tradition constante et quise trouve établi parles termes mêmes de l’épitre dédicatoire du recueil : a Notez que, par toutes les Nouvelles où 11 est dit par Monseigneur, il est entendu par Monseigneur le Daulphin, lequel depuis a succédé à la couronne, et est le roy Louis X1‘, car il estoit lors ès pays du duc de Bourgoigne d

* Dans nette notice, nous suivons presque pas à pas celle de H. Leroux de Lincy, qui s’est servi des meilleurs historiens du temps avec une exactitude que nous ne saurions mieux apprécier qu’en renvoyant une fois pour toutes à son travail, emprunté aux Chroniques Martiniennes, aux Mémoires de Coroines, de Jacques Duclerc, d’Olivier de la Marche, de Mathieu de Coucy, etc. Cependant M. Leroux de Lincy cite à peine un opuscule très-estimable dont il a tiré de grands secours : Mémoire sur le séjour que Louis,

NOTICE SUR UE LIVRE

Le Dauphin Louis montra de bonne heure ce que devait être IjOuis XI : il fut mauvais fils avant d’être mauvais père. A peine âgé de quatorze ans, il causa beaucoup de chagrin à Charles VII, en se déclarant l’ennemi implacable de la belle Agnès, que le roi aimait, et il s’emporta même jusqu’à donner un soufflet à cette favorite, qui l’avait traité peut-être sans ménagement. Ce soufflet fut, dit-on, la cause de la première révolte du Dauphin (en 1440), contre Charles VII, qui se vit obligé d’employer la force des armes pour soumettre le rebelle et faire cesser la Pragiierie, cette petite guerre civile qui menaça un moment de s’étendre par tout le royaume. Charles VII, voulant éloigner son fils, quoiqu’il lui eût pardonné, le fit gouverneur du Dauphiné, et le jeune prince résida quelques années à Grenoble, appauvrissant la province par des exactions impitoyables, machinant des intrigues criminelles et créant des obstacles à l’autorité royale, qu’il bravait ouvertement. Louis était impatient de s’emparer de la couronne : il essaya de gagner les archers de la garde écossaise et les principaux seigneurs de la cour de Charles VII ; il répandit de l’argent et des promesses dans un but secret, qui touchait peut-être au parricide; mais Antoine de Chabannes, comte de Dampmartin, alla dénoncer le complot, et le Dauphin nia tout avec effronterie, en laissant punir ses complices qui l’accusaient. 11 se vengea dès lors d’Agnès Sorel, empoisonnée à Jumiéges, par ses ordres, s’il faut en croire les échos de l’indignation populaire que souleva cette mort tragique. Mais il ne put se venger du comte de Dampmartin qu'a près être monté sur le trône.

Celui-ci continua donc à surveiller les projets sinistres du Dauphin, qui était sans cesse en mésintelligence avec son père. Louis s’apprêtait même à en venir à une seconde révolte et il rassemblait déjà des troupes et de l’argent pour tenir tête à la royauté, sinon pour l’attaquer, lorsque Charles VII, poussé à bout et las de pardonner, ordonna au fidèle de Chabannes d’entrer avec une armée dans le Dauphiné et d’arrêter le Dauphin, c Si Dieu ou la fortune, s’écria Louis en apprenant l’approche du lieutenant du roi, m’eussent donné la grâce de

dauphin de Viennois, depuis roi sous le nom de Louis XI, fil aux Paps-Bas, de l'an 14S6 à 14ül, par de Reiffenberg,

DES CËNT NOUVELLES NOUVELLES. Xl

disposer de la moitié des hommes d’armes dont le roi mon père est le maître et qui m’appartiendront un jour, de par Notre-Dame, ma bonne maîtresse, je lui aurais épargné la peine de venir si avant ma chercher ; je serais allé jusqu’à Lyon pour le combattre. »

Sentant bien que la résistance était impossible et n’espérant plus de pardon, U résolut de sortir de France et de se réfugier auprès du duc de Bourgogne. Dans le cours do mois de juin 1456, il feignit une partie de chasse pour qu’on ne s’opposât point à sa fuite, et passa en Bourgogne avec six de ses familiers. En arrivant à Saint-Claude, sur les terres du duc, qui devenait son hôte, il écrivit au roi pour se justifier, et il manifesta l’intention de s’associer à une espèce de croisade que Philippe le Bon devait entreprendre contre les Turcs. Le duc de Bourgogne, qui assiégeait alors Utrecht, se réjouit de l’arrivée du Dauphin de France, et transmit les ordres nécessaires pour que le prince exilé fût reçu à Bruxelles avec les honneurs appartenant à son rang et à sa naissance. 11 revint bientôt lui-même en Brabant ; il accueillit très-gracicusement à la cour le Dauphin, et il voulut connaître les griefs que ce prince prétendait avoir contre le roi et ses conseillers. (t Monseigneur, soyez le bienvenu dans mon pays I lui dit le duc, après l’avoir écouté avec attention ; je suis trèsheureux de vous y voir. En tout ce qui touche votre personne, soyez sûr que je vous ferai service, soit de corps, soit d’argent, sauf contre monseigneur le roi votre père, contre lequel, pour rien, je ne voudrais entreprendre aucune chose qui fût à son déplaisir. » Philippe le Bon s’employa activement pour réconcilier le Dauphin avec le roi; mais les négociations, entamées à cet eH'et, échouèrent toujours par le mauvab vouloir des persomies intéressées à empêcher ou à retarder cette réconciliation; le Dauphin, d’ailleurs, ne se souciait pas trop de rentrer en France, du vivant de son père, et celui-ci se croyait plus sûr de conserver sa couronne, tant que son redoutable fils resterait hors de ses Etats.

Pendant le séjour du Dauphin en Brabant, une parfaite harmonie régna' entre lui et le vieux duc, quoique Charles VII eût dit amèrement, au sujet de la généreuse hospitalité que Philippe le Bon accordait au fugitif : « Mon cousin ne sait pas ce qu’il fait; il donne asile au renard qui mangera ses poules, a

XII NOTICE sua LE L!VHE

liC duc avait promis une pension de trois mille florins d'or par mois au Dauphin, qui alla se fixer au château de Genappe.

« Ce manoir, fort ancien, dit M. Leroux de Lincy, situé sur la rivière de Dyle, entre Nivelle et Gemhlours, à six lieues de Bruxelles et à sept de Louvain, fut la dot et le séjour d’Ide, mère du célèbre Godefroy de Bouillon. Les bâtiments dont il se composait, et qui n’existent plus aujourd’hui, entièrement construits sur la Dyle, étaient joints au rivage par un pont de bois, auquel venait se joindre, du côté du château, un petit pont-levis. On arrivait au premier pont, en traversant une cour assez vaste, environnée de jardins et d'arbres fruitiers.

Deux tourelles protégeaient l’entrée; deux autres étaient placées sur la face gauche^ Autant qu’on en peut juger par le dessin qui nous en reste (Délices du Brabant, etc., par Canlillon, t. II), l’ensemble de l’édifice se composait de quatre corps de logis distribués inégalement de chaque côté d’une grande cour. A gauche, on voyait s’avancer une chapelle. Un bâ- . timent séparé, défendu par une cinquième tour carrée, fai- . sait saillie èn dehors, du même côté que la chapelle. En considérant avec attention l’aspect de ce château, environné de toutes parts d'une rivière aux eaux tranquilles et d’une campagne florissante ouverte aux plaisirs de la promenade et de la chasse, on comprend que le Dauphin de France y ait fixé « sa demeure, en attendant la fin de son exil. La nuit, le pontlevis une fois dressé, il ne craignait ni attaque ni surprise, et pouvait tranquillement se livrer aux plaisirs de la table et à celui d’écouter ou de faire ces joyeux récits qui composèrent plus tard les Cent Nouvelles. Le jour, accompagné de ses fidèles serviteurs et du comte de Charolais, dont il aimait à exciter la bouillante ardeur, il chassait, ou bien encore visitait les paysans et s’amusait de leurs propos, a a Les principaux du Conseil dudict Dauphin, raconte Olivier de la Marche dans ses Mémoires, furent le seigneur de Montauban et le bastard d’Armignac, avec le seigneur 4e Craon; et avoit mondit seigneur le Dauphin, de moult notables jeunes gens, comme le seigneur de Cressols, le seigneur de Villiers, de l’Estang, M. de Lau, M. de la Barde, Gaston du Lyon, et moult d’autres nobles gens et gens esleus; car il fut prince, et aima chiens et oiseaux, et mesme, où il scavoit nobles hommes de renommée, il les aclicloit à poids d'or, et

DES CENT NOUVELLES NOUVELLES. XIll

avoient Irès-bonne condition. Vais il fut homme soupçonneux, et legerement allrayoit gens et legerement il les rebouloit de son service; mais il esloit large et abandoraié, et entretenoit par sa largesse ceux de ses serviteurs dont il se vouloit servir, et aux autres donnoit congé legerement et leur donnoit le bond, à la guise de France, a Le Dauphin, au château de Genappe; pouvait se croire encore souverain, comme dans son gouvernement du Dauphiné, à l’exception qu’il ne pressurait pas d’impôts la province et qu’il manquait quelquefois d’argent, a A la despense qu’il faisoit de tant de gens qu’il avoit, dit Gomines, l’argent lui failloit souvent : qui lui estoit grande peine et soucy; et luy en ialloit chercher ou emprunter, on ses gens l’eussent laissé : qui est grande angoisse à un prince qui ne l'a point accoustumé. » C’était-une véritable cour, qui ressemblait à celle de Bourgogne par le nombre et l’état des seigneurs que le piince retenait auprès de lui à force de sacrifices. Le comte de Charolais, que l’exemple et peut-être les jerfides conseils du Dauphin avaient mis presque en révolte ouverte contre le duc son père et qui plusieurs fois oublia même le respect qu’il devait .à ce noble vieillard, quittait souvent le palais de Bruxelles et venait passer quelques semaines au château de Genappe avec les gentilshommes de sa maison. Ce fut durant les divers séjours du comte de Charolais auprès de Louis de France que les Cent Nouvelles nouvelles furent racontées, à l’imitation de celles de Boccace, dans les veillées d’hiver, autour d’une vaste cheminée où brûlaient des arbres entiers, et dans les veillées d’été, sous des tonnelles de vigne vierge ou entre des murailles de buis taillé. '

Gn ce temps-là, les femmes vivaient à l’écart entre elles et loin de la société des hommes, excepté dans les circonstances solennelles où elles paraissaient en public, pour l’ornement des fêles, des processions et des tournois. Anne de Bretagne établit la première, entre les deux sexes, des habitudes de fréquentation polie, qui produisirent celle urbanité que la France a longtemps apprise aux autres nations et que nous ne connaissons plus que par des traditions à dcmi-elTacées. Anne de Bretagne fonda la Cour des dames, comme le dit Brantôme, et cette innovation amena presque aussitôt une révolution générale et profonde dans les mœurs, qui,

Di l- .-

SOÏlCË SUR LE LIVRE

de rudes et grossières qu*elles étaient, devinrent douces et élégantes. On sent bien, en lisant les CetU Nouvelles nouvelles, que des femmes n’étaient pas là pour les entendre, et que des hommes, jeunes et galants la plupart, pouvaient seuls écouter ce que chacun narrait à son tour si gaillardement, avec cette liberté de paroles qui n’accuse que l’innocence du bon vieux temps.

Voici, par ordre alphabétique, la nomenclature des personnages qui ont coopéré à la composition des Cent Nouvelles nouvelles, et dont quelques-uns nous sont à peine connus de nom, malgré les persévérantes recherches de MM. de Beiffeinberg et Leroux de Lincy.

ÂLARDiN. Il y avait un Âlardin la Griselle, écuyer-échanson du duc de Bourgogne en 1436. On trouve encore, au nombre des officiers de la maison de Bourgogne, un Alardin Bournel, qui passa au service de Louis XI en 1461. C’est sans doute ce dernier qui contait au château de Genappe. [Voyes Kouv. 77.)

Amant de Bruxelles (Monseigneur 1’). C’est Jean d’Enghien, chevalier, sieur de Kessergat, vicomte de Grimbergb, chambellan et maître d’hôtel du duc de Bourgogne. 11 était amann de Bruxelles, charge municipale qui correspondait à celle de notaire ou plutôt d’archiviste. (Voyez Nouv. 13 et 53.)

Barde (Monseigneur de la). Jean d'Estuer, chevalier, seigneur de la Barde, de Salignac en Limousin, de liieul en Anjou, etc., fut conseiller et chambellan de Louis XI, sénéchal du Limousin en 1462, ambassadeur ou plutôt agent du roi en Angleterre, sénéchal'de Lyon en 1483, gouverneur de Perpignan, etc. Il mourut vers 1488. (Voyez Nouv. 31, dont le titre porte ; Racomptée par Monseigneur de la Barde, quoique la Table dise seulement : mise en avant par Monseigneur.)

Beauvoir (Monseigneur de). Jean de Hontespedon, dit Ilouaste, écuyer, conseiller et premier valet de chambre de Louis XI, n’était pas encore seigneur de Beauvoir, lorsqu’il s’expatria pour suivre le Dauphin. (Celte circonstance prouve que la rédaction des Cent Nouvelles nouvelles, ou du moins celle des titres delà Table, où sont nommés les narrateurs, est postérieure à l’année 1461.) Jean de Monleapedon fut chargé

de porter une lettre du Dauphin à Charles VII en janvier 1 460. Louis XI récompensa ses services, en le nommant Lailli de Rouen, au mois de novembre 1461. (Voyez Nouv. ‘27 et 50.)

Caron. Il était clerc de chapelle dans la maison de Bourgogne. On voit que les gens d'Église ne se scandalisaient pas aisément en matière de contes. (Voyez Nouv. 22.)

Changv (Messire Michant de], conseiller du grand conseil, chambellan ordinaire, premier écuyer tranchant, puis premier maître d’hôtel des ducs de Bourgogne Philippe et Charles; ce dernier lui accordait une confiance particulière et le combla de faveurs. Après la mort de Charles le Téméraire, Louis XI confirma Michant ou Michel de Cbangy dans toutes les charges qu’il avait en Bourgogne. (Voyez liouv. 40, 64, 79 et 80.)

CoMMESDRAii (Monseigneur de]. Ne faut-il pas lire M. de Conversan. C'est ainsi qu’on qualifiait alors Louis de Luxembourg, comte de Saint-Poi, qui est pourtant nommé monseigneur de Saint-Pol en tôle de la Nouvelle 39? (Voyez Nouv. 23, 62 et 72.]

Créquv (Monseigneur de). Jean, sire de Créquy, de Caiiaples et de Tressin, cbevalier.de la Toison-d’Or depuis l’origine de cet ordre, en 1431, était un de ceux qui, en 1453, firent le vœu du faisan pour une croisade contre les Turcs. En 1461, il fut chargé de porter le collier de l’ordre au roi d’Aragon. 11 est nommé au nombre des douze seigneurs qui portèrent le corps du duc défunt, à la cérémonie des obsèques de Philippe le Bon. 11 mourut après l’année 1469. (Voyez Nouv. 14.)

David (Pierre] se trouve porté aux appointements de douze sous par mois dans les états des officiers et domestiques de la maison de Bourgogne en 1448. (Voyez nouv. 49.]

Dtgoine (Messire Chrétien de], chevalier, seigneur de Thianges, chambellan de Jean-sans-Peur, conserva celte charge auprès des ducs Philippe et Charles : il touchait, en 1473, une pension de six cents francs d’or. 11 vivait encore en 1475. (Voyez Nouv. 68.] Voyez ci-après Thianges.

Tiennes (Monseigneur de). Thibaut de Luxembourg, second fils de Pierre, premier du nom, fut le chef de la branche de Tiennes. 11 était pensionnaire du duc de Bourgogne en 1466. Après la mort de sa femme, Philippine de Melun, il

NOTICE SUR LE LIVRE

SG fit moine dans l’ordre de Citeaux et devint tour à tour abbé d’Ign;, puis abbé d’Orcamp, et enfin évêque du Mans. 11 mourut en 1477. (Voyez Nouv. 24 et 43.)

Fouqdessoles (Monseigneur de). On sait seulement que ce personnage était bailli de Fouquessoles en 1419 et qu’il avait le commandement d’une compagnie de gendarmes dans l’armée du duc de Bourgogne. (Voyez Nouv. 26.)

Gdyekse (Monseigneur le sénéchal de). Voyez Laü.

Lamant de BnuxELLEs. Voyez Amant.

Lambin (Maître Jean). On croit que c’est Berlhelot Lambin, valet de chambre du duc Philippe le Bon et contrôleur de son artillerie en 1446. (Voyez Nouv. 75.)

Lanoy (Monseigifeur Jean de), créé chevalier de la Toisond’Or en 1451, était, dès l’année 1448, attaché à la maison du duc de Bourgogne, qui lui donnait trente-six sols de gages par mois. Louis XI, en montant sur le trône, l'attira sans peine à son service, le nomma gouverneur de Lille et bailli d’Amiens, et le chargea d’une mission secrète auprès du roi d’Angleterre. Mais Charles le Téméraire, indigné de la déloyale conduite de Jean de Lanoy, voulut le faire arrêter et s’empara de scs terres en Brabant. Après la mort du duc, Jean de Lanoy reparut à la cour de Bourgogne et joua un rôle important dans la politique du temps : il fut abbé de Saint-Bertin, chancelier de la Toison-d’Or, chambellan de Maximilien d’Autriche, et mourut en 1492. (Voyez Nouv. 6, et 92. La nouvelle 82 lui est attribuée dans la Table ; mais on lit en tête de celte Nouvelle : par Jehan Martin. Il faut aussi remarquer que le nom de Jean de Lanoy est écrit partout Ijinnoy dans l'édition originale des Cent Nouvelles nouvelles.)

Laon (Philippe de). C’est Philippe de Loan, écuyer d’écurie du duc de Bourgogne en 1462. On conserve parmi les Manuscrits de la Bibliothèque impériale un bel exemplaire delà Bible historiale de Guyard des Moulins, qu’il avait acheté à Londres le 23 novembre 1461, probablement pour le compte de Philippe le Bon. (Voyez Nouv. 5, 20, 21 , 66, 67, 74 et 76.)

La Roche (Monseigneur de). Philippe Pot, fils de Jacques Pot, seigneur de la Roche, de Nolay et autres lieux, était chambellan de la maison de Bourgogne, aux gages de trentesix sols par mois, en 1462 II devint alors un des plus intimes conseillers de Philippe le Bon, qui lui confia plusieurs

Digilized by Googic

négociations délicates. Charles le Téméraire lui accorda la même confiance et le nomma successivement capitaine de la ville et du château de Lille, grand-maître d’hfttel et chambellan de Bourgogne, etc. A la mort du duc, Louis XI, qui connaissait l’habileté de Philippe Pot, le créa grand sénéchal de Bourgogne. Il mourut vers 1498. On croit qu’il avait été gouverneur du comte de Charolais et du roi Charles VllI. Ces renseignements, empruntés à la notice que M. Leroux de Lincy a consacrée à ce personnage, ne nous ont pas bien convaincu que Monseigneur de la Roche ne fût pas plutôt Jean de la Roche, seigneur de Barbezieux, fils aîné de Guy dç la Rochefoucauld, le même qui avait commandé les troupes du Dauphin pendant la Praguerie de 1440. Dans tous les cas, monseigneur de la Roche fut un des plus joyeux conteurs des Cent Nouvelles nouvelles. (Voyez Nouv. 3, 12, 15, 18, 36, 37, 41, 44, 45, 47, 48 et 52.)

Lau (Monseigneur de). Antoine de Châteauneuf, seigneur et baron de Lan, en Armagnac, fut un des favorb de Louis XI, qui non-seulement le nomma grand chambellan et grand bouteiller de France, sénéchal de Guyenne mais encore qui lui donna de grandes sommes d’argent pour ses bons services ; cependant il tomba bientôt en disgrâce et se vit emprisonné au château d’Usson, en Auvergne. 11 parvmt à s’évader en 1468 et se retira auprès du duc de Bourgogne. Il fit bientôt sa paix avec le roi, car il était gouverneur de Perpigqan en 1472. R mourut avant l’année 1485. (Voyez Nouv. M.)

Lebrbton II y avait, en 1419, un Roulant Lebreton, roi d’armes d’Artois, qui fut fait prisonnier à Dreux, par Bernard d’Armagnac, et envoyé à Paris, où Charles VI lui accorda 200 livres à titre d’indemnité. (Voyez Nouv. 98.)

La Sale (Antoine de), qu’on regarde comme le rédacteur des Cent Nouvelles nouvelles, et qui serait alors Y Acteur, c’est-à-dire l’auteur de la nouvelle 50, était né en Bourgogne dans les dernières années, du quatorzième siècle. Dans sa jeunesse, il alla en Italie, et s’attacha comme secrétaire à Louis III, comte d’Anjou et de Provence, et roi de Sicile; il passa ensuite au service du bon roi René, et fut précepteur des enfants de ce prince. Ramené en Flandre par le comte de Saint-Pol, et présenté à Philippe le Bon, il devint un des ornements de la cour de Bourgogne, qui accueillit ses romans

xvni

NOTICE ÜUK LE LIVRE

et ses histoires avec de justes applaudissements. « Noble et bien renommé, Anlhoine de La Sale, dit un de ses contemporains (liasse de Brinchamel, dans la préface des Aventures de Floridan et d'Ellinde), avez tousjours plaisir, et dès le temps de vostre fleurie jeunesse, vous estes delicté à lire, aussi' à escripre histoires honnorables; ouquel exercice, et continuant, vous perseverez de jour en jour sans interruption. »

Ce fut sans doute pour le délassement du<Dauphin de France,qu’Antoine de La Sale écrivit l’Histoire du petit Jehan de üaintré et de la dame des Bellçs Cousines, puisque les manuscrits de ce joli roman sont datés du château de Genappe et de l’année 1459 ; il écrivit aussi, dans le môme temps et peut-être dans le même but, les Quinte joies du mariage, vive et plaisante satire, à laquelle il ne mit pourtant pas son nom. « Entre cet ouvrage, la Datne des Belles Cousines et les Cent Nouvelles, il y a, dit M. Leroux de Lincy, un air de famille qui suffirait pour qu’on les attribuât tous trois au même auteur, a Antoine de La Sale aurait donc, suivant toute apparence, rédigé les Cent Nouvelles nouvelles, et c’est lui-même qui oftrit au comte de Charolais, comme U le dit dans la dédicace adressée à ce prince, ce petit œuvre, mis en terme et sur piez, à vostre commandement et advertissement. (Voyez Kouv. 50.)

Mauiot d'Auqucsnes. C’est Mahiot Régnault, maître de la chambre aux deniers, c’est-à-dire argentier de Philippe le Bon ; ou bien Mahiot Noël, domestique qui recevait sept sols de gages par mois, en 1448, dans la maison de Bourgogne. (Voyez Nouv. 54.)

Mahtin (Jean), valet de chambre et premier sommelier du corps de Philippe le Bon, seigneur de Bretonnières, châtelain de Rouvres, etc., ne resta pas au service de Charles le Téméraire après la mort du duc Philippe, et se retira dans la ville de Dijon, où il mourut le 28 novembre 1475. (Voyez. Nouv. 78 et 82.)

MEaiADKcH (Hervé), Breton, écuyer, attaché à la maison de Bourgogne, où il touchait dix-huit sols de gages par mois en 1448, avait suivi en Écosse le bon chevalier Jacques de. Lalaing, et s’éhiit distingué par de belles expertises d'armes. Louis XI le nomma gouverneur do Tournav en 1461 . (Voyez Nouv, 42.) • ,

Poncelet. On croit que c'est Jacques Pourcelet, qui était, en 1471, conseiller du duc de Bourgogne. (Voyez Nouv. 59, 60 et 61.)

Rotiielin (marquis de). Philippe, marquis de Hochebcrg, ootnte de Neufchâtel en Suisse, seigneur de Rothcliii et de Badenviller, fut maréchal de Bourgogne et grand sénéchal de- Provence; il devint, en 1491, grand chambellan de France. 11 mourut en 1503. (Voyez Nouv. 84.)

Saiet-Pol (Monseigneur de). Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, de Brieune, de Conversan, etc., chevalier de la Toison-d’Or, joua un grand rôle dans les premières années du règne de Louis XI, qui l’avait appelé à son service et créé connétable de France en 1465. Mais Louis de liuxembourg conservait des intelligences secrètes avec le duc de Bourgogne, son ancien maître, et trahissait tour à tour le duc et le roi, en les ménageant tous deux et en les opposant toujours l’un à l’autre. Enfin, Louis XI le ht arrêter, juger et décapiter en décembre 1475. (Voyez Nouv. 59.)

Saint-Yon (Monseigneur de). C’est sans doute Carnot de Saint-Yon, qui était écuyer-pannetier de Jean-sans-Peur et qui fut ensuite échanson de Philippe le Bon, avec 100 francs de gages par an. (Voyez Nouv. 25.)

'J HAiEHAs (Monseigneur de). MessireGui, seigneur de Roye. Plessis, Muret, Thalemas et Guerbigny, chevalier de la Toison-d’Or, mort sans postérité en 1463. (Voyez Nouv. 75.) '

Thianges (Monseigneur de). C’est le même que messire Chrétien Dygoine, ou d’Ygoinne, qui raconte la nouvelle 68, puisque la seigneurie de Thianges appartenait à ce personnage. (Voyez Nouv, 46. Dans l’édition originale, le titre de cette Nouvelle nomme monseigneur de Thieurges ; mais le nom est rectifié dans la Table où on lit de Thienges.)

ViSNiER (Philippe) était valet de chambre du duc de Bourgogne en 1441. (Voyez Nouv. 19. Le nom du conteur est écrit Vignieu dans la Table, et Vignier en tète de la Nouvelle.)

VmuEHS (Monseigneiu’ de). C’est sans doute Antoine de Villiers, premier écuyer de Philippe le Bon. Louis XI, qui l’avait connu et apprécié à Genappc, l’employa plus tard dans des négociations difficiles et le récompensa de son zèle, après la conclusion de plusieurs traités de paix, auxquels le seigneur ,

NOTICE SUR LE LIVRE

fie Villiers avait fort contribué. (Voyez Nouv. 52, 55, 55, 56, 57 et 95.)

Waolvris (Monseigneur de), seigneur de Foreslel, d’une illustre famille do Flandre, chambellan des ducs de Bourgogne Jean et Philippe, est auteur d’une chronique, encore inédite, qui embrasse l’histoire d’Angleterre et de France depuis les temps les plus reculés jusqu’en 1471. (Voyez Nouv. 81 et 83. La Table, où son nom est écrit Vaulvrain et non Waurin comme dans le titre de la Nouvelle 81, le désigne comme auteur de la 83° Nouvelle, en tête de laquelle il n’est pas nommé.)

Wastennes (Monseigneur le prévôt de) était un des conseillers du comte de Charolais qui, dans sa querelle avec la maison de Croy, l’accusa de trahison et l’éloigna de sa personne. On ne sait pas le nom de ce personnage. (Voyez Nouv. 65.)

Parmi les Cent Nouvelles nouvelles, il y en a plusieurs dont les narrateurs ne sont pas nommés. M. de Reiffenberg attribue ces Nouvelles anonymes à Philippe, comte de Croy, qu’il présente même comme V Acteur du recueil entier; mais cette conjecture n’est guère vraisemblable, et l’on a plus de raison de penser qu’ Antoine de La Sale, écrivant de souvenir les Nouvelles qu’il avait entendues, ne s’est pas rappelé tous- les noms des conteurs et en a omis quelques-uns. La Table des sommaires, rédigée postérieurement à la composition du livre, rectifie plusieurs noms et en ajoute d’autres qui avaient été omis en tête des Nouvelles.

Le Dauphin, que le rédacteur désigne sous le nom de Monseigneur, comme il l’annonce dans l’épître dédicatoire, raconte les Nouvelles 2, 4, 7, 9, 11, 29, 33, 69, 70, 71. La Nouvelle 71 est attribuée à Monseigneur le duc dans le titre qui la précède ; mais la Table porte seulement : racomptée par Monseigneur. Louis XI aimoit fort les bons mots et les subtils esprits, selon Brantôme. Ce fut chez lui un goût prédomhiant, dont il ne se corrigea pas en devenant roi, car alors, dit encore Brantôme, « la pluspart du temps mangeoit en pleine salle avec force gentilshommes de ses plus privéz. Et celuy qui lui faisoit le meilleur et le plus lascif conte de dames de joye, il estoit le mieux venu et festoyé. Et luymesme ne s’espargnoit à en faire, car il s’en enquéroit fort et envouloit souvent sçavoir; et puis, en faisoit part aux au-

très publiquement.'G'estoit bien un scandale grand que celuylà . Il avoit Irès-mauvaise opinion des femmes et ne les croyoit toutes chastes. » L’histoire a conservé un grand nombre de reparties facécieuses et d’anecdotes plaisantes, qui nous font bien connaître le genre d’esprit de Louis XI : il n’était pas ignorant comme presque tous les princes de son temps, qu’il méprisait, parce que, dit Comines, dÿ miles lettres n'ont cmgnoissance et sont nourris seulement à faire les fols en habülemens et enjMroles; il prenait plaisir à entendre parler les gens savants, et, malgré les leçons du docte Jean d’Arconville, qui lui avait appris le latin, il préférait aux chefs-d’œuvre de l’antiquité grecque ci romaine les poésies, les histoires et les romans français ou plutôt gaulois. Il eût donné tout Homère et tout Virgile pour un joyeux propos.

Le comte de Cbarolais, qui devait pourtant, par la nature même de son caractère belliqueux, faire moins de cas des récits grivois et familiers- que des héroïques histoires de chevalerie, paya aussi son tribut de conteur aux veillées du château de Genappe*. (Voyez Nouv. 16, 17 et 58.) Le comte, à cette époque, vivait fraternellement avec le Dauphin : Us mangeaient à la même tahle, couchaient dans le même lit, chassaient ensemble, échangeaient leurs pensées et leurs projets, se préparant mutuellement à leur destinée de duc et de roi. Louis aimait les contes, et Charles conta. Quand ils se quittèrent, à la fin de juillet 1461, le Dauphin devenant roi de France par la mort de son père, ils étaient ennemis et ne sc retrouvèrent plus que sur les champs de bataille. Pendant que Louis XI était prisonnier de son beau cousin de Bonr-

* On ne sait par quelle préoccupation M. Leroux de Linoy a placé parmi les conteurs des Cent Nouvelles novvelles le vieux duc Philippe le Bon, lequel n’eût pas certainement compromis la dignité ducale dans des assemblées intimes qui réunissaient les domestiques les plus privés du Dauphin et du comte de Cbarolais. Le rédacteur ayant mis monseigMiir le duc en tête des contes qu’il attribue au jeune prince de Bourgogne, qui ne fut duc qu’à la mort de son père, il faut en conclure plutôt que la rédaction du livre a été faite après 1467, ou du moins que, dans le manuscrit qui servit à la première impression de ce recueil, le copiste avait changé la qualification du personnage, sans s’inquiéter de l’erreur chronologique qui devait résulter de ce changement.

NOTICE SUR LE LIVRE

gogne dans le château de Péronne, eu 1468, il se souvint peut-être des bons contes qu’il faisait et qu’il entendait naguère au château de Genappe. ‘

Les contes dont se composent les Cent Nouvelles nouvelles peuvent se diviser en trois catégories, provenant chacune de trois sources différentes : les unes (Nouv. 1, 9, 14, 16, 18, 19, 23, 34, 38, 60, 61, 64, 78, 88 et %) sont imitées de Boccace et des anciens fabliaux; les autres (Nouv. 3, 8, 11, 12| 20, 21, 32, 50, 79, 80, 85, 90, 91, 93, 95 et 99) sont empruntées aux Facéties du Pogge; le reste est original et fondé sur des faits véritables, a Se peut très-bien, et par raison fondée convenablement en assez apparente vérité, dit V Acteur, ce présent livre intituler de Cent Nouvelles nouvelles; ih, soit ce qu’elles soyent advenues ès parties de France, d’Allemaignc, d’Angleterre, de Haynault, de Flandres, de Braibant, etc.; aussy, pource que l’estoffe, taille et façon d’icelles est d’assez fresche mémoire et de myne beaucoup nouvelle. »

Les anecdotes contemporaines sur lesquelles reposent la plupart des Cent Nouvelles (notamment les Nouvelles 1 , 5, 47, 62, 63, 75, etc.) ont certaine valeur historique; « mais, dit M. Leroux de Lyncy, ce n’est pas seulement sous le point de vue de l’histoire proprement dite que les Cent Nouvelles ont de l’importance; c’est plutôt comme servant à l’histoire des moeurs, des usages, des coutumes du quinzième siècle, que ce recueil doit être considéré. Sous cet aspect, il n’est pas une page qui ne mérite de fixer l’attention. La vie intime de nos aïeux y est peinte dans le plus grand détail; il est facile d’en saisir les circonstances les plus secrètes... Ce qui distingue principalement les Cent Nouvelles, c’est le style plein de clarté, de finesse et d’élégance, avec lequel elles sont éo:'ites> 11 est impossible de pousser plus loin la satire et la moquerie : la gaieté la plus franche s’y mêle à cette naïveté, dont notre la Fontaine avait le secret et qui s’est perdue avec lai. Cette naïveté a l’avantage de faire passer la crudité, quelquefois un peu rude, dont les récits sont empreints, et de faire oublier certaines expressions trop grossières... Le style est surtout remarquable dans le dialogue; Y Acteur est arrivé, sous ce rapport, à une grande perfection; mais il ne faut pas oublier que chacun des narrateurs y a contribué poui' une partie, et que le mérite de YAi^eur consiste principale-

XXIfl

DES CENT NOUyELi.ES NOUVELLES.

ment dans la fidélité scrupuleuse avec laquelle il a reproduit chaque récit dans les mêmes termes qu’il l’avait entendu faire. Cette fidélité donne aux Cent Nouvelles une grande valeur, parce qu’elle nous permet déjuger du langage admis dans la haute société du quinzième siècle. »

On ne possède plus de manuscrits des Cent Nouvelles nouvelles. Celui qui était dans l’ancienne bibliothèque des ducs de Bourgogne, sous le n* 1261 , et qui avait été sans doute offert à Charles le Téméraire ‘ par Antoine de La Sale, est perdu; celui qu’on trouve inscrit dans le Catalogue des livres du cabinet de L. J. Gaignat, sous le n* 2214, et qui ne fut vendu que 100 francs en 1769, n’est point entré dans un dépôt public ; on doit d’autant plus le regretter, qu’il portait la date de 1462;. c’était donc probablement une copie de l’original.

Les Cent Nouvelles nouvelles ont été réimprimées environ douze fois depuis la première édition datée de 1486. Voici la liste de ces éditions.

Les Cent Nouvelles nouvelles. — Cy finissent les Cent Nouvelles nouvelles composées et récitées par nouvelles gens depuis naguères et imprimées à Paris, le 23* jour de décembre 1486, par Antkoine Verard, libraire. Pet. in-fol. goth. à 2 colonnes de 36 lignes chacune, figure en boip. Cette édition, plus, correcte que les suivantes, est fort rare. On n’en comiait que trois ou quatre exemplaires. L’état des gra*vures sur bois, qui sont usées et même endommagées, semblerait indiquer qu’elles avaient servi à une autre édition. .

— Les mêmes. Imprimé à Parie par Antkoine Verard (sons (laie), in-fol. goth. de 158 f. à 2 coloim. de 36 lignes cha-

* c Ung livre tout neuf escript en parchemin à deux conlombes, couvert de cuir blanc de cbamoy, historié en plusieurs lieux de riches histoires, contenant Cent Nouvelles, tant de Monseigneur (que Dieu pardonne! ) que de plusieurs autres de son hostel... » Bibliothèque protypographique, ou librairie dee fils du roi Jean, publié par Rarrois, p. 183. Ces mots, que Dieu pardonne, prouvent que l'inventaire de la librairie a été dre.ssé après la mort du duc Charles le Téméraire, voilà tottt. '

' NOTICE SOR LE LIVRE

cune, en bois. Cette édition, aussi rare et moins belle que la précédente, pourrait bien lui être antérieure.

— Les mêmes, contenant en soy cent chapitres et histoires ou nouveaux comptes plaisons et récréatifs pour deviser en toutes compaignies. — Impr. à Paris, par Nicolas Desprez, le in* jour de février, l’an 1505, pour maistre Durand GerUer, marchant libraire. Pet. in- foi. poth. de 161 f. à2 colonn., de 43 lignes chacune, fig. en bois. Cette édition est aussi fort rare.

— Les mêmes. Paris, Michel Ijenoir (sans date). Pet. in-4* golh. de 154 fl'., à 2 colonn., de 39 lignes chacune, iig. en bois.

— Les mêmes. Paris, Jehan Trepperet (sans date). Pet. in-4® goth., ff. non chiffrés, sign. A-G, fig. en bois.

— Les mêmes. Paris, impr. par Nie. Desprez, pour Jehan Petit (sans date). Pet. in-4° gotli. à 2 colonn.

— Les mêmes. Paris, veuve de Jehan Trepperel et Jehan Jannot (sans date). Pet. in-4® golh. de 154 ff., à 2 colonn., fig. en bois.

— Les mêmes. Lyon, OH})ierArnoullet[ssm date,versl530). Pet. in-4* goth. de 136 f. à longues lignes, avec fig. en bois.

— Les mêmes, oü sont comprins plusieurs devis et actes d'amour, non moins subtils que facétieux. Rouen, Jacques Aubert (sans date, vers 1540) , in-12.

— Les mêmes. Cologne {Amsterdam), P. Gaillard, 1701, 2 vol. pet. in-8*, avec figures en taille-douce d’après Romain de Hooge. Il y a, de cette édition, deux sortes d’exemplaires : les uns avec vignettes tirées dans le texte eu tête de chaque Nouvelle; les autres avec ces mêmes vignettes tirées à part.

— Les mêmes. Amsterdam, 1732, 2 vol. in-12, avec les figures de l’édition de 1701 .

— Les mêmes. La Haye {Lyon), P. Gosse et J. Neaulme, 1733, 2 vol. pet. in-12. Cette édition fait partie d’une collection de contes qui comprend ceux de Boccace, de la Reine de Navarre et de la Fontaine.

— Les mêmes. Cologne {Suisse), 1786, 4 vol. in-12, avec les figures de l’édition de 1701.

Dans des éditions modernes, le texte est singulièrement alléré, et l’on voit que les éditeurs ne comprenaient guère le

langage du quinzième siècle; car, outre les erreurs continuelles de la ponctuation, on remarque, presque à chaque ligne, des fautes grossières qui prouvent que ces éditions ont été copiées l’une sur l'autre depuis celle de 17(11, qu’on imprima sur un exemplaire gothique, que les compositeurs ne savaient pas même lire. On ne s'étonne plus, en voyant le texte défiguré de ces éditions, que les deux derniers siècles aient regardé comme barbare et incompréhensible la langue si claire et si charmante de nos vieux conteurs.

— Les mêmes, édition revue sur les textes originaux et précédée d'une introduction par Leroux de Lincy. Parti, Paulin, 1841, 2 vol. gr. in-18.

Cette édition, dont il y a une réimpression sous la même date, a paru en concurrence avec celle que nous avons publiée nous-même dans le recueil des Vieux Conteurs français; elle se recommande par les tiavaux historiques de M. Leroux de Lincy (son excellente Introduction et ses Notices sur les conteurs, etc.) que nous avons mis souvent à contribution. Quant au texte, que l’éditeur s’est appliqué à reproduire, d'après les deux éditions de Verard, ditr-il, avec une scrupuleuse exactitude, ayant soin de suivre, dans V orthographe du mêmemot, toutes lesvariations alors enusage; nous regrettons que ce texte soit peut-être trop conforme à celui des premières éditions; car l’éditeur ne s’est pas meme permis de corriger les innombrables fautes qui le défigurent et qui rendent parfois le sens peu intelligible; nous reprocherons aussi à H. Leroux de Lincy l’accentuation toute moderne et la ponctuation très-imparfaite, qu’il a cru devoir ajouter à la fidèle reproduction des originaux.

Les Cent Nouvelles nouvelles, qui furent tant de fois imitées, abrégées on paraphrasées par les conteurs du seizième siècle, avaient rencontré, dès cette époque, un malencontreux éditeur, qui les mutila, sous prétexte de les remettre en leur naturel, sous ce titre : Les facétieux Devis des Cent et six Nouvelles nouvelles, très-récréatives et fort exemplaires pour resveiller les bons esprits français. Le seigneur de La Molte- Rouliant, Lyonnais, ne craignit pas de commettre ce sacrilège qui obtint néanmoins les honneurs de trois éditions : l’une, Paris, Guill. Ix Bret, 1549, in-8*; l’autre, Paris, Jean Ijmgis, 1560, pet-, in-8*, et la troisième, Lyon, Benoît Bigaud,

Page 1