‹ Les centres nerveux cérébro-spinauxChapitre 73 sur 90 · Partie centrale · texte numérisé non relu

Partie centrale

Noyau de Deiters. Les grandes cellules nerveuses qui forment le noyau de Deiters donnent origine à des fibres nerveuses descendantes, qui pénètrent dans le cordon antéro-latéral de la moelle épinière. C'est le faisceau vestibulospinal.

Au sortir du noyau de Deiters, les fibres de ce faisceau s'inclinent en avant et en dedans, pour se recourber en bas et devenir descendantes au milieu de la formation réticulaire du métencéphale, un peu en arrière de l'olive supé* rieure, fig. 314. Elles passent ensuite derrière la partie interne du noyau d'origine du nerf facial, traversent de haut en bas le bulbe en dedans du noj^au ambigu, en s'inclinant lentement en avant, pour venir former un petit faisceau de fibres descendantes, à la périphérie du cordon latéral de la moelle, immédiatement au-devant du faisceau médullo-cérébelleux antérieur.

Noyau de Bechterew. De cette masse grise part un large faisceau de fibres nerveuses se dirigeant en haut et en dedans, pour pénétrer bientôt, comme

fibres ascendantes, dans la partie latérale du faisceau longitudinal postérieur du même côté. Ce faisceau vestibulo-mésencéphalique traverse de bas en haut le pont de Varole et toute l'étendue du mésencéphale, en diminuant lentement

de volume ; il disparait complètement au niveau de l'extrémité supérieure du noyau d'origine du nerf oculo-moteur commun.

A côté de ces deux faisceaux, ascendant et descendant, qui appartiennent incontestablement aux masses grises bulbaires en connexion avec le nerf vestibulaire, on trouve encore, dans la plupart des recherches expérimentales, des fibres en dégénérescence qui, au sortir des masses grises détruites, se dirigent transversalement en dedans, fig. 314.

Arrivées au niveau du raphé, elles passent la ligne médiane pour entrer dans le faisceau longitudinal postérieur du côté opposé. Là, ces fibres se bifurquent en branches ascendantes et en branches descendantes. Les branches ascendantes montent dans le faisceau longitudi nal postérieur,abandonnent des collatérales aux noyaux d'origine des nerfs moteurs oculaires et se laissent poursuivre jusque dans la couche optique.

Les branches descendantes traversent de haut en bas la moelle allongée, pour pénétrer dans le cordon antérieur de la moelle épinière où elles vont prendre part à la constitution de la zone pyramidale.

Toutes ces fibres transversales ne passent cependant pas le raphé. Un certain nombre d'entre elles se recourbent en bas, dans la parfie dorsale de la formation réticulaire du même cote, au-devant de la branche ascendante du facial, fig. 314. Elles traversent e bulbe en s'inclinant lentement en dedans, et pénètrent dans la partie dorsale

Schéma montrant les connexions centrales du nerf vestibulaire.

F. V.S, : Faisceau vestibulo-spinal.

F. V.M. : Faisceau vestibulo-mésencéphalique.

du cordon antérieur de la moelle, en prenant part également à la constitution de la zône pyramidale.

Les masses grises bulbaires en connexion avec le nerf vestibulaire donnent donc origine essentiellement à des fibres homolatérales, soit fibres du faisceau vestibulo-spinal et fibres du faisceau longitudinal postérieur reliant le noyau de Deiters à la moelle épinière, soit fibres du faisceau vestibulo-mésencéphalique reliant le noyau de Bechterew au mésencéphale. Ces fibres ascendantes et descendantes vont se terminer dans les noyaux d'origine des nerfs moteurs périphériques. Les impressions i-ecueillies par les fibres du nerf vestibulaire peuvent donc, dès leur entrée dans le bulbe, être transmises directement aux noyaux moteurs du côté correspondant, et cela depuis le noyau d'origine du nerf III jusqu'à l'extrémité inférieure de la colonne grise antérieure de la moelle.

Ces masses grises donnent également naissance à un certain nombre de fibres hétérolatérales, qui passent le raphé pour entrer dans la constitution du faisceau longitudinal postérieur et se rendre, avec lui, soit comme [fibres ascendantes dans les noyaux moteurs du mésencéphale, soit comme fibres descendantes dans les noyaux moteurs du bulbe et de la moelle épinière.

Un fait qui frappe dans l'étude de ces voies centrales en connexion avec le nerf vestibulaire, c'est l'absence complète de toute connexion avec l'écorce grise du télencéphale. Les canaux demi-circulaires sont considérés par les physiologistes comme les organes de V équilibre, c'est-à-dire comme les organes ayant pour fonction de renseigner le système nerveux central sur la position de notre corps dans l'espace. Le nerf vestibulaire, qui relie les canaux demicirculaires au système nerveux central, s'appelle quelquefois encore le nerf du sens de l'éqîàlibre.

Le sens de l'équilibre n'est pas un sens cortical. Nous savons d'ailleurs, par l'expérience de tous les jours, que ce n'est pas un sens conscient. Nous ignorons, en effet, complètement ce qui se passe dans nos canaux demi-circulaires. L'anatomie nous fournit l'explication de ce fait surprenant au premier abord : les impressions que les ondulations de l'endolymphe communiquent aux terminaisons nerveuses des fibres vestibulaires dans les taches acoustiques, ne peuvent arriver jusque dans le champ de la conscience à cause de l'absence complète des fibres nerveuses centrales reliant les organes de l'équilibre à l'écorce cérébrale.

Le maintien de l'équilibre du corps dans l'espace se fait donc d'une façon exclusivement réflexe. Les nombreuses voies nerveuses, fig. 314, qui relient les ramifications centrales du nerf vestibulaire aux masses grises motrices des centres nerveux inférieurs, depuis le diencéphale jusqu'à l'extrémité inférieure de la moelle, montrent la haute importance de cette fonction réflexe. C'est ce que démontrent, d'une façon plus frappante encore, les recherches expérimenales. La destruction unilatérale des canaux demi-circulaires ou, ce qui est

plus simple encore, la section du nerf vestibulaire faite chez l'animal adulte, amène des perturbations complètes dans l'équilibre du corps et surtout dans l'équilibre de la tète. L'animal ainsi opéré présente, immédiatement après l'opération, des mouvements désordonnés de rotation autour de l'axe longitudinal du corps, mouvements qui ne s'arrêtent que lorsque l'animal rencontre un obstacle qui peut lui servir d'appui et qui recommencent au moindre déplacement. Si l'on analyse bien les phénomènes, on voit que la section du nerf entraîne avant tout une inclinaison et une rotation de la tête du côté lésé. Cette inclinaison est telle, que le cou subit une torsion forcée autour de son axe de telle sorte que l'occiput regarde en bas et le museau en haut. Ce mouvement de torsion de la tête est tellement intense, qu'il entraîne la chute du corps sur le côté opéré, suivie elle-même de mouvements de rotation de tout l'animal autour de l'axe longitudinal. Pendant que ces mouvements s'exécutent, l'œil du côté lésé présente du strabisme interne, l'œil du côté opposé, du strabisme externe et les deux yeux des mouvements de nystagmus dans le sens latéral.

Ces troubles profonds montrent bien l'influence considérable que la voie vestibulaire exerce, par l'intermédiaire dès voies nerveuses décrites plus haut, sur tous nos muscles périphériques. Cette influence est cependant prédominante sur les muscles du côté lésé, ainsi que pouvaient le laisser entrevoir les importantes connexions directes établies entre le noyau de Deiters et la moelle épinière par le faisceau vestibulo-spinal, entre le noyau de Bechterew et le mésencéphale par le faisceau vestibulo-mésencéphalique.

Ces troubles unilatéraux de l'équilibre, amenés par la mise hors de fonction des canaux demi-circulaires du côté correspondant, ne sont pourtant pas définitifs. Si l'animal survit à l'opération, ils tendent lentement à disparaître : les mouvements de rotation autour de l'axe longitudinal diminuent d'intensité en même temps que le nystagmus et la déviation des yeux s'amendent. Au bout de quelques jours l'animal parvient à se tenir sur ses quatre pattes. Les mouvements du côté opéré restent cependant incertains, en même temps que l'inclinaison latérale de la tête persiste pendant un temps variable.

B. Voies cochléaires ou acoustiques.

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