Vomissements ; éructations, régurgitations, mérycisme
3. Crises douloureuses (gastriques et intestinales) des tabétiques. — 4. Anorexie et boulimie. — 5. Constipation et diarrhée. — 6. Syndromessolaircs. — 7. Colite mucomenbraneuse.
§ I. — AXATOMIE CLLMQUE DES CENTRES VAGOSYMPATHIQUES
1. — Neurones inférieurs et neurones bulbaires du pneumogastrique. — 2. Neurones inférieurs et neurones médullaires du grand sympathique. — 3. Neurones basilaires et neurones corticaux du vagôsympathique supérieur.
En appliquant à Tappareil nerveux de la nutrition les mêmes principes que dans les précédents chapitres, c'est-àdire en définissant un appareil nerveux par ses centres supérieurs, on es! amené à réunir en un seul appareil le pneumogastrique et le grand sympathique, qui ont les mêmes centres basilaires et les mêmes centres corticaux : le pneumogastrique formant la partie bulbaire et le sympathique Ihoracolombaire la partie médullaire de cet appareil vagôsympathique.
C'est ridée déjà admise par certains anatomistes (de Blain VILLE, Gaskel, Nuel, ïhebavt et Onuf) (1) de Tho-
(1) VoirLAiGNKL L.WAisTiyE, Recherches aur le plexus solaire, 1903,
CENTRES VAGOSYMPATHIQUES 533
niologie du pneumogastrique et du sympathique. D'après Onuf et Joseph CoLL!Ns(i) le groupe cellulaire paracenlral de la moelle serait l'homologue du noyau du vague et du glossopharyngien : l'homologue de la colonne de Clarke serait le noyau cellulaire accompagnant le faisceau solitaire sur son bord ventrolatéral.
1. Neurones inférieurs et newones bulbaires du pneumegastrique.
Le pneumogastrique (dixième paire) est un nerf mixte très comparable à un nerf rachidien avec sa double racine antérieure et postérieure.
Pour le vagu« sensitif, le proloneurone ganglion7iaire inférieur est constitué par le ganglion jugulaire (dans le trou déchiré postérieur) et le ganglion plexiforme (2) (immédiatement au-dessus du précédent). Les prolongements cellulipètes viennent de loin, partent du ventre (estomac, foie, plexus solaire), traversent le diaphragme au niveau de rorificc œsophagien, traversent le thorax, le cou, et se terminent dans les ganglions. Les prolongements cylindraxiles vont se terminer dans un premier neurone de relais^ à la partie inférieure de Taile grise (3) (noyau dorsal) et à la partie inférieure du faisceau solitaire [noyau du faisceau solitaire). Les prolongements cylindraxiles de ce neurone de relais vont aux centres corticaux.
Pour le vague moteurj le neurone inférieur est à la partie moyenne du noyau ambigu (4) (entre celui du glossopharyngien moteur, au-dessus, et celui du spinal, au-dessous). Contrairement à l'opinion de Cajal qui admet un entre-
Il) Onuf et JoîîEpii Collins, Archiv of \eurology and Psychopa- Iholoyy, 1900, t. III {Revue neuroloyique, 1902, p. 217).
(2) Ganglion noclosum.
(3) Trigone du vague (van Gehlchten).
(A) Ou Noyau moteur ventral du vague, à grosses cellules (van GEiiL'ciiTiiN). Ce même auteur admet aussi un noyau moteur dorsal, à petites cellules.
croisement partiel au-dessous du noyau ambigu , van Ge- HLXHTEN n'admet que des fibres motrices directes partant de ce centre (î).
2. Neurones inférieurs et neurones médullaires du grand sympathique.
Le grand sympathique forme un appareil sensitivomoteur, auquel on peut (comme pour les autres appareils mixtes) reconnaître plusieurs assises de neurones.
Le premier groupe dtf neurones centraux (2) est constitué : !• par les vingt à vingt-trois ganglions du sympathique, qui sont échelonnés des deux côtés de la colonne vertébrale, de la première vertèbre cervicale à la dernière sacrée ; 2'' par les quatre ganglions des branches du trijumeau (3) : le ganglion ophtalmique ou ciliaire (4) (nerf ophtalmique), le ganglion sphénopalalin (5) ou de Meckel (nerf maxillaire supérieur), le ganglion otique{iS) ou d'ARNOLD (nerf maxillaire inférieur) etle ganglion sousmaxillaire (7) (nerf lingual du maxillaire inférieur).
Par leur double système de prolongements (cellulifuges et cellulipètes), ces ganglions communiquent dans trois directions: entre eux (par les cordons intermédiaires), avec la périphérie (nerfs, plexus et ganglions périphériques) et avec la moelle (8) (par les rameaux communiquants).
(1) Voir encore, sur ce point, Tiucomi Alleura, Riui&la di Paloloyia nervosa e mentale^ 1903, t. VIII, p. 67 {Revue neurologique, 1903, p. 886).
(2) N'étudiant que les cenfres nerveux, je ne parle pas des ganglions périphériques du sympathique.
(3) Le ganglion de GASSEitesl l'analogue des ganglions rachidiens. (1) « Sur le côté externe du nerf optique, à la réunion de son tiers
postérieur avec ses deux tiers antérieurs. »
(5) « Dans la fosse ptérygomaxillaire, immédiatement en dehors du trou sphénopalatin. »
{()) " Couché transversalement awr le cùté interne du nerf maxillaire inférieur, immédiatement au dessous du trou ovale. »
•{7J " Situé entre le nerf lingual qui est au-dessus et la glande sousmaxillaire qui est au-dessous. »» (Testut).
(8) On discute leur communication avec les ganglions spinaux ;
CENTRES VAGOSYMPATUIQUES 535
Le deuxième élage de neurones est dans la moelle (1). On discute encore le siège de ces neurones de relais et ce qu'on en sait est surtout dû à la clinique (2).
Chez un malade que j'ai étudié en 1889, il y avait des sueurs exagérées et de Thyperthermie du môme côté que de la thermanesthésie et de Tanalgésie. Je réunis alors vingtneuf faits, empruntés à divers auteurs, dans lesquels la même coexistence était notée. De cette association fréquente des deux ordres de phénomènes, on pouvait déjà induire que probablement les lésions correspondant à Tun et à l'autre symptôme ont le môme siège ou deux sièges bien voisins.
A ce moment, les physiologistes étaient divisés : les uns (Bbown Sequaho, Schiff) mettant dans les cordons antérieurs, les autres (Jacubowitz, Gaskell) dans la colonne de Clarke le centre ou les voies médullaires du grand sympathique ;et Pierret(1882) aVait accepté et développé cette dernière manière de voir, en appliquant la méthode anatomoclinique à Tétude des troubles vasomoteurs du tabès.
Peu après, Charcot montrait la dissociation syringomyélique chez les hystériques et, chez le môme malade, Gilles de la Tourette décrivait des troubles trophiques, vasomoteurs et œdémateux. C'est chez les hystériques à dissociation syringomyélique que Marinesco étudie la « main succulente ».
Marinesco (3) reprend alors (1897) la question, ajoute aux faits que j'avais cités d'autres observations plus récentes et conclut, pour le centre médullaire du grand sympathique,
Cajal et Retzius radmettenl ; mais van Geiiuchte.n n'a pas pu la vérifier (van Geuuchten, loco c//., p. 903).
(1) J'ai déjà parlé plus haul ^p. 171) du centre méduUaireciliospinal.
(2) Voir mes leçons sur le syndrome buIboméduUaire constitué par la thermanesthésie, Tanalgésieet les troubles sudoraux ou vasomoteurs (substance grise latéropostérieure), Leçons de Clinique médicale, t. I, p. 186.
(3) Marin Eïsco, Xouvelle Iconographie de la Salpéirière, 1897, p. 81 et 202.
que Topinion de Pikrret est inadmissible (1) et que plus vraisemblable est l'avis de Remak (188Î)) d'après lequel ce centre serait dans les cornes grises postérieures.
En fait, d'après plusieurs analomistes (2), Tinnuencc motrice irait de la moelle aux rameaux communiquants par les racines jwstérieures. Cependant Lenhossek et Cajal placeraientplutôt ce centre à la base des cornes antérieures, aussi bien en dedans et près du canal qu'en dehors.
De tout cela, on peut conclure que, pour le clinicien, le centre médullaire du grand sympathique est dans la substance grise centroposlérieuve. C'était ma conclusion de 1-889 que j'ai renouvelée en 1901 (3) : « cliniquement la dissociation dite syringomyéliquedela sensibilité est le sjndrome des cornes postérieures de la moelle et les troubles vasomoteurs et sudoraux (quand ils sont d'origine médullaire) sont le syndrome de la substance grise postérieure et centrale (base des cornes antérieures) (4) ».
Dans son beau travail sur le plexus solaire (1903), Lai- GNEL Lavastine (5) couclut : les fibres préganglionnaires (Langley), intercentrales de Dastre et Morat passent par les rameaux communicants et vont à la moelle ou viennent de la moelle par les racines antérieures (fibres elTérentes) et par les racines postérieures (fibres efférentes et fibres afférentes). Dans la moelle, les fibres efférentes naissent « au niveau de la corne latérale, de la région paracentrale et probablement aussi des petites cellules de la zone intermédiaire » ; des fibres afférentes, les unes (grosses fibres
{V, Dans un Iravail imporlanl, Seklkimûller {Denlsches Ztihchrift fiJtr Nervenheilkunde, 1899, p. 172j cite cependant des faits qui semblent confirmer la localisation de Pierret.
(2) Voir VAN Gehuchten, loco cit , 2" édit., 1897, p. 895 et Poirikh, Traité (Vanatomie humaine, t III, p. 215.
{^) Diagnostic des maladies de la moelle {siège des lésions), AciuaVilés médicales, 2« édition, 11K)1, j). 53.
(I) Voir plus loin § II, lî. II, 2, d'autres arguments cliniques en faveur de la môme opinion.
(5) Laig.nel Lavastine, loco cit., p. 171.
CENTRES VAGOSYMPATUIQUES 537
à myéline) ont leur centre Iropiiique dans le ganglion racliidien et ont la valeur de fibres cérébrospinales, les autres (petites fibres) ont leur centre dans les ganglions sympathiques de la chaîne. D'après Onuf et Joseph Coli.iNs (l)Ies fibres afférentes collectent leurs terminaisons au niveau des cellules de la colonne de Clarke.
3. Neurones haailaires etneuroiies corticaux du vagosym^ 2)alhiqi(e supérieur.
Le troisième groupe de neurones centraux (deuxième neurone de relais) est placé h la base du cerveau et spécialement dans les corps striés,
ScHiFF signale un centre pour les vaisseaux de Tabdomen dans les pédoncules cérébraux, la protubérance et la couche optique. Vulpun et Philipeaux parlent des tubercules quadri jumeaux. Ts(:iiEscnicniN,puisScHUEiBER, constatent une hypothermie reclale, rapide et notable, après les lésions expérimentales de la protubérance, du cervelet, du pédoncule et des hémisphères ; ou plutôt, après ces traumatismes, Tanimal maintient plus difficilement sa température normale et se réchauffe ou se refroidit sous l'influence du milieu extérieur.
Aronssohn (2) et Sachs, Girard u affirment pouvoir obtenir Thyperthermie à volonté, à la condition de produire une lésion irritative du corps strié et des parties sousjacentes de la base du cerveau... Girard, en particulier, note une augmentation concomitante de Toxygène absorbé, de Tacide carbonique exhalé et de l'azote éliminé ». White, Reichert concluent dans le môme sens. Richet veut une localisation moins précise. Corin et van Beneden ont vu la régulation thermique persister chez les pigeons après ablation des hémisphères cérébraux. Horsley « a noté des élévations de température localisées à un seul
(1) O^L'F el JuHEi'ii Colli.ns, loco cit., p. 216.
(2) Voir MoRAT, Caloriiicalion, Traité de Physiologie, cilé, 1899, 1. 1, p. 41»).
côté du corps, dans le cas de lésions encéphaliques portant sur le corps strié et les parties qui existent entre lui et la circonvolution frontale ascendante, et seulement dans ces cas ». D'après SchOller (1), l'excitation du noyau caudé accélère la respiration et augmente la pression sanguine. « Les piqûres du corps strié chez le chien et chez le lapin produisent une élévation de la température de 1 à 2*. »
Ott (2) décrit un centre thermique à la partie antérieure du thalamus, tout près de son point d'union au corps strié : une piqûre à ce niveau provoque une élévation de 3 à 4 1/2 degrés Fahrenheit. White (3) a obtenu une élévation de température des deux côtés du corps en excitant l'un quelconque des noyaux gris. Une augmentation de 3 à 5* Fahrenheit est produite par la lésion du corps strié ; elle se produit au bout de trois à quatre heures et dure trente heures en moyenne. L'excitation de la couche optique donne une élévation de 2 à 3^ Fahrenheit qui se maintient vingt-quatre heures.
BouRNEviLLECt BoGOJAWLENSKi signalent également Thyperthermie comme une conséquence des lésions du corps strié ; Beevou et Oluvier décrivent celle qui succède aux lésions de la couche optique.
« On sait, depuis les expériences de Valentin, que des excitations portées sur différentes parties de l'encéphale, notamment sur les pédoncules cérébraux, les corps striés, les couches optiques, provoquent les mouvements de la vessie (4) ».
Dans la capsule interne, von Leube (5), se basant sur les recherches de Charcot et de Nothnagel, place les fibres
(1) A. SciiÙLLER, Archiu fur die yesanimte Physiologie^ 1902, t. XCl, j). 477 {Revue neurologique, 1903, p. 368).
2) Ott, The médical News, 4 juillet 1885 elBrain, janvier 1889. (3j White, Briiish medicalJournal, 1889, p. 1401. 4) MoRAT, Traité cité de Moral el Doyon, t. IV, p. ^3. [o] Von Leube, Specielle Diagnostik innerer Kranfiheiien, 1SÎ8, t H, p. 224 (Citât. SeeliCîMuller).
CENTRES VAGOSYMPATIIIQUES 539
du sympathique dans le bras postérieur, <( vraisemblablement entre les territoires moteurs et sensitifs ».
Pour les centres corticaux (1), leur existence est déjà démontrée par Tinfluence, bien connue, des émotions, des passions et en général des fonctions psychiques sur les grandes fonctions de circulation, digestion, sécrétions... Une émotion, une secousse morale font rougir, uriner, aller du corps, ou arrêtent une digestion, feront couler les larmes ou couvriront le corps de sueurs... Par la volonté on refoule ses larmes, on suspend ou on modifie sa respiration (2).
Certaines personnes ont une influence volontaire sur la fréquence des battements de leur cœur. « Preyer dit avoir vu des personnes qui avaient la faculté d'arrêter volontairement leur pouls et le physiologiste Weber prétendait pouvoir, à volonté, interrompre les battements de son cœur en arrêtant sa respiration par la compression de la poitrine... Un étudiant de Strasbourg, nommé Ed. Weber, possédait aussi la faculté d'arrêter son cœur en faisant une aspiration profonde, suivie de Tocclusion de la glotte et de la contraction énergique des muscles expirateurs (3). » Tarchanoff (4) a publié l'histoire d'un jeune homme qui « possédait la faculté d'accélérer volontairement la fréquence de son pouls en faisant un effort analogue à ceux qui sont nécessaires pour la contraction des autres muscles de l'économie... L'accélération volontaire du pouls atteignait 20 à 35 pulsations par minute ».
(1) Voir, pour rhislorique de la queslïon mes Localisaiions dans les Maladies cérébrales, 3- édit , 1880, p. 135
(2) La suggestion a égalemenl une grande action sur ces appareils habiluellement soustraits à la volonté. Voir L'Hypnotisme et la Suggestion, Bibliothèque internationale de psychologie expérimentale, normale et pathologique, 2" édit., 1904, p. 271.
(3) Croco, LHypnolisme scienti/ique, 1900, p. 139.
(4) Tahcuanofk, I^earologiiches Centralblall ^ 1881 (Cit. Jules Soury).
Dans ces derniers temps les travaux se son! multipliés pour établir Texislence, le siège eiracliondes centres corticaux des fonctions de nutrition (1).
Danilewsky (1874) note « une légère élévation de la pression sanguine avec. ralentissement du pouls après une excitation exclusivement localisée à la circonvolution suprasylvienne d'OwEN... la stimulation des mômes régions de Técorce fut suivie d'un ralentissement de la respiration avec inspirations plus profondes et expirations plus ralenties selon le degré d'intensité du stimulus ». La même année, Hitzig constatti que « consécutivement aux extirpations de Técorce cérébrale, une élévation delà température se produit sur la moitié opposée du corps ; la chaleur est assez intense pour être sentie par la peau ».
BocHEFONTAiNE et LÉPiNE (1875) démontrcutque « la faradisation de Técorce cérébrale, et en particulier du gyrus sigmoïde, fait sécréter les glandes sousmaxillaires comme les glandes parotides, et sans doute les glandes sublinguales, bref, toutes les glandes salivaires... Pour ces savants, le territoire cortical en rapports fonctionnels avec la sécrétion salivaire s'étendait des régions antérieures des hémisphères jusqu'au centre du facial de Hitzig inclusivement ».
Pour BociiEi ONTAINE (1876) (et aussi François Franck) (( tous les points du cerveau, qui ont une action sur les mouvements des différentes parties du corps, ont également de l'action sur les mouvements respiratoires du thorax »». Dans ces excitations corticales, le mc^me auteur voit « les contractions de l'intestin grêle et du gros intestin varier d'intensité dans les différentes parties du tube digestif «. 11 voit même « des contractions intenses, extrêmement nettes, de la rate, en excitant quatre points de la partie antérieure du cerveau ». Pour le foie et le pancréas, la faradisation de la circonvolution qui entoure le sillon crucial a
(1) Voir, pour tout ce qui suit : Jules Souiay, Le Système nerveux centrai f IHW, p. 1185 et suiv.
CENTRES VaC;OSYMPATHIQU£S 541
au contraire une influence modératrice, frénatrice de leur sécrétion. Il détermine quatre points au moins de cette même circonvolution a dont l'excitation faradique agit sur Tappareilurinaire ». Enfin, dans une expérience, il constate que « la faradisation du gyrus autour de l'extrémité externe (lu sillon crucial fait contracter les trompes utérines ».
La même année, Eulenblrg et Landois démontrent dans la région motrice de Técorce des centres thermiques (thermofrénateurs), probablement distincts des aires motrices ellesmêmes, dont l'excitation produit l'hypothermie et la destruction, rhyperthermie. Bokay (1882) montre aussi la régulation thermique du corps par l'écorce cérébrale.
MuNK (1882) en excitant la convexité du lobe frontal provoque « un arrôtde la respiration en inspiration profonde du thorax et en contraction tétanique du diaphragme »• L'excitation de la face inférieure du lobe frontal produit une expiration intense par contraction tétanique des muscles abdominaux ou des contractions, très fréquentes et saccadées, de ces muscles, avec repos du diaphragme et du thorax.
Stricker (1886) élève la pression sanguine par l'excitation de la région motrice du cerveau.
Bechterew et Mislawski (1886-1888) montrent les fonctions vasomotrices d'une partie considérable de la surface des hémisphères du chien ; l'accélération notable du pouls par excitation de Taire motrice de l'écorce ; la contraction de la vessie par excitation de la partie interne du segment antérieur et postérieur du gyrus sygmoïde ; un centre cortical de la sécrétion salivaire en dehors de la zone motrice.
Unverricht (1888) détermine un point circonscrit de Técorce qui a une action évidente sur la respiration (1), et Ott(1881)) comprend la région périrolandique et la région périsylvieime dans les centres de vasoconstriction et de vasodilatation.
(1) Voir aus'^i Mink, Pukodiiasciiknsky, Christian!, Bechterew,
OSTANKOW, SCIUKOWSKI.
542 CHAPITRS SIXIÈME
Pour le tube digestif, Openghowski (1889) montre que <( chaque hémisphère cérébral possède un centre cortical du nervus diiatalor cardiœ au voisinage du sulcus cruciatus » ; Bechterevv et Misi.awski montrent l'action du gjTus sygmoïde et de la deuxième circonvolution adjacente sur la musculature intestinale (1889) et sur l'activité de lestomac (1890).
Semon et HoRSLEY (1890) établissent l'action de certains points de l'écorce sur le larynx et spécialement sur les mouvements d'adduction des cordes vocales. Bechterew et MisLAWsKi (1891) localisent le centre sécrétoire des larmes aux parties internes des circonvolutions antérieure et postérieure du gyrus sigmoide et montrent que la stimulation des centres corticaux peut également exciter ou inhiber l'activité du vagin.
Sherrington (1892) provoque des contractions du sphincter anal par l'excitation de la portion postérieure du lobe paracentral du singe (1).
Bechterew et Ostankow (1893) placent le centre cortical de la déglutition près du centre de l'expiration et des centres de Ferrier pour les mouvements de l'angle de la bouche, des mâchoires et de la langue (2).
Spencer (1894) étudie les centres corticaux delà respiration (3) ; Gustave Mann (1896) ceux de la défécation et de la miction; Trapesnh^ow (1897) celui de la déglutition ; Stephen Paget ceux de la faim et de la soif (extrémité antérieure du lobe temporosphénoïdal) ; Ossipow (1898) ceux du gros intestin et Ducceschi le centre anocortical ; Paul SoLLiER et Henry Delagenikre (4) (1901) le centre cortical de l'estomac ; Pussep (5), celui de l'érection et de Téjacu-
(1) Voir aussi Meyer.
(2) Voir aussi Hetiii.
(3) Voir aussi Sciiuciiowski (18*.>7).
(4; PaulSollier et Henry DeLAOENiÈRE, Revue neurologique^ 1901, p. 1103.
(5} Pl'ssep, Senroloyinches Ceniralblalh 1902, p. 1019.
CENTRES VAGOSYMPATHIQUES 543
lalion ; Bechterew (1) (1902) les centres corticaux de la sécrétion salivaire (gyrus suprasylvien antérieur), des glandes stomacales (latéralement au gyrus praecruciatus), de la sécrétion pancréatique (partie moyenne du même gjTus) et de la sécrétion' biliaire (partie interne du même gyrus) ; Griboïedoff (2) le centre de la sueur {partie supérieure du gyrus antecruciatus)*.
11 est donc démontrd aujourd'hui que Técorce joue un grand rôle dans l'activité des appareils normalement soustraits à la volonté ; et les physiologistes ont complètement abandonné fancienne dichotomie du système nerveux en système cérébrospinal ^avec le cerveau pour organe essentiel) pour les actes conscients volontaires et le système grand sympathique pour les phénomènes inconscients involontaires.
Comme le dit très bien Morat (3), « Teffet moteur de l'excitation de Técorce cérébrale ne se borne pas à la contraction des muscles du squelette. Celte excitation retentit également sur les mouvements de la circulation (cœur et vaisseaux), sur ceux de l'intestin (dans toute son étendue), sur ceux des réservoirs glandulaires (vessie urinaire), ainsi que sur les organes sécréteurs eux-mêmes. En somme, aucun organe n'échappe à l'influence cérébrale ».
Sans doute Técorce n'intervient pas constamment dans la vie physiologique de ces appareils qui resten t des appareils automatiques inférieurs. Son action n'est donc pas nécessaire ; mais elle est efficace^ c'est-à-dire que, dans certaines conditions, cette action peut s'exercer (4),
(1) Bechterew, Archiv fur Analomie and Physiologie, 1902 (Revue neurologique, 1903, p 368).
(2y Griboïedoff, Revue russe de Psychiatrie^ Neurologie et Psychologie expérimentale, 1902, p. 501 [Revue neurologique, 1903, p. 466).
(3/ Morat, Fonctions d'innervation, Traité de Physiologie cité 1902, p. 495.
(4; V'^oir, plus loin, § II. B. II. 3, les documents cliniques pour la localisation cérébrale de ces centres.
544 CRAPITAE SIXIÈME
CIRCIILATIOX
A. — ANATOMOPHYSIOLOGIE
1. Système nerveux du cœur. — 2. Système nerreux des artères. — 3. Relations nerveuses cardiovasculaires.