MAKER
qu'une anosinie complète d'un côlé ou des deux. Pour apprécier des troubles plus légers, il faut faire de Volfactomé" trie (l)r Voici quelques procédés employés.
Frôhlich (1851) : on approche progressivement un flacon contenant une substance odorante, de l'essence de lavande par exemple, et on note à quelle distance du nezTodeur commence à être perçue (IGO millim. pour Tessence de lavande et un odorat normal;.
Passy (1892) prépare une série de solutions titrées à 1/10» 1; 100, 1/1000, en dissolvantlgram.de matière odorante dans 9 gram. d'alcool, puis en mélangeant 1 gram. de cette premiève, solution avec 9 gram. d^alcool et ainsi de suite. Cela fait, on prélève une goutte de la dernière dilution qu'on laisse tomber sur un petit godet légèrement chauffé, disposé dans un flacon de capacité connue. On attend quelques instants pour permettre à Todeur de se diffuser ; on découvre alors le flacon et le sujet présente son nez à l'ouverture ; s'il ne perçoit rien, on répèle l'expérience avec une solution plus concentrée et on continue ainsi, jusqu'à ce que la perception apparaisse.
Toulouse ( 1 899) se sert de solutions de camphre dans l'eau , partant d'une solution mère à 1/1000 et une série de solutions de plus en plus diluées. On verse 10 ou 15 centimètres cubes de chacune de ces solutions dans une série de flacons identiques et on cherche (toujours en. partant des plus diluées) quelle est la solution que le sujet distingue nettement d'un flacon d'eau distillée : c'est leminimumdc sensation. Quand le sujet reconnaît l'odeur du camphre, c'est le minimum de perception. C'estlà certainement un des meilleurs procédés pour le clinicien.
Il faut cependant connaître aussi l'olfactomètre de Zvvaar- DEMAKER : dcux tubcs glisscut l'un dans l'autre ; l'externe
(1) Voir pour ce qui suit : Dkbove el Aciiard, Manuel de diagnoêtic médical, t. I» p. 281 cl surtout Collet, loco cil., p. 32. Voir aussi
T0L•L0L^»E, V.\SCIIIDE ct I*IEIU)N, loCO Cil„ p. 75.
516 CHAPItRE CINQUIEME
en porcelaine poreuse est imbibé d'une substance odorante, l'interne en verre est gradué et se termine à Tenlrée du nez. Les tubes étant entièrement l'un dans l'autre, aucune parcelle odorante ne se môle à Tair inspiré ; on sort peu à peu le tube de porcelaine : sur une longueur de plus en plus grande l'air entre en contact avec la substance odorante ; on note sur les divisions du tube de verre la longueur minima à partir de laquelle le sujet perçoit l'odeur. On peut remplacer le tube poreux imbibé d'une solution odorante (eau de laurier cerise, solution (1) d'essences amères...) par un tube solide odorant par lui-même (bois de cèdre, cuir de Russie, paraffine, caoutchouc, cire jaune, bois de palissandre...).
L'appareil séparé du nez par un écran à manche que traverse le tube de verre qui va à la narine peut être porté sur un pied et présenter une vis, au moyen de laquelle on déplace lentement le tube odorant sur le tube de verre resté immobile.
Uolfactie, unité de mesure physiologique du pouvoir odorant, représente (pourchaqueodeur)lalongueurminima dont il faut sortir le tube pour que l'odeur soit perçue par
une narine normale. L'acuité olfactive est exprimée par — , n
étant le nombre d'olfacties nécessaire pour que le sujet examiné perçoive l'odeur.
Les troubles olfactifs d'après leur forme symptomatiqae : anos. mie, hyperosmie, parosmie ; olfaction colorée. Symptômes associés, classification des anosmies.
Le trouble le plus fréquent et lé plus net en clinique est Vanosmie (perte de l'odorat) et son degré incomplet, Vhy^ posmie,
(l) ZwAARDEMAKER 3 ciiiployé dcs solutioiis aqucuscs (1890), glycérinées(189r>), paraffinées (1890).
APPAREIL CENTRAL DE l'oDORAT 517
Vhyperosmie (acuité olfactive exaltée, supérieure à ]a normalç) est observée chez certains sujets à Tétat normal et chez certains malades (le plus souvent des névrosés : hystérie, hypnose...)* H y & aussi une hyperalgésie osmique, c'est-àdire un état dans lequel la moindre odeur détermine des phénomènes pénibles et douloureux (céphalée, migraines, nausées, vomissements...).
La parosmie est caractérisée par la perception incorrecte et l'appréciation inexacte d'une odeur réelle ou par la perception d'une odeur non existante : elle comprend les illusions et les hallucinations de l'odorat et aussi Yisosmie (confusion des odeurs). Le plus souvent l'odeur anormalement perçue est une odeur désagréable (cacosmie) ; les spécialistes rappellent qu'avant de poser le diagnostic de cacosmie il faut s'assurer qu'il n'y a réellement nulle part, dans l'appareil respiratoire, une cause objective de mauvaise odeur.
Comme exemples de parosmie, je citerai une malade de Castex chez laquelle une bonne odeur provoquait l'impression d'oignon, tandis qu'une odeur désagréable était sentie comme do la vanille ; un malade dont parle Morat avait des attaques à aura caractérisée par une sensation d'odeurs désagréables...
Dans Volfactlon colorée^ le sujet perçoit des couleurs quand il sent une odeur. Collet cite, sur ce sujet, les travaux de Suarez de Mendosa qui en a réuni une vingtaine de cas et de Halbeht dont le sujet (ni hystérique ni nerveux) par des excitations olfactives diverses éprouvait des sensations colorées (diverses teintes du brun).
Aux troubles de l'odorat on a décrit des symptômes «nssociés, du côté du goùt^ de la sensibilité .tactile et de rouie (\),
Dans la vie physiologique les sensations olfactives com-
(l) Voir, pour ce paragraphe : Collet, loco r//., p. 41 et suiv.
pl»-iif nt !e« s^n^alion* giisialiv*** : l'odoral fait ainsi parlîe da goiil complet ou plii'ùl de la déguslalion. Les troaUes de Todoral influeront donc <ur le fonclionnement dn goût. L'n ano^mîqiie de Ja^^how \^J2) confondait l'eaa chaude et le thé. la moutarde et ie poivre, le sirop simple et les sirops de fniiU... C'e^t par les troubles du goût que l'attenlion de<( malades e>t «souvent attirée dans des cas d'anosmie. D'ailleurs nous verrons, dans le paragraphe suivant, que dans les cas avec autopsie on note très souvent des troubles simultané^ de 1 odorat et du goût.
LestroubU^ de la sensibilité générale des narines coîncîdent fréquemment avec les troubles olfactifs. Moliœ signale la rareté des éternumenls et des coryzas chez certains anosmiques; j'ai au«î>i vu l'inverse et, tout récemment encore, un anosmique qui avait de très fréquentes hypercrinies nasales. En tous cas, cet le coïncidence de troubles sensilifs généraux s'observera spécialement dans les anosmies d'origine périphérique. El alors, comme le fait très justement remarquer Collet, la même lésion est plus grave pour Tappareil olfactif dont le protoneurone sensoriel est dans la muqueuse même que pour le trijumeau dont le protoneurone est, loin de là, au ganglion de G.vsser.
Collet a particulièrement étudié (thèse de Xiqve, Lyon, 1897) Tassociation fréquente des troubles de Touïe et des lrouï)les olfactifs. CVst le plus souvent (sinon exclusivement; dans Totile scléreuse qu'on note la coexistence de l'hyposmie el de la surdité, beaucoup plus rarement dans les oliles suppurées : dans ces cas, il y a ordinairement des lésions (Je la muqueuse nasale, que la rhinoscopie peut cependant ne pas révéler.
ZwAAHDKMAKER classc Ics anosmlos en respiratoire, gustativo, essentielle et de cause intracrAnienne.
Collet adopte la classification suivante :
l"' Anosmie de cause mécanique, par obstacle à l'apport des particules odorantes : a) respiratoire proprement dite
APPAREIL CENTRAL DE l'oDORAT 519
par défaut de perméabilité des fosses nasales (polypes du nez, hypertrophie des cornets inférieurs) ; h) par direction défectueuse de Tair inspiré (ablation ou deslructioo de Tauvent* nasal) ; c) par oblitération de la fente olfactive, la perméabilité nasale restant intacte (tuméfaction du cornet moyen, déviation de la cloison nasale dans sa partie supérieure) ; d) gustative de Zwaardemaker, due à un obstacle du côté des choanes, à des végétations adénoïdes du pharynx nasal, à des adhérences vélopharyngiennes ;
2® Anosmie par lésion de la muqueuse olfactive (ozène, grippe, coi7zas intenses, sécheresse de la muqueuse);
3* Anosmie d'origine nerveuse : a) organique (lésions diverses que nous étudierons dans le paragraphe suivant) : h) fonctionnelle, hystérique ou par inhibition (après opération intranasale).
Ici, nous n'avons à étudier que les aiiosmies 4*<H*igine nerveuse et, comme pour les précédents chapitres, nous devons les classer par le siège de leur lésion.
Les troubles olfactifs d'après le siège de la lésion: 1. Lésions périphériques. — 2. Lésions des nerfs et des neurones de relais. — 3. Lésions des neurones supérieurs corticaux.