‹ Les cent nouvellesChapitre 6 sur 160 · II. — LE CORDELIBR MEDECIN · texte numérisé non relu

II. — LE CORDELIBR MEDECIN

La seconde nouvelle traicte d’une jeune fille qui avoi le mal de broches, laquelle creva, à ung cordelier qui la

< Le sujet de celte Nouvelle existe dans un ancien fabliau intitulé : les Deux Changeun. Voy. les Conter et fabliaux de Legrand d’Aiissy, S*éd., l. IV. 11 a été traité aussi dans le T'ecorone, giovn. ii, nov. II. Depuis, les nouvelliers italiens ont imité, à l'envi, la Nouvelle française. Voy. Notti de Slraparolla, nolte II, nov. xi; Malespini, Dureuto Novelle, nov. lui; Randello, Nuvelle, etc. Mais il est probable que le couleur des CerU Ki uvelles noitvelle'i avait en vue, dans sou récit, un fuit véritable qui s'élail passé à la cour de p'rance, et que Brantôme rapporte en ces termes, dans ses Dames galante< (dise. 1") :

« Louis, duc d’Orléans, tué à la porto Barbette, à Paris, fit bien au contraire, grand desbaucheur des dames de la cour, et toujours des plus grandes, t'.ar, ayant avec luy couchée une fort belle et grande dame, ainsy que son. mary vint en sa chambre pour luy donner le bonjour, il alla couvrir la teste de sa dame, femme de l’autre, du linceul, et luy descouvrit tout le corps, luy faisant voir tout nud et toucher à son bel aise, avec defense expresse, sur la vie, de n’oster le linge du visage ni le descouvrir aucunement, ô quoi il n’osa contrevenir. Luy demandant par plusieurs fois ce qui luy serabloil de ce beau corps tout nud, l’autre en demeura t.:iut esperdu etgrandement satisfait

« El le bon fut de ce itiary, qu’estant la nuict d’emprès couché avec sa femme, il luy dit que monseigneur d’Orléans luy avoit fait voir la plus belle femme nue qu'il vit jamais; mais, quant au visage, qu’il n’en sçavoil que rapporter, d’autant qu'il luy avoit interdit. Je vous laisse à penser ce qu’en ponvoit dire sa femme, dans sa pensée! Et, de ceste dame tant grande et de monseigneur d'Orléans, on dit que sortit ce brave et vaillant bastard d'Orléans duquel est venue cette noble et généreuse race des comtes de Dunois. *

Suivant la chronique scandaleuse de la cour, en effet, c’était Mariette d’Engliien, mère du bâtard d'Orléans, comte de Dunois, que le duc d'Orléans aurait fait voir nue, le visage couvert, à Aubert de Cany, mari de cette belle et grande dame.

TABLE

vouloit mediciner, ung seul bon œil qu’il avoit ; et aussi du procès qui s’ensuyvit puis après *.

ill. — LA PESCHE DE L’ANNEAU.

La troisiesme nouvelle, de la tromperie que fist ung c hevalier à la femme de son musnier, à laquelle bailloità entendre que son c.. luy clierroit s’il n’esloit rccoigné ; et ainsi par plusieurs fois le luy rccoigna. Et le musnier, de ce adverty, pescha puis après dedans le corps de la femme dudit chevalier ung dyamant qu’elle avoit perdu en soy baignant ; et pescha si bien et si avant, qu’il le trouva, comme bien sceut depuis ledit chevalier, lequel appela le musnier pescheur de dyamans, et b? musnier luy respondit en l’appellaut recoigneur de c...*.

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