‹ Les centres nerveux cérébro-spinauxChapitre 78 sur 90 · Partie centrale · texte numérisé non relu

Partie centrale

Les voies centrales, en connexion avec les fibres centripètes du nerf de la cinquième paire, ont leurs cellules d'origine dans la masse grise qui accompagne de haut en bas la racine descendante ponto-bulbo-spinale.

Les fibres de cette voie centrale, au sortir de cette masse grise, s'inclinent en avant et en dedans, passent le raphé et se laissent poursuivre jusque audevant du noyau de l'hypoglosse du côté opposé où elles deviennent ascendantes. Elles traversent, de bas en haut, la partie supérieure du myélencéphale, puis toute la hauteur du pont de Varole en s'inclinant lentement en dehors.

Dans la partie supérieure du pont de Varole, la voie centrale du trijumeau se rapproche de la substance grise qui entoure l'aqueduc de Sylvius ; elle traverse ensuite le mésencéphale, étant située en de hors du noyau d'originedes nerfs IV et III, pour pénétrer dans la couche optique et s'y terminer par des ramifications libres.

Les impressions de sensibilité recueillies par les fibres périphériques du nerf de la cinquième paire arrivent jusque dans le domaine de la conscience. Nous devons donc en conclure qu'au chaînon bulbo-thalamique doit faire suite un chainon tlialamo-cortical, amenant les impressions de sensibilité jusque dans l'écorce grise de la sphère tactile du télencéphale. •

Les trois groupes de neurones superposés :

1° neurones périphériques, ou neurones directs reliant les organes périphériques à la masse grise bulbo-protubérantielle,

2° neurones hulbo-thalamiques, ou neurones croisés reliant le noyau terminal avoisinant la racine bulbo-spinale à la couche optique, et

3° neurones thalamo-corticaux, ou neurones direct reliant la couche optique à la sphère tactile,

constituent par leur ensemble une longue voie ascendante qui forme une partie au moins des voies centrales du nerf de la cinquième paire.

Nos connaissances concernant les connexions corticales du nerf trijumeau doivent cependant être incomplètes. Le nerf trijumeau est, en effet, pour la face ce que les nerfs spinaux sont pour le cou, le tronc et les membres.

Or nous avons vu que les fibres aôérentes, amenées par les racines postérieures des nerfs spinaux, sont ou des fibres servant à la sensibilité profonde, ou des fibres servant à la sensibilité superficielle.

Les fibres de la sensibilité profonde, ou fibres du sens musculaire et articulaire, devenues les fibres longues des cordons postérieurs, se terminent dans les noyaux des cordons postérieurs. A ces fibres périphériques fait suite une voie médullo-thalamo-corticale.

Les fibres de la sensibilité superficielle, ou fibres de la sensibilité cutanée, devenues les fibres courtes des cordons postérieurs, se terminent dans la substance grise des cornes postérieures de la moelle. A ces fibres périphériques fait suite une voie médullo-cérébello-thalamo-corticale.

Le nerf trijumeau, par ses fibres centripètes, amène également vers les centres nerveux des impressions de sensibilité profonde et des impressions de sensibilité superficielle. Si, dans l'organisation interne du système nerveux central, les voies homologues sont construites d'après un mêihe plan, nous devons admettre qu'entre le noyau terminal du nerf trijumeau et l'écorce cérébrale doit exister une double voie nerveuse : l'une, servant à la sensibilité profonde, serait constituée d'un neurone bulbo-thalamique et d'un neurone thalamo-cortical ; l'autre, servant à la sensibilité superficielle, aurait une constitution plus complexe et résulterait de la superposition d'un neurone bulbo-cérébelleux, cérébello-olivaire, olivo-thalamique et thalamo-cortical.

La première de ces voies nerveuses existe. Il reste cependant encore à établir si, véritablement, cette voie nerveuse — l'homologue de la voie médullo-thalamique en connexion avec les nerfs spinaux — transmet uniquement, comme cette dernière, vers les centres nerveux supérieurs les impressions de sensibilité profonde.

La deuxième voie nerveuse n'est pas encore connue. Nous avons vu que, pour les nerfs spinaux, cette voie ascendante se laisse subdiviser en une voie de sensibilité tactile (faisceau de Flechsig) et une voie de sensibilité thermoalgésique (faisceau de Gowers) L'existense d'une voie distincte pour la sensibilité douloureuse et thermique dans la moelle a surtout été établie par des faits cliniques et des observations anatomo-pathologiques. Celles-ci ont démontré que, dans certaines lésions, soit de la substance grise, soit de la substance blanche de la moelle, la sensibilité musculaire et tactile peut êti-e conservée alors que la sensibilité douloureuse et thermique est complètement abolie.

Dans le domaine du trijumeau la même dissociation de la sensibilité peut s'observer. C'est ainsi que nous avons pu examiner des malades présentant l'abolition complète de la sensibilité douloureuse et thermique, avec conservation de la sensibilité tactile, dans la région cutanée innervée par le nerf de la cinquième paire.

En présence de ce fait nous devons donc admettre pour le trijumeau, comme pour les nerfs spinaux, une voie distincte pour les impressions du tact et une voie distincte pour les impressions de douleur et de température.

Pour les nerfs spinaux cette double voie nerveuse passe pai" le cervelet.

Nous ne voyons pas pourquoi il n'en serait pas de même pour la partie centripète du nerf trijumeau.

Voies ascendantes d'origine diencéphalique. Les voies optiques.

Le diencéphale est en connexion avec un seul nerf périphérique ; le nerf optique.

L'ensemble des voies nerveuses qui relient les terminaisons périphériques du nerf optique à l'écorce grise de la sphère visuelle du télencéphale porte le

nom de voies optiques. Cellesci sont formées d'une partie périphérique et d'une partie centrale.

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