Système nerveux du cœur
L'appareil nerveux central du cœur provient de deux sources antagonistes : le pneumogastrique (1) qui ralentit les battements du cœur et abaisse la tension artérielle (nerî frénateur) cl le grand sympathique qui acci^lère le*^ contractions cardiaques et él^ve la pression sanguine (2' (nerf accélérateur),
Waller avait montré qu'après Tarrachement des nerfs spinaux les fibres cardiaques du vague dégénèrent et au bout de quelque temps le pneumogastrique a perdu son action inhibilrice sur le cœur (3). D'après ces idées, encore classiques, le nerf inhibiteur du cœur serait le spinal par sa branche interne : c'est du noyau bulbaire du spinal que partirait l'influence frénatrice sur le cœur ; elle suivrait la branche interne du nerf de Wiijjs, s'accolerait au pneumogastrique (à partir du ganglion plexiforme) et aboutirait au plexus cardiaque (par les rameaux cardiaques du vague).
(1) Surtout le pneumogastrique droit (Arloinc et Tripieh).
(2) D'après Esslemont (Archiv fur experimenlelle Pathologie und Pharmakologie^ t. XLVI, 1901) « leî* modifications du pouls produites par l'excitation des nerfs accélérateurs ou retardeurs du cœur sont dues, non pas à une action directe sur la pression sanguine mais à des différences intrinsèques dans la tonicité de la fibre cardiaque, différences indépendantes des excitations de tel ou lei nerf » {Revue neurologique^ 1902, p.49C).
(3) VoirllKHON, lo'^o c// , p. 228.
Récemment (1902) van Gehuchten (1) paratt avoir démontré que : 1^ les fibres inhibitrices du cœur appartiennent au pneumogastrique ; 2^ ces fibres quittent le bulbe par les filets radiculaires moyens du nerf vague ; 3® les fibres bulbaires du nerf de Willis appartiennent au nerf pneumogastrique .
Quant à finfluence accélératrice, son premier neurone est dans la moelle, à la région cervicodorsale(LEGALi.ois), sur une étendue assez grande ; les prolongements cylindraxiles passent dans les rameaux communiquants, depuis la quatrième ou cinquième racine cervicale jusqu'à la cinquièmedorsale et gagnent le grand sympathique. Le second neurone est formé par le premier ganglion thoracique et le ganglion cervical inférieur ; celui-ci est relié au ganglion cervical moyen par le nerf vertébral et Tanse de Vieus- SENs (2), puis au ganglion cervical supérieur par un cordon intermédiaire. Et c'est des trois ganglions cervicaux qu'émanent les trois nerfs cardiaques (supérieur, moyen et inférieur) qui aboutissent au plexus cardiaque comme les rameaux du pneumogastrique.
On voit par là les centres réflexes successifs de l'innervation cardiaque. Sans parler des ganglions intracardiaques qui sont périphériques, il y a les neurones des ganglions sympathiques et les neurones bulbomédullaires ; les neu* rones plus élevés (du corps strié et de fécorce) pouvant aussi avoir une action inhibilrice ou excitatrice sur les réflexes inférieurs.