XCVIII. — LES AMANS INFORTUNÉS
La nonante et huitiesme nouvelle, d'ung chevalier de ce t'oyaulme, lequel avoit de sa femme une belle fille et très gente damoiselle aagée dexv à xvj ans, ou environ; mais, pource que son pere la voulut marier à ung riche chevalier ancien, lequel estoit son voisin, elle s’en alla avec* ques ung aultre jeune chevalier son serviteur en amours, en tout bien et en tout honneur. Et comment par mer* veilleuse fortune ilz finirent leurs jours tous deux piteusement, sans jamais en nulle maniéré avoir faabitacion l’ung avecqnes l’auUre, comme vous orrez cy après *.
* Cette Nouvelle, dont le sujet se trouve dans un fabliau de Rutebenf (voy. le recueil de Legrand d’Aussy, t. 111, p. 107), est tirée des Facetix de Poggio (Canis teslamaUum). Elle a été depuis imitée dans les Dticento Hovelîe de Halespini, nov. lu, part. Il; dans les FaeelUs de Friscblinus; dans les l^mones convivaUt, t. I, p. 134; dans l’Arcttdia di Brenta, 1667, in-IS, p. 325; dans les Facéties et mots sublilt, en françois et en italien, par L. Dominichi, 1587, in-12, p. 17; dans le Dietioimaire ianecdoles, t. II, p. 451.
* Imité par Halespini, nov. vi»
* Imité par Halespini, nov. tvin.
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