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Zone des grains. Centrale de l'homme adulte colorée par

6. Zone des grandes pyramidales profonde». méthode de WEKiEU r (d'après CaJAL).

7. Zone des moyennes pyramidales profondes. ^ . ^^^^ plexiforme.

B : Zone des petites pyramidales.

C : .Strie de Baillarger correspondant à la zône des moyennes pj-ramidales.

D : Zône des grandes pyramidales superficielle» et profondes et zône des grains avec le plexus moyen. £ : Zône des moycnnci pyrajnidoles profondes avec le picziu profond.

4) La zone des grains, pauvre en cellules nerveuses pyramidales, mais abondamment pourvue de cellules à cylindre-axe court, à trajet ascendant, qui en se subdivisant donne naissance à des fibres horizontales s'épuisant dans la couche elle-même, ou bien remonte plus haut pour se terminer dans l'une ou l'autre des couches sus-jacentes ; les plus longues l'emontent jusque dans la couche moléculaire en devenant ainsi de véritables cellules de Martinotti.

5) La zone profonde des cellules pyramidales grandes entremêlées, au moins dans la circonvolution centrale antérieure, de nombreuses cellules géantes appelées cellules de Betz.

6) La zone des cellules pyramidales moyennes.

7) La zone des cellules fusiformes.

Cette même subdivision se trouve dans les coupes traitées par la méthode

de GOLGI, FIG. 380.

• Si l'on examine maintenant des coupes de l'écorce cérébrale colorées par la méthode de Weigert, fig. 381, qui ne met en relief que les fibres nerveuses pour autant qu'elles sont entourées d'une gaine de myéline, on constate que :

La zone moléculaire est occupée, dans ses deux tiers externes, par une couche de fibres tangentielles, dont les plus fines doivent être considérées comme formées par les ramifications horizontales provenant des cylindre-axes ascendants des cellules de Martinotti situées dans toutes les couches sousjacentes ; tandis que les plus grosses représentent les axones horizontaux des cellules fusiformes de la couche moléculaire elle-même.

La zone des cellules pyramidales petites est pauvre en fibres nerveuses myélinisées. Elle n'est traversée que par les fibres ascendantes des cellules de Martinotti des couches profondes et les fibres descendantes provenant des cellules pyramidales appartenant en propre à cette zone.

La troisième et la quatrième zones sont occupées par un riche plexus nerveux, formé par les fibres descendantes de plus en plus nombreuses des cellules pyramidales, les fibres ascendantes des cellules de Martinotti et surtout les ramifications préterminales des fibres corticipètes, probablement thalamo-corticales, qui viennent essentiellement se terminer entre les cellules pyramidales de ces deux zones, fig. »8«. C'est la partie encore myélinisée de toutes les fibres corticipètes prenant part à la constitution de ce plexus qui produit à ce niveau la strie de Baillarger.

Dans la sphère visuelle ces ramifications des fibres corticipètes, ou fibres de la voie optique, s'épanouissent de préférence dans la couche des grains et produisent ainsi la strie de Gennari ou strie de Vicq d'Azyr.

Dans les couches les plus profondes le nombre des fibres mj'-élinisées devient de plus en plus considérable. Elles se réunissent en petits faisceaux, qui traversent radiairement les couches sous-jacentes, et peuvent se pour-

suivre jusclue dans la substance blanche, faisceaux essentiellement formés de fibres corticipètes, thalamo-corticalesj et de fibres corticifuges qui doivent être : ou des /im de projection cortico-thalamiques, cortico-mésencéphaliques,

cortico-protubérantielles, etc. ; ou des fibres commissuraies allant prendre part à la constitution du corps calleux et de la partie postérieure de la commissure blanche antérieure ; ou des fibres d'association allant se rendre dans une région corticale plus ou moins éloignée du même hémisphère.

Ce qui domine donc dans cette structure de l'écorce grise, c'est le nombre considérable de cellules nerveuses qui s'y trouvent tassées en quelque sorte les unes sur les autres, en même temps que la quantité incalculable de fibrilles nerveuses qui- viennent s'}'^ terminer.

Quand on examine la dispositionréciproque de ces éléments nerveux, il y a une chose qui frappe, c'est la différence profonde de struc-

^ tare entre la mince zone

FiG. 38a. ,

Plexus sensitif des circonvolutions motrices du chat superficielle, couche mole- (d'après Cajal).

A : Zone plexiforme.

B : Zone des petites pyramidales.

C et D : Zone des moyennes pyramidahs. E : Zone des pyramidales géantes.

F ; Zone des cellules fusiformes.

a : Fibres corticipètes se terminant dans le plexns île la zone

des pyramidales moyennes.

d : Fibres de Martinotti se terminant dans la zone plexiforme.

culaire ou couche plexiforme, et toute l'épaisseur de la couche des cellules pyramidales, et cela au double point de vue des cellules nerveuses et des fibres ner-

veuses qu'on y rencontre, fig. «83.

Couche moléculaire. Les cellules nerveuses de la couche moléculaire appartiennent exclusivement à des éléments nerveux endogènes ; ce sont des cellules dont les prolongements cylindraxilcs, courts ou longs, se terminent dans la

couche moléculaire elle-même. Elles doivent donc être regardées comme des cellules d'association destinées à veVier entre elles des régions plus ou moins éloignées de l'écorce grise du télencéphale. A côté de ces cellules nerveuses, se trouve un entrelacement inextricable de ramifications protoplasmatiques appartenant au tronc ascendant de toutes les cellules pyramidales, de même qu'un entrelacement de fibrilles nerveuses, appartenant aux cylindre-axes ascendants de cellules des Martinotti éparpillées dans toute l'épaisseur de la

FiG. 283,

Schéma montrant le mode d'articulation des éléments nerveux dans l'écorce grise. A gauche la connexion entre les fibres corticipètes et les cellules pyramidales- A droite, la connexion entre les fibres corticipètes, les cellules de Martinotti,

les cellules endogènes de la zone plexiforme et les cellules pyramidales.

couche des cellules pyramidales. Les fibres corticipètes, venant des centres nerveux inférieurs et principalement" de la couche optique, n'atteignent jamais cette couche moléculaire.

Couc/ie des cellules pyramidales. Les cellules nerveuses de la couche des cellules pyramidales appartiennent, dans leur immense majorité, à des élégients nerveux exogènes : ce sont des cellules nerveuses dont le prolongement cylin-

draxile, centrifuge ou corticifuge, sort de la couche grise pour devenir une fibre constituante de la substance blanche. Ces cellules doivent donc être regardées comme des cellules de projection destinées à relier l'écorce cérébrale soit à des masses grises sous-jacentes, soit à des régions corticales éloignées de l'un ou l'autre hémisphère.

Entre ces éléments nerveux à cylindre-axe long et à conduction corticifuge, se trouvent éparpillés des éléments à cylindre-axe court, cellules d'association reliant entre elles soit les cellules pyramidales d'une même zone, soit les cellules pyramidales de zones superposées, ou bien reliant les cellules pyramidales aux éléments nerveux endogènes de la couche moléculaire.

Quant aux fibres nerveuses qui viennent s'y terminer, ce sont exclusivement des fibres centripètes sortant de la substance blanche et qui viennent se ramifier et se terminer entre les cellules pyramidales de toutes les zones, sans dépasser pourtant la zone des cellules pyramidales moyennes et sans pénétrer par conséquent jusque dans l'épaisseur de la couche moléculaire.

Si, nous basant sur cette structure anatomique, nous essayons d'en déduire la valeur physiologique de chacune de ces deux couches, nous arrivons naturellement à admettre que les excitations centripètes, amenées par les fibres de la substance blanche, s'arrêtent dans la couche des cellules pyramidales. Là, elles peuvent se transmettre directement aux ramifications protoplasmatiques latérales et au corps cellulaire des cellules pyramidales, et se transformer ainsi en excitation centrifuge, que les axones de ces cellules conduiront soit vers les masses motrices inférieures et, par là, jusque dans les muscles périphériques ; soit, par les fibres du corps calleux, à l'écorce grise de l'autre hémisphère ; soit par les fibres d'association à d'autres régions grises du même hémisphère.

Ces excitations centripètes peuvent aussi être transmises à des cellules à cylindre-axe court, qui les transmettront à leur tour à des cellules pyramidales plus nombreuses ou plus distantes, avant de redescendre, comme excitation motrice, vers les centres nerveux inférieurs.

Cette excitation centripète ne peut jamais arriver directement \\isq\x& dans la couche moléculaire. Pour arriver aux éléments constituants de celle-ci, il faut qu'elle soit transmise, dans les zones profondes de l'écorce, à une cellule de Martinotti dont le cylindre-axe ascendant la conduira jusque dans la couche moléculaire. Là, elle sera transmise soit directement aux ramifications protoplasmatiques terminales des cellules pyramidales, soit aux cellules endogènes de cette couche superficielle et, par leur intermédiaire, aux ramifications protoplasmatiques des cellules pyramidales.

Le substratum anatomique des réactions motrices d'origine corticale peut donc être double, fig. «83 : il peut être excessivement simple et se constituer soit d'une fibre corticipète transmettant l'ébranlement nerveux à un nombre limit^de cellules pyramidales et, par là, à un nombre correspondant de fibres corticifuges ; soit d'une fibre centripète se mettant en connexion avec une ou

plusieurs cellules à cylindre-axe court qui transmèttront l'ébranlement reçu à un nombre plus ou moins considérable de cellules pyramidales appartenant à des zones différentes et, par leur intermédiaire, à un nombre également considérable de fibres centrifuges. C'est ce qui se passe, ou peut se passer, dans la couche des cellules pyramidales. Dans ces cas la couche moléculaire n'intervient pas dans la réaction motrice.

Le substratum anatomique peut avoir une structure beaucoup plus complexe et se constituer par les ramifications terminales d'une fibre centripète dans la couche des cellules pyramidales, une cellule de Martinotti transmettant l'ébranlement nerveux jusque dans la couche moléculaire, une cellule endogène de cette couche superficielle se mettant en contact avec les ramifications protoplasmatiques d'un nombre plus ou moins considérable de cellules pyramidales, les axones ou fibres centrifuges nées de ces cellules elles-mêmes.

Il résulte de ces considérations que, si nous devons distinguer dans l'écorce grise deux zones distinctes par leurs caractères anatomiques, nous pouvons aussi y distinguer, en nous basant sur leurs connexions probables, deux zones distinctes par leur valeur physiologique. L'une serait-elle la zone anatomique des réflexes d'origine corticale et l'autre la zône anatomique de l'activité cérébrale la plus élevée, l'activité psychique ou consciente ? C'est là un problème difficile à résoudre. Quoiqu'il en soit, la substance grise de la zône jnoléculaire nous paraît devoir être considérée comme appartenant à des centres nerveux, supérieurs, comme centres fonctionnels, aux centres localisés dans la substance grise de la zône des cellules pyramidales.

Ces considérations théoriques, basées uniquement sur le mode de superposition des éléments nerveux dans l'écorce grise, trouvent un appui dans ce fait anatomo-pathologique, signalé depuis longtemps, c'est que, dans un bon nombre d'affections cérébrales et notamment la paralysie générale, on observe une diminution plus ou moins considérable dans le nombre des fibres tangentielles de l'écorce, fibres qui ne sont rien d'autre que les ramifications cylindraxiles des cellules de Martinotti et les axones des cellules endogènes de la couche moléculaire. Leur disparition, si les idées exprimées plus haut sont exactes, doit donc mettre hors de fonction la zône moléculaire, que l'on pourrait appeler peut être zône psychique, pour laisser plus ou moins intacte la couche sous-jacente ou zône corticale réflexe.

La substance blanche.

La substance blanche du cerveau terminal est formée essentiellement de fibres nerveuses et de cellules de neuroglie.

On divise les fibres nerveuses en trois groupes :

1° Des fibres qui relient l'un à l'autre des points identiques des deux hémisphères cérébraux ou fibres commissurales.

20 Des fibres plus ou moins longues qui relient l'un à l'autre deux points différents d'un même hémisphère cérébral ou fibres d'association. 24

3" Des fibres qui relient la substance grise corticale d'un hémisphère à la substance grise d'une partie inférieure de l'axe cérébro-spinal ou fibres de projection.

Fibres commissurales. Les fibres commissurales constituent le corps calleux, la commissure blanche antérieure et le psaltêrium ou commissure des cornes d'Ammon.

Corps calleux. Le corps calleux est cette lame épaisse de substance blanche que l'on trouve au fond de la grande fissure médiane interhémisphérique et qui forme le principal moyen d'union des deux hémisphères cérébraux. Toute cette lame blanche est formée de fibres commissurales. Pour se faire une idée du nombre incalculable de fibres nerveuses qui relient ainsi entre elles les différentes régions des deux hémisphères cérébraux, il suffit de comparer la section du nerf optique à la section du corps calleux et de se souvenir que la surface de section du nerf optique chez l'homme mesure environ g millimètres carrés et que ce nerf renferme, en moyenne, d'après les recherches de Salzer, 488000 fibres nerveuses.

Les fibres du corps calleux ont leur origine dans certaines cellules pyramidales de la couche corticale grise de l'un ou l'autre hémisphère cérébral et se terminent, par des ramifications libres, dans la couche des cellules pyramidales de l'hémisphère du côté opposé, fig. 384. Ces fibres calleuses ne représentent cependant pas toutes les prolongements cylindraxiles des cellules pyramidales, un grand nombre de ces fibres commissurales doivent être considérées comme des branches collatérales nées des fibres de projection.

Commissure blanche antérieure et psaltêrium. La commissure blanche antérieure et la commissure des cornes d'AMMON sont des faisceaux de fibres nerveuses situés, l'un, entre la lame terminale et les piliers antérieurs de la voûte à trois piliers ; l'autre, entre les piliers postérieurs du trigone cérébral. Elles forment des parties constitutives du rhinencéphale. Fibres d'association. Elles servent à relier, dans un même hémisphère cérébral, deux régions de l'écorc€ plus ou moins éloignées. On les divise en deux groupes : les fibres courtes et les fibres longues, fig. «85.

fibres courtes relient l'un à l'autre deux points plus ou moins rapprochés. Elles sont situées immédiatement en dessous de l'écorce grise.

fibres longues sont réunies en plusieurs faisceaux plus ou moins distincts. On décrit généralement :

10 Le faisceau longitudinal supérieur, formé de fibres qui relient l'écorce grise du lobe frontal à l'écorce grise du lobe occipital et du lobe temporal.

Fig. 384.

Origine et terminaison des fibres du corps calleux.

20 l^e faisceau longitudinal inférieur, étendu entre le lobe occipital et la pointe

du lobe temporal. .

30 Le faisceau de l'ourlet ou faisceau arqué, formé de fibres nerveuses à du-ection antéro-postérieure-qui suivent le trajet de la circonvolution du corps calleux et s'étendent du lobe frontal au lobe temporal.

40 Le faisceau unciforme, reliant l'écorce grise de la circonvolution frontale inférieure à la pointe du lobe temporal en contournant le fond de la fissure de Sylvius.

Ces fibres d'association représentent soit les prolongements cylindraxiles de certaines cellules pyramidales de l'écorce cérébrale, soit surtout des

FiG. 885,

Schéma montrant la disposition des fibres d'association dans chaque

hémisphère cérébral.

branches collatérales nées de ces prolongements cylindraxiles. Elles se terminent par des ramifications libres dans la couche des cellules pyramidales.

Fibres de projection. On désigne sous le nom de fibres de projection toutes les fibres nerveuses qui unissent l'écorce grise du cerveau terminal à une des masses grises sous-jacentes : couches optiques et corps genouillés du cerveau intermédiaire, noyaux gris du cerveau moyen, écorce grise et masses grises centrales du cervelet, noyaux d'origine ou de terminaison des nerfs périphériques de la protubérance annulaire, de la moelle allongée ou de la moelle épinière.

FiG. 380,

Les sphères sensorielles ou centres de projection et les centres d'association

(d'après Flechsig).

FiG. «87.

Les sphères sensorielles ou centres de projection et les centres d'association

(d'après Flechsig).

/: Sphère tactile. fV- Sphère olfactive.

// : Sphère visuelle. « : Centre d'association antérieur.

/// : Sphère auditive. 6 : Grand centre d'association postérieur.

On a admis pendant longtemps que ces fibres proviennent des différents points de l'écorce grise d'un hémisphère et convergent en rayonnant vers la couche optique et la capsule interne. D'après les recherches importantes de Flechsig, ces fibres de projection proviennent, sinon exclusivement au moins en majeure partie, de quatre zones spéciales constituant ce que Flechsig appelle les sphères sensorielles ou les centres de projection, fig. »80 et itS7 : la sphère tactile correspondant aux circonvolutions centrales et aux parties voisines des circonvolutions frontales; la sphère visuelle comprenant la partie de l'écorce cérébrale voisine de la fissure calcarine ; la sphère auditive localisée dans la partie moyenne de la première circonvolution temporale et la sphère olfactive siégeant dans la circonvolution de l'hippocampe. De ces diverses régions corticales partent des fibres nerveuses dont un grand nombre rayonnent vers la capsule interne. Toute l'étendue du bras antérieur de cette capsule est occupée par des fibres destinées à la couche optique, Jibres cortico-thalamiques, qui constituent une partie de la couronne rayonnante de la couche optique. Les autres vont constituer la substance blanche du bras postérieur de la capsule interne ; elles passent alors dans le cerveau moyen pour se rendre finalement dans une des masses grises situées plus bas.

Les fibres qui passent par le bras postérieur de la capstile interne appartiennent à deux groupes.

a ) Les unes, motrices, représentent les prolongements cylindraxiles descendants d'un grand nombre de cellules pyramidales de l'écorce grise qui recouvre la circonvolution centrale antérieure et le lobule paracentral. Elles occupent le point de réunion des deux, bras de la capsule interne, appelé genou, et toute la partie lenticulaire du bras postérieur. P211es pénètrent dans le cerveau moyen, passent ensuite dans le pont de Varole, le myélencéphale et la moelle épinière et vont se terminer, par des ramifications libres, dans les noyaux d'origine de tous les nerfs moteurs périphériques.

h) Les autres, sensitives, représentent les prolongements cylindraxiles ascendants des cellules nerveuses de la couche optique, fibres thalamo-corticales faisant suite pliis que probablement aux fibres de la voie sensitive médullothalamique, de la voie sensitive bulbo-thalamique et de la voie olivo-thalamique. Ces fibres passent également par le bras postérieur de la capsule interne et vont se terminer, par des raihifications libres, dans l'écorce grise de la partie postérieure de la sphère tactile.

Un bon nombre de fibres de projection ne passent pas par la capsule interne proprement dite. Ce sont, d'une part, les fibres ascendantes de la voie optique diencéphalo-corticale, formée par les prolongements cylindraxiles des cellules nerveuses du corps genouillé interne se rendant dans la sphère visuelle. Ce sont, d'autre part, les fibres ascendantes de la voie acoustique diencéphalo-corticale et qui relient le corps genouillé interne à la sphère auditive.

Le rhinencéphale.

Le rhinencéphale forme une partie importante du cerveau terminal de l'homme. A première vue il semble se réduire au bulbe olfactif, à la bandelette olfactive avec le trigone olfactif et aux deux racines ou stries olfactives qui en dépendent. Ce sont là, d'ailleurs, les seules parties du télencéphale qui paraissent en connexion immédiate avec les filets olfactifs quand on étudie la conformation extérieure de l'encéphale. Le rhinencéphale présente cependant un développement beaucoup plus considérable, mais ses diverses parties constitutives se confondent plus ou moins intimement avec les parties voisines du télencéphale de sorte que, sur le cerveau de l'homme, il est difficile de lui assigner des limites exactes.

Le bulbe olfactif.

Le bulbe olfactif est une petite masse ovoïde de substance nerveuse que l'on trouve à la face inférieure du lobe frontal du cerveau terminal. Il est situé dans la partie antérieure du sillon olfactif et repose sur la face supérieure de la lame criblée de l'ethmoïde. C'est par les petits trous percés dans cette lame que passent les filets du nerf olfactif pour se rendre dans le bulbe.

Le bulbe olfactif est formé de trois couches plus ou moins distinctes qui sont, en allant de dehors en dedans, fig. 288 :

1° La couche des fibrilles olfactives, couche superficielle très mince formée par les faisceaux entrelacés des fibres nerveuses olfactives périphériques.

2° La couche des cellules mitrales, ou couche moyenne, excessivement riche en cellules nerveuses de forme triangulaire à sommet supérieur et à bords latéraux arrondis. C'est cette forme spéciale du corps cellulaire qui a fait donner à ces cellules le nom de cellules mitrales-

3o La couche des fibres nerveuses centrales, ou couche interne de substance blanche, formée par des faisceaux de fibres nerveuses entremêlés avec des amas de cellules que l'on a désignées sous le nom de grains.

La structure de chacune de ces couches mérite de nous arrêter quelques instants.

1° La couche des fibrilles olfactives. Les fibres nerveuses qui constituent cette couche superficielle représentent les prolongements cylindraxiles des éléments nerveux olfactifs périphériques. Nous verrons bientôt, en étudiant le nerf olfactif, que les fibres constitutives de ce nerf ont leurs cellules d'origine dans l'épithélium même de la muqueuse olfactive. Ce sont des cellules bipolaires enclavées entre les cellules épithéliales. Le prolongement périphérique, gros et court, arrive jusqu'à la surface libre de la muqueuse, tandis que le prolongement interne, long et grêle, devient le cylindre-axe d'une fibrille olfactive. Les fibrilles olfactives, réunies en faisceaux plus ou moins volummeux.

parcourent la sous-muqueuse, passent par les orifices de la lame criblée de l'ethmoïde et gagnent ainsi la couche superficielle du bulbe olfactif. Là, ces faisceaux de fibrilles se divisent, se subdivisent et s'entrecroisent dans tous les sens. Les fibrilles qui les constituent s'écartent les unes des autres, pénètrent dans la couche des cellules mitrales, où elles se terminent dans les glomérules olfactifs. Arrivée dans ces glomérules, chaque fibrille olfactive se divise et se subdivise un grand nombre de fois, de façon à produire une arborisation assez complexe de branches terminales indépendantes.

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hjiie. des

\coiuha.

FiG. «88.

Les principaux éléments constitutifs du bulbe olfactif d'un mammifère.

2° La couche des cellules mitrales. Cette couche a une structure beaucoup plus compliquée. Nettement séparée de la couche interne par une rangée continue de cellules nerveuses volumineuses connues sous le nom de cellules mitrales, elle présente une limite externe beaucoup moins précise. A la limite de la couche moyenne et de la couche superficielle, on trouve une série de masses granuleuses plus ou moins arrondies et de volume variable, connues sous le nom de glomérules olfactifs.

A. Cellules mitrales. Ce sont des cellules nerveuses volumineuses, de forme triangulaire, placées en série continue à la limite interne de la couche moyenne.

Du sommet interne du corps de ces cellules part le prolongement cylindraxile. Celui-ci pénètre verticalement dans la couche interne, où il devient le cylindre-axe d'une fibre centrale.

Des angles latéraux du corps cellulaire partent un grand nombre de prolongements protoplasmatiques. Ils pénètrent horizontalement dans la substance grise voisine, où ils peuvent être poursuivis sur une longueur souvent considérable; ils émettent pendant ce trajet de courtes branches collatérales et finissent librement en s'entrelaçant avec les prolongements des cellules voisines.

De la base du corps cellulaire sort un prolongement protoplasmatique beaucoup plus volumineux. Celui-ci traverse plus ou moins verticalement toute l'épaisseur de la couche moyenne et pénètre dans un glomérule olfactif. Là, il se divise et se subdivise un grand nombre de fois à des distances très rapprochées et donne ainsi naissance à une arborisation très complexe, dont les branches courtes, épaisses et moniliformes se terminent d'ordinaire par un épaississement libre.

B. Glomérules olfactifs. Les glomérules olfactifs reçoivent donc, d'une part, les ramifications terminales du prolongement protoplasmatique descendant d'une cellule mitrale et, d'autre part, les ramifications terminales d'un grand nombre de fibrilles olfactives ou prolongements cylindraxiles des cellules bipolaires de la muqueuse olfactive. Toutes ces fibrilles et toutes ces ramifications entremêlées donnent à ces glomérules leur aspect caractéristique.

3° La couche des fibres centrales nerveuses. Cette couche est la plus épaisse des trois couches constitutives du bulbe olfactif. Les fibres qui la constituent représentent, en partie, les prolongements cylindraxiles des cellules mitrales, en partie aussi les fibres commissurales reliant l'un à l'autre les deux bulbes olfactifs en passant par la commissure antérieure.

Les ramifications terminales des prolongements cylindraxiles des cellules bipolaires de la muqueuse olfactive, ou neurones olfactifs périphériques appelés encore neurones olfactifs de premier ordre, et les cellules mitrales avec leurs prolongements protoplasmatiques descendants et leurs cylindre-axes ascendants, ou neurones olfactifs des centres appelés encore neurones olfactifs de deuxième ordre, constituent donc les deux éléments essentiels du bulbe olfactif.

C'est dans le bulbe olfactif qu'apparaît, avec toute la clarté et toute la netteté désirable, le mode de superposition des éléments nerveux sensitifs et la façon dont ces éléments doivent agir l'un sur l'autre.

Le neurone olfactif périphérique a sa cellule d'origine en dehors de l'axe cérébro-spinal, son prolongement cylindraxile s'y termine. Le neurone olfactif

des centres a sa cellule d'origine dans l'axe cérébro-spinal, ses prolongements protoplasmatiques sont descendants, son prolongement cylindraxile est ascendant. Le contact entre le neurone périphérique et le neurone central se fait dans les glomérules olfactifs; là, le prolongement cylindraxile du neurone périphérique rencontre les prolongements protoplasmatiques du neurone central.

Cette disposition est la même pour tous les autres éléments sensitifs, qu'ils pénètrent dans la moelle épinière ou dans une des parties supérieures de l'axe cérébro-spinal ; mais à cause de la complexité de structure des autres parties de l'axe nerveux, cette disposition y paraît avec beaucoup moins d'évidence.

La bandelette olfactive. Le trigone olfactif. Les stries olfactives,

La bandelette olfactive, excessivement réduite dans le rhinencéphale de l'homme, est formée essentiellement de fibres nervçuses appartenant à deux groupes : des fibres centripètes représentant les prolongements cylindraxiles des cellules mitrales du bulbe et des fibres centrifuges allant se terminer, par des ramifications libres, entre les prolongements protoplasmatiques latéraux des cellules mitrales.

Arrivées à l'extrémité postérieure de la bandelette olfactive, c'est-à-dire au niveau du trigone ou du tubercule olfactif, les fibres constitutives de la bandelette se divisent en deux groupes : les unes se rendent dans la commissure antérieure, les autres vont constituer les racines ou les stries olfactives qui vont se rendre directement vers l'extrémité antérieure de la circonvolution de l'hippocampe, pour s'y terminer dans la couche moléculaire.

Nerf olfactif.

Le nerf olfactif constitue la première paire des nerfs crâniens. C'est un nerf sensitif.

Les fibres constitutives de ce nerf ont leurs cellules d'origine dans la muqueuse olfactive, sous forme de cellules bipolaires enclavées entre les cellules épithéliales, FiG. «89. Le prolongement périphérique de chacune de ces cellules nerveuses, épais et irrégulier, arrive jusqu'à la surface libre de la muqueuse, où il se termine par un ou deux petits filaments ou cils qui dépassent le niveau de la muqueuse. Il représente le prolongement protoplasmatique ou prolongement à conduction cellulipète. Le prolongement interne est beaucoup plus grêle ; c'est le prolongement cylindraxile ou prolongement à conduction cellulifuge.

FiG. «8».

Quelques cellules nerveuses bipolaires de la muqueuse olfactive de la souris blanche.

Celui-ci traverse la partie inférieure de l'épithôlium et arrive dans la sousmuqueuse, où il devient le cylindre-axe d'une fibrille olfactive. Ces fibrilles parcourent la sous-muqueuse et se réunissent les unes aux autres pour former des faisceaux nerveux plus ou moins épais ; ils traversent alors les ti-ous de la lame criblée de l'ethmoïde, pénètrent dans la face inférieure du bulbe olfactif et s'y terminent, par des ramifications libres, dans les glomérules olfactifs.

Les cellules olfactives occupent, chez l'homme, une région assez limitée de la paroi des fosses nasales. On les trouve uniquement dans la muqueuse qui recouvre la partie moyenne du cornet supérieur et la partie correspondante de la cloison des fosses nasales.

Outre les cellules bipolaires de la muqueuse olfactive, qui sont donc les cellules d'origine des fibres des nerfs olfactifs, on trouve encore, dans cette muqueuse, des terminaisons nerveuses intraépithéliales libres. Ces fibrilles nerveuses sont les ramifications terminales de fibres sensitives appartenant au nerf trijumeau.

Considérations générales.

La subdivision de l'écorce cérébrale en zones de projection et en zones d'association a une importance considérable au point de vue pratique.

Les zones d' associaiion sont plus que probablement les régions de l'écorce auxquelles sont dévolues les fonctions psychiques, si pas d'une façon exclusive au moins d'une façon prédominante. La mise hors de fonction de ces zones corticales, pour autant qu'elle respecte les régions voisines et les fibres qui en proviennent, peut ne pas se traduire au dehors par des symptômes cliniques objectivement constatables. Aussi désigne-t-on pour ce motif ces parties grises du télencéphale sous le nom de zones silencieuses. Elles correspondent aux trois quarts si pas aux quatre cinquièmes de la surface libre des deux hémisphères.

Application pratique. Cette disposition anatomique explique ce fait clinique étrange au premier abord, c'est que des lésions destructives souvent très étendues peuvent exister dans ces régions cérébrales, surtout si elles se sont développées lentement et insidieusement, sans que l'examen clinique le mieux conduit puisse être en état d'en faire soupçonnner l'existence.

Les zones de projection de l'écorce sont, au point de vue pratique, les plus importantes et cela parce que, étant en connexion étroite avec des fonctions de motilité et des fonctions de sensibilité, les lésions survenues dans ces régions grises, quelque petites qu'elles soient, se traduiront toujours au dehors par un trouble facilement constatable par nos sens.

Parmi les zônes de projection il y en a trois qui sont exclusivement en rapport avec les organes des sens :

la sphère visuelle, zone de .projection corticale de la moitié temporale de la rétine correspondante et de la moitié nasale de la rétine du côté opposé ; c'est là qu'aboutissent les fibres diencéphalo-corticales de la voie optique, mieux connues sous le nom de fibres de la radiation optique ;

la sphère auditive, zone de projection corticale de l'organe de Corti du côté opposé, reliée au corps genouillé interne du côté correspondant par les fibres diencéphalo-corticales de la voie acoustique ;

la sphère olfactive où aboutissent toutes les impressions de sensibilité recueillies par la muqueuse olfactive du côté correspondant.

Applications pratiques. Les lésions qui peuvent intéresser ces zônes de projection peuvent être ou des lésions irritatives ou des lésions destructives.

Les lésions irritatives peuvent donner naissance à des hallucinations visuelles, acoustiques ou olfactives d'après la région qu'elles intéressent.

Les lésions destructives d'une sphère visuelle se traduisent cliniquement par de l'hémianopsie homonyme, absolument comme la lésion destructive unilatérale de n'importe quelle partie des voies optiques depuis le chiasma optique jusqu'à l'écorce grise du lobe occipital. L'hémianopsie homonyme d'origine corticale ou sous-corticale se différencie de l'hémianopsie basale par la persistance, dans le premier cas, du réflexe pupillaire à la lumière.

La lésion destructive de la partie moyenne de la première circonvolution temporale doit entraîner, théoriquement, la surdité du côté opposé. Les faits cliniques semblent démontrer pourtant que, dans les cas de lésion unilatérale, la surdité n'est que transitoire. Nous devons en conclure que chaque organe de Corti est en connexion avec la sphère auditive des deux hémisphères cérébraux, bien que les voies anatomiques qui établissent ces connexions ne nous soient pas connues. Ces connexions pourraient se faire par l'intermédiaire des fibres du corps calleux.

La lésion destructive de la sphère olfactive entraîne de Vanosmie du côté correspondant.

La sphère tactile est, au point de vue anatomique, la zone de projection la plus étendue ; elle est , au point de vue physiologique, une zone mixte en rapport avec des fonctions de sensibilité et des fonctions de motilité. On l'a désignée pendant longtemps sous le nom de zone sensitivo -motrice. Les recherches de ces dernières années ont montré que cette zône peut être divisée en deux parties nettement différentes aussi bien anatomiquement que physiologiquement.

Toute la partie située en arrière du sillon de Rolando, c'est-à-dire la circonvolution centrale postérieure et la partie correspondante du lobule paracentral, est une zône de sensibilité : la zône de projection corticale de la sensibilité générale aussi bien superficielle que profonde. C'est une véritable sphère tactile, l'homologue de la sphère visuelle, de la sphère auditive et de la sphère olfactive.

Applications pratiques. Les lésions irritatives de cette sphère tactile peuvent donner naissance à une exagération de la sensibilité normale qui se traduit extérieurement par de la douleur. Cette douleur d'origine corticale peut s'observer dans les diverses affections qui intéressent la circonvolution centrale postérieure ou les parties immédiatement voisines.

Les Usions destructives de la circonvolution centrale postérieure se manifestent rarement par des troubles objectifs de la sensibilité superficielle. Elles se traduisent cliniquement par la perte de la faculté de reconnaître les objets, les yeux fermés, ce que l'on désigne sous le nom de perte du sens stéréognosique, siéréoagnosie ou agnosie tactile de palpation,

La partie de la zone sensitivo-motrice située au-devant du sillon de RoLANDO, c'est-à-dire la circonvolution centrale antérieure et la partie correspondante du lobule paracentral, préside exclusivement à des fonctions motrices. C'est la seule sphère motrice de l'écorce, à laquelle les sphères sensibles doivent être reliées par des faisceaux plus ou moins volumineux de fibres d'association. Cette zone motrice préside à l'innervation corticale de tous les muscles striés du côté opposé du corps, et cela de telle façon que le centre cortical des muscles de la face, de la langue, du pharynx et du larynx se trouve dans le tiers inférieur de la circonvolution précentrale ; le centre cortical de tous les muscles du membre supérieur occupe le tiers moyen de la même circonvolution, tandis que le tiers supérieur et la partie voisine du lobule paracentral forment le centre cortical de tous les muscles du membre inférieur.

Un fait important à faire ressortir c'est que cette innervation corticale n'est pas une innervation anatomique ou musculaire, mais bien une innervation physiologique ou fonctionnelle. De par notre écorce cérébrale nous ne pouvons pas produire des contractions musculaires, mais exclusivement des mouvements. De plus cette innervation corticale est une innervation lentement acquise par l'exercice, innervation qui varie d'un individu à l'autre et qui est susceptible de perfectionnement.

Applications pratiques. Les Usions irritatives qui intéressent l'un ou l'autre point de cette zone motrice se traduisent cliniquement par une exagération de leur activité normale, c'est-à-dire par des mouvements cloniques dans les muscles du côté opposé du corps. Ces mouvements cloniques peuvent être limités à un seul muscle ou à un groupe de muscles lorsque la lésion est elle-même limitée. Ils peuvent s'étendre à tous les muscles du côté opposé, lorsque la lésion est étendue. Ces convulsions cloniques sont la marque caractéristique de ce que l'on désigne sous le nom d'épilepsie jachsonienne. Le groupe de muscles primitivement atteint correspond au point de l'écorce le plus vivement irrité, de telle sorte que la connaissance exacte du début, dans un cas d'épilepsie jacksonienne, est de la plus haute importance au point de vue du diagnostic de siège.

Les lésions destructives de l'écorce se traduisent au dehors par la perte de la motilité volontaire dans les groupes musculaires correspondants. A cause de la grande étendue de la zone motrice, les lésions destructives n'intéressent généralement cette zone que partiellement, entraînant cliniquement des paralysies limitées connues sous le nom de monoplégies : monoplégie litiguofaciale, brachiale ou crurale suivant que la lésion intéresse le tiers inférieur, le tiers moyen ou le tiers supérieur de la circonvolution précentrale.

Ces paralysies d'origine corticale ne sont jamais accompagnées de réaction de dégénérescence. L'atrophie, si elle survient, est toujours tardive. De plus, à côté de la paralysie on constate, dans le membre atteint, l'exagéi'ation des réflexes tendineux et l'abolition des réflexes cutanés supérieurs.

De la zone motrice corticale partent les fibres descendantes de la voie motrice. Celles-ci convergent toutes les unes vers les autres de façon à se réunir en un faisceau compact qui va traverser le genou et le bras postérieur de la capsule interne.

Les lésions de la substance blanche des hémisphères cérébraux ne se traduisent jamais au dehors par des phénomènes d'irritation comme les lésions corticales, mais toujours par des phénomènes de déficit. La disposition anatomique des fibres motrices descendantes permet de comprendre pourquoi des lésions qui avoisinent la substance grise peuvent donner naissance à des paralysies limitées ou des monoplégies comme les lésions corticales, tandis que les lésions qui avoisinent la capsule interne et celles qui intéressent les fibres du bras postérieur de cette capsule elle-même produisent presque toujours des paralysies étendues, de véritables hémiplégies plus ou .moins complètes.

Toutes ces paralysies d'origine cérébrale sont accompagnées d'exagération des réflexes tendineux et d'abolition des réflexes cutanés supérieurs, par mise hors de fonction des fibres cortico-spinales. Les muscles paralysés ne présentent ni réaction de dégénérescence, ni atrophie notable et cela à cause de l'intégrité du neurone moteur périphérique.

Ces fonctions de motilité et de sensibilité dévolues aux diverses zônes de projection du cerveau sont des fonctions communes aux deux hémisphères. Chaque hémisphère cérébral tient, en effet, sous son influence, si pas d'une façon exclusive au moins d'une façon prédominante, la motilité de tous les muscles de la vie animale et la sensibilité sous toutes ses formes du côté opposé du corps.

A côté de ces fonctions communes, inhérentes en quelque sorte à la constitution anatomique de nos centres nerveux, il se forme encore dans le cours du développement de chaque individu, dans l'hémisphère gauche chez le droitier et dans l'hémisphère droit chez le gaucher, des centres particuliers en rapport intime avec le langage, centres qui occupent une vaste étendue de

l'écorce cérébrale, depuis le pied de la circonvolution frontale inférieure jusqu'au pli courbe et que l'on désigne généralement sous le nom de zone du langage.

Le langage, dans son sens le plus large, comprend tous les actes qui permettent à l'homme de communiquer avec ses semblables : parole parlée, parole écrite, langage musical, langage digital (optique pour les sourds-muets, tactile pour ceux qui sont à la fois sourds, muets et aveugles). On peut même y faire rentrer le langage par gestes des nègres (pantomimie) et la mimique.

Tous ces moyens de communication des individus entre eux sont des fontions de l'écorce du cerveau gauche, lentement acquises par l'exercice et par l'éducation.

La parole parlée et la parole écrite sont cependant les plus importantes de ces fonctions.

Pour communiquer avec ses semblables au moyen de [sl parole parlée, l'individu doit comprendre le sens des mots parlés qui lui sont adressés et pouvoir à son tour exprimer ses idées par des mots.

La compréhension des mots s'est acquise lentement dans le cours du développement de l'individu. Elle se localise dans une partie de l'écorce, indépendante de la sphère auditive, qui forme le centre des images auditives des mots, centre localisé dans le tiers postérieur de la première circonvolution temporale.

Pour articuler des mots nous devons mettre en mouvement les muscles de la façe, de la langue, du pharynx et du larynx, qui ont leur centre cortical dans le tiers inférieur de la circonvolution centrale antérieure. Mais le souvenir des mouvements d'articulation nécessaires au langage parlé s'amasse dans la partie postérieure de la circonvolution frontale inférieure, qui devient ainsi le centre de la parole articulée ou centre des images motrices d' articulation. Ces deux centres, centre des images auditives verbales et centre de la parole articulée, sont en connexion étroite l'un avec l'autre.

Applications pratiques. La destruction du tiers postérieur de la première circonvolution temporale gauche entraînera donc la perte de la compréhension des mots parlés, alors que l'ouïe est absolument intacte. C'est ce que l'on désigne sous le nom de surdité verbale. Le centre cortical correspondant porte encore pour ce motif le nom de centre de la surdité verbale.

La destruction de la partie postérieure de la troisième circonvolution frontale entraîne la perte complète du langage articulé, alors que la motilité de tous les muscles du langage est intacte. C'est Vaphasie motrice ou aphasie de Broca.

L'aphasie motrice peut exister seule sans trouble aucun du côté de la compréhension des mots. Il n'en est pas de même de la surdité verbale qui est toujours accompagnée de certains troubles du côté du langage, malgré l'intégrité du centre de Broca. Ces troubles consistent dans de la paraphasic, soit

■paraphasie verbale, on emploi des mots indistinctement les uns pour les autres, soxt paraphasie littérale, ou altération dans l'articulation des mots de telle sorte qu'il en résulte un langage incompréhensible désigné souvent sous le nom de jargonaphasie. Ces troubles ne sont que la conséquence de la surdité verbale, puisque par là le malade se trouve dans l'impossibilité de se contrôler luimême.

Pour communiquer avec ses semblables au moyen de la parole écrite, l'individu doit comprendre le sens des mots écrits ou imprimés et pouvoir à son tour exprimer sa pensée par l'écriture.

La reconnaissance des lettres et la compréhension du sens des mots se sont acquises lentement par l'exercice de la vue. L'image en tant qu'image s'est projetée dans la sphère visuelle. Le souvenir des images visuelles des mots, avec le sens y attaché, s'est localisé dans l'écorce cérébrale en dehors de la sphère visuelle, au niveau du pli courbe ou partie inférieure du lobule pariétal inférieur.

Pour écrire des mots, nous devons mettre en mouvement les muscles du membre supérieur droit qui ont leur centre cortical dans la partie moyenne de la circonvolution centrale antérieure. Mais le souvenir des mouvements nécessaires pour écrire des lettres et des mots s'est localisé, d'après certains auteurs, dans une partie voisine de l'écorce cérébrale, la partie postérieure de la deuxième circonvolution frontale.

Ces deux centres : centre des images visuelles des lettres et des mots et centre de l'écriture sont en connexion étroite.

Applications pratiques. La destruction du premier produit la perte [de la compréhension des mots écrits : c'est la cécité verbale ou alexie, entraînant presque inévitablement de la paragraphie. La destruction du pied de la deuxième circonvolution frontale entraîne l'abolition complète de l'écriture ou Vagraphie.

Tous ces troubles du langage sont désignés sous le nom générique d'aphasies.

Les aphasies se laissent subdiviser en deux grands groupes : les aphasies centripètes ou sensorielles et les aphasies centrifuges ou motrices.

Les aphasies sensorielles comprennent la surdité verbale et la cécité verbale. Les aphasies motrices sont l'aphasie de Broca et l'agraphie.

Ces diverses aphasies peuvent exister soit isolément, soit d'une façon plus ou moins combinée. Il y aura donc des aphasies totales et des aphasies partielles. Tout dépend du siège et de l'étendue de la lésion corticale.

Comme tous ces centres corticaux sont reliés entre eux et reliés aux centres moteurs des deux tiers inférieurs de la circonvolution centrale antérieure, on comprend aisément que toute aphasie n'est pas nécessairement liée à une lésion corticale et qu'elle peut être produite également par une lésion sous-corticale. Des troubles du langage peuvent même être dûs à des lésions intéressant les fibres

d'association des différents centres du langage. Dans ces conditions on peut parler ô! aphasie transcorticale.

Mais l'hémisphère cérébral gauche ne diffère pas seulement de l'hémisphère cérébral droit par la localisation, dans le premier, au moins chez le droitier, des centres du langage. Il en difière encore par l'influence beaucoup plus grande qu'il exerce sur tous les mouvements volontaires des deux côtés du corps.

C'est ainsi que, dans certains cas de lésion de l'hémisphère gauche ayant entraîné de l'hémiplégie droite, on peut voir survenir, dans le membre supérieur gauche, des troubles de motilité qui ne deviennent apparents que quand on demande au malade de faire certains mouvements déterminés, tels que : montrer le poing, faire un pied de nez, allumer un cigare, etc. Ces troubles sont tels que l'exécution du mouvement demandé est ou impossible, ou défectueuse. Ils ont été désignés par Liepmann sous le nom d'apraxie, voulant indiquer par là l'incapacité de mouvoir les membres conformément à un but proposé, et cela malgré l'intégrité complète de l'innervation corticale.

Pour que l'apraxie puisse se produire il n'est pas indispensable que l'homme soit atteint d'hémiplégie droite, car l'apraxie peut exister sans hémiplégie. La seule condition indispensable est une lésion de l'hémisphère gauche dans une région encore mal déterminée, qui occupe probablement le voisinage des centres sensitivo-moteurs, les isolant plus oti moins complètement des centres visuels, acoustiques et autres avec lesquels ils sont en connexion étroite. Pour expliquer par cette lésion cérébrale gauche l'apraxie dans le membre supérieur gauche, Liepmann admet que de l'hémisphère gauche partent des fibres calleuses qui se rendent dans les centres moteurs de l'hémisphère droit et de là dans les membres du côté gauche.

Tout cela démontre donc bien la haute influence qui revient au cerveau gauche dans les actes ordinaires de la vie et dans tout ce qui permet à l'homme de se mettre en rapport avec ses semblables.

Cette influence a été acquise, en partie par hérédité, en partie aussi par l'éducation et par l'exercice pendant les premières années du développement de l'individu. Cette influence prédominante d'un hémisphère cérébral sur l'autre revient, en effet, à l'hémisphère droit chez les gauchers.

Les deux hémisphères cérébraux sont donc, au début de la vie individuelle, également aptes à remplir le rôle prépondérant que, par hérédité et par éducation, nous réservons généralement à l'hémisphère gauche. Cela étant, on peut se demander s'il ne serait pas plus rationnel de développer par l'exercice les deux hémisphères en rendant tous les enfants ambidextres, leur réservant ainsi, dans les cas de lésion cérébrale unilatérale, une innervation corticale suffisante pour faire face aux nécessités de la vie.

La circulation du télencéphale.

Circulation artérielle.

Au cerveau terminal aboutissent, de chaque côté, deux artères volumineuses : Vartère carotide inierne, branche de bifurcation de l'artère carotide primitive, et Varière cérébrale postérieure, branche terminale du tronc hasilaire provenant de la réunion des deux artères vertébrales.

Les artères vertébrales proviennent des artères sous-clavières, décrivent un trajet flexueux en passant par les trous transversaires des apophyses transverses des vertèbres cervicales, et se recourbent deux fois sur elles-mêmes avant d'arriver au trou occipital et de pénétrer par là dans la boite crânienne. Sur la face antérieure de la moelle allongée, ces deux artères se réunissent en un tronc volumineux, le tronc basilaire, qui s'étend jusque un peu au-dessus du bord supérieur de la protubérance annulaire, où il se divise en deux branches terminales : les artères cérébrales postérieures.

Les artères carotides internes forment les branches externes de bifurcation des deux artères carotides primitives. Chaque artère monte verticalement dans la région du triangle pharyngo-maxillaire sans fournir de branches collatérales. Elle arrive ainsi à la base du crâne, pénètre dans le canal carotidien dont elle suit la direction : elle monte donc d'abord verticalement en haut, puis se recourbe horizontalement en avant et entre dans la boîte crânienne. Elle parcourt la gouttière carotidienne située de chaque côté de la selle turcique, étant renfermée dans le sinus caverneux, et arrive ainsi en dessous de l'apophyse clinoïde antérieure. Là, elle se recourbe verticalement en haut, traverse la dure-mère et arrive à la base du cerveau terminal, où elle se divise en deux branches : Vartère cérébrale antérieure et Vartère cérébrale moyenne.

Pendant ce long trajet, du point de bifurcation de la carotide primitive jusqu'à sa division en branches terminales, l'artère carotide interne ne fournit qu'une seule branche collatérale : c'est Vartère ophtalmique.

Les quatres branches artérielles qui arrivent à la base de l'encéphale, les deux artères vertébrales et les deux artères carotides internes, sont remarquables par leur volume considérable, par le trajet flexueux qu'elles décrivent et qui a pour but d'affaiblir quelque peu la force de l'ondée sanguine que le cœur lance dans ces artères à chaque conti-action ventriculaire, et par l'absence de branches collatérales importantes. Vartère ophtalmique peut être considérée comme la seule branche extra-cranienne fournie par les artères volumineuses destinées à porter le sang aux différentes parties de l'encéphale. Cette artère ophtalmique donne les artères nourricières à toutes les parties molles de la cavité orbitaire et principalement au globe oculaire et à la rétine. Son origine, tout près de la base du cerveau, explique les relations importantes qui existent entre la circulation du fond de l'œil et la circulation cérébrale.

U artère carotide interne arrive donc verticalement à la base du cerveau ; on l'y trouve dans l'angle externe du chiasma des nerfs optiques, fig. »oo ; c'est là qu'elle se divise en ses branches terminales : Yartère cérébrale antérieure et Vartère cérébrale moyenne.

.a. cèi'dbr. u>tt .

.artçrioith

■a. ckoro.tdie/titô cvzt.

a. ccre

Fig. »90.

Les artères^de la base du cerveau (d'après Duret).

IJ artère cérébrale antérieure se dirige horizontalement en avant et enj dedans vers la partie antérieure de la fissure médiane ; sa direction est perpendiculaire à la direction de la carotide interne.

U artère cérébrale moyenne ou artère sylvienne se dirige en dehors ; elle croise la substance perforée antérieure, puis parcourt le fond de la fissure de Sylvius. Elle suit donc, par rapport à la carotide interne, une direction oblique en haut et en dehors.

Le tronc basilaire arrive à la face inférieure de l'encéphale en suivant une direction oblique en haut et en avant. Vers le milieu du cerveau moyen, il se divise en deux branches terminales, les artères cérébrales postérieures, qui se dirigent directement en dehors en suivant une direction perpendiculaire à celle du tronc d'origine.

Chaque hémisphère cérébral reçoit donc son sang artériel de deux artères volumineuses : de l'artère carotide interne en avant et de l'artère cérébrale postérieure en arrière.

Ces deux troncs artériels sont reliés l'un à l'autre par une large artère anastomotique : l'artère communicante postérieure. Celle-ci, née soit du point de bifurcation de la carotide interne, soit de la partie voisine de l'artère sylvienne, se dirige en arrière et en dedans et va s'ouvrir dans l'artère cérébrale postérieure à une petite distance du tronc basilaire, fig. »90 et ««i.

De plus, les artères

h ccrehr. cinicr.

^a. cammiin. eifti.

conz/ruur .jsoôi-.

U.I . cC7 cl)r. Joost.

g-rt. c<irel>LiZltLiôt 6tijt>.

■tronc i)cus ilcu,re, .

•-■Cl ■ ccre^iM.

d'un hémisphèi'e cérébral sont reliées aux artères de l'hémisphère cérébral du côté opposé par une large artère anastomotique à direction tranversale : l'artère communicante antérieure.

'L'artère communicante antérieure est un tronc artériel assez volumineux passant transversalement au-devant du chiasma des nerfs optiques et reliant l'une à l'autre les deux artères cérébrales antérieures.

Toutes les artères qui arrivent à la base du cerveau terminal sont donc reliées entre elles par ces

artères communicantes.

Elles forment par leur ensemble une figure géométrique connue sous le nom

de polygone de Willis ou cercle »9l. .

artériel de Willis, fig. 391. Schéma montrant le mode de constitution du cercle

De ce cercle artériel de artériel de Willis.

Willis partent alors les branches artérielles qui doivent porter le sang aux différents parties du télencéphale et du diencéphale.

Outre les artères cérébrales antérieures, moyennes et postérieures, que 1 on doit considérer comme les branches terminales des artères carotides internes et du tronc basilaire, le polygone de Wili.is donne de nombreuses petites artères collatérales qui pénètrent directement dans la masse encéphalique voisine.

Des deux angles antérieurs du polygone de Willis naissent les artères cérébrales antérieures, des angles latéraux partent les artères sylviennes et des angles postérieurs, les artères cérébrales postérieures. Ces trois artères vont se dis-

FiG. »9».

Face interne de l'hémisphère cérébral droit montrant les territoires vasculaires

des trois artères cérébrales.

tribuer dans des territoires nettement limités de l'écorce cérébrale de chaque hémisphère.

Vartère cérébrale antérieure commence dans l'angle externe du chiasma des

FiG. »93.

Face externe de l'hémisphère cérébral gauche montrant les territoires vasculaires

des trois artères cérébrales, nerfs optiques et se dirige horizontalement en avant et en dedans, en passant au dessus du nerf optique. Arrivée au-devant du chiasma, elle s'anastomose, par l'artère communicante antérieure, avec l'artère cérébrale antérieure du côté opposé, puis pénètre dans la fissure médiane interhémisphérique, s'applique sur la

face interne du lobe frontal, où elle se divise en trois branches terminales. Par ces branches collatérales et par ses branches terminales, l'artère cérébrale antérieure porte le sang à toute la face interne de l'hémisphère correspondant, depuis le pôle frontal jusqu'à la fissure perpendiculaire interne, ainsi qu'à la face supérieure du corps calleux, fig. »oa ; à une partie de la jace convexe de l'hémisphère : les circonvolutions frontales supérieure et moyenne et le tiers supérieur de la circonvolution centrale antérieure, fig. «os, et à la partie interne de la face inférieure du lobe frontal, depuis la fissure médiane jusqu'au sillon crucial, fig. 2»4.

U artère cérébrale moyenne ou artère sylvienne naît au niveau de l'angle externe

FiG. «94. Fig. 205.

La face inférieure du cerveau terminal La face supérieure du cerveau terminal

montrant les territoires vasculaires montrant les territoires vasculaires

des trois artères cérébrales. des trois artères cérébrales.

du chiasma des nerfs optiques et se dirige obliquement en haut et en dehors. Elle croise d'abord la substance perforée antérieure, puis s'engage au fond de la fissure de Sylvius, où elle se ramifie sur la face externe des circonvolutions de l'insula de Reil.

Elle se divise généralement en quatre branches terminales; celles-ci vont se ramifier dans la pie-mère qui recouvre le territoire de l'écorce cérébrale avoisinant la fissure de Sylvius : la partie externe de la face inférieure du lobe frontal, fig. 204,et, sur la/ace externe de l'hémisphère, la circonvolution frontale inférieure, les deux tiers inférieurs de la circonvolution centrale antérieure, toute l'éten-

— 3go —

due de la circonvolution centrale postérieure, les circonvolutions pariétales, la circonvolution temporale supérieure et une partie de la circonvolution temporale moyenne, fig. ai»» et a«5.

L'artère cérébrale postérieure contourne le pédoncule cérébral et se divise en trois branches terminales ; celles-ci vont se ramifier dans la pie-mère qui recouvre la face interne de l'hémisphère cérébral depuis la fissure perpendiculaire interne jusqu'au pôle occipital, fig. »9a, la partie de la face externe de chaque hémisphère située en dessous et en arrière du territoire dépendant de l'artère sylvienne, fig. a»» et »05, et presque toute l'étendue de la face inférieure du lobe occipito-temporal, fig. 304.

En se ramifiant dans la pie-mère, les artères cérébrales se divisent et se subdivisent en devenant de plus en plus petites.

Les ramifications de ces trois artères cérébrales s'anastomosent entre elles et forment un réseau dans la pie-mère.

De ce réseau périphérique partent maintenant des branches collatérales

qui pénètrent directement dans la substance cérébrale et qui constituent les véritables artères nourricières du cerveau terminal, que l'on peut diviser en deux groupes :

les artères des circonvolutions et les artères des ganglions de la base.

Artères des circonvolutions. Elles naissent du réseau artériel de la pie-mère et pénètrent directement dans la substance cérébrale. Elles se divisent en deux groupes, les artères longues et les artères courtes, FIG. aoo.

Les artères longues ou artères médullaires traversent la couche corticale grise et pénètrent dans la substance blanche jusqu'à une profondeur de 3 ou 4 centimètres et là elles se résolvent en réseau capillaire.

Les artères courtes ou artères corticales pénètrent dans la couche corticale grise, où elles se réduisent en un réseau capillaire.

Toutes ces artères nqurricières des circonvolutions sont des artères terminales dans le sens de Cohnheim, c'est-à-dire que ces artères ne s'anastomosent jamais directement les unes avec les autres, mais qu'elles se résolvent toutes en réseaux capillaires.

Fig. «96.

Les artères des circonvolutions (d'après DurktV

MEDICO-CHIR'JReiGAL SeOlEÏ ;'.

Artères des ganglions de la base. Les artères des ganglions de la base naissent des trois artères cérébrales dans le voisinage immédiat du polygone de WiLLis. Les plus importantes sont celles qui proviennent de l'artère sylvienne.

Varière sylvienne, en passant sur la face inférieure de la substance perforée antéi'ieure et avant de se diviser en; branches terminales, abandonne une série depetitesartérioles,FiG.«»7, qui pénètrent verticalement dans les orifices de la lame perforée pour se rendre dans le noyau caudé et le noyau lenticulaire, c'est-à-dire les deux masses grises qui forment le corps strié.

'L'artère cérébrale antérieure fournit aussi, au niveau de la substance perforée anté-

rieure, quelques branches L'artère sylvienne sur la face inférieure de la collatérales qui traversent substance perforée antérieure (d'après Tesïut). cette lame grise pour se rendre dans la tête du noyau caudé.

L'artère cérébrale postérieure fournit les artères optiques se rendant dans le cerveau intermédiaire.

Toutes ces artères des ganglions de la base sont des artères terminales comme les artères des circonvolutions. Elles pénètrent profondément dans l'hémisphère cérébral, sans jamais s'anastomoser ni avec les artères médullaires des circonvolutions, ni avec les artères voisines des noyaux gris ; elles se réduisent finalement en capillaires. Tous ces vaisseaux capillaires s'anastomosent entre eux et forment un réseau à mailles petites et serrées dans la substance grise, à mailles plus larges dans la substance blanche.

Artères des ventricules latéraux. La toile choroïdienne du troisième ventricule et les plexus choroïdes des ventricules latéraux reçoivent de chaque côté trois artèrés.

1° Une artère choroïdienne antérieure qui vient de la carotide interne et pénètre par la partie antérieure de la fente de Bichat, pour se terminer dans le plexus choroïde du prolongement sphénoïdal du ventricule latéral, fig. 890.

2° Une artère choroïdienne postérieure et latérale. Elle vient de l'artère cérébrale postérieure, pénètre par la partie moyenne de la fente de Bichat et se divise, entre les deux feuillets de la toile choroïdienne, en deux rameaux, dont l'externe se rend dans le plexus choroïde et l'interne s'épuise dans la toile choroïdienne.

3" Une artère choroïdienne postérieure et médiane. Elle naît aussi de l'artère

cérébrale postérieure et se divise en un rameau destiné à la toile choroïdienne et un rameau destiné au plexus choroïde.

Les artères de la toile choroïdienne fournissent des branches aux couches optiques et vont se terminer dans la tête du noyau caudé.

Les artères des -plexus choroïdes n'interviennent pas dans la nutrition des parois ventriculaires. Elles s'épuissent toutes dans ces plexus qui sont excessivement riches en vaisseaux capillaires.

Circulatio7i veineuse.

Les veiner, du cerveau terminal présentent certains caractères qui les distinguent des veines des autres parties de l'organisme.

Elles sont d'abord beaucoup moins nombreuses, mais aussi beaucoup plus volumineuses que les artères correspondantes.

Elles ne présentent pas de valvules.

Elles s'anastomosent fréquemment et largement entre elles.

Enfin, des veines cérébrales le sang veineux se déverse dans les sinus de la dure-mère, qui sont des cavités sanguines toujours béantes, formées par un simple dédoublement des deux feuillets constitutifs de la dure-mère.

Ces dispositions anatomiques expliquent la lenteur relative de la circulation veineuse dans la boîte crannienne.

Comparées aux artères cérébrales, les veines cérébrales présentent une situation tout à fait caractéristique. Les grosses artères cheminent de préférence au fond des sillons, les grosses veines, au contraire, courent sur la face convexe des circonvolutions.

Les veines cérébrales se divisent en deux systèmes : les veines superficielles et les veines profondes .

Les veines superficielles forment deux groupes. Les unes accompagnent, au moins en partie, les artères nées du cercle artériel de Willis ; on les trouve dans la région médiane de la base du cerveau terminal. Ce sont les veines de la hase. Les autres ont une distribution indépendante des artères cérébrales. On les trouve dans la pie-mère qui recouvre les circonvolutions cérébrales ; ce sont les veines des circonvolutions.

Les veines profondes naissent dans les masses grises centrales du cerveau terminal. Elles se réunissent en deux troncs volumineux situés entre les deux feuillets de la toile choroïdienne et appelés veines de Galien. On désigne encore les veines profondes sous le nom de veines des ganglions de la base.

Les veines superficielles.

a) Les veines de la base

A la base du cerveau terminal, accompagnant les branches terminales du cercle artériel de Willis, on trouve des branches veineuses volumineuses ;

la veine cérébrale antérieure, la veine cérébrale moyenne ou veine de l'insula de Retl et la veine basilaire.

La veine cérébrale antérieure accompagne l'aitère correspondante. Elle est beaucoup moins volumineuse que cette dernière et se distribue à un territoire

Fio. «98.

Les veines superficielles de la face inférieure du cerveau terminal

(d'après Testut).

I' Sinus latéral.

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