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Arthropathies

a. Tabès.

Sans avoir été le premier à décrire les arthropathies des tabétiques, Ciiarcot (1868) a une telle place dans Thistorique de la question que cette manifestation porte, en Angleterre, le nom de CharcoCs joint disease.

Je n'insisterai pas sur la description clinique de ces arthropathies. Mon ancien chef de clinique Gibert les a bien étudiées avec la radiographie <2) et a montré que dans certains cas les arthropathies pouvaient être le symptôme, sinon unique, du moins prédominant, d-u labes et qu'il y a

(1) DKLEAr.E, Étude clinique Hur la maladie de Thomsen, thèse de Paris, 1890 el article Maladie de Tiiomskn, Traité des Maladies de ienfanre, WJS. — Voir aussi Dejekine et Sottas, Revue de Médecine, 1895.

(t?) GiiiEHT, Nouvelle Iconographie de la Salpétrière, 1900, p. 1-15.

un tahes trophique comme il y a un labes moteur et un tabès sensitif. Plus récemment, Idelsoiin (1) a disséqué un pied tabétique (du service de Pierre Marie) d'un sujet chez lequel on a trouvé une dégénéralion typique des cordons postérieurs, mais qui, avant sa mort, « sauf des douleurs périodiques et peu caractéristiques, ne présentait guère aucune manifestation typique du tabès ».

Tous les auteurs n'attribuent pas Tarthropathie des tabétiques à Taltération du système nerveux. Certains (2) (von Volkmann) pensent qu'elle est due à Tarthritisme (ViRCHOw), au traumatisme facilité par l'analgésie (Hutchinson) ou directement à la syphilis (Strumpell).

« Pour Charcot, et son opinion est appuyée par les résultais d'un certain nombre d'autopsies (Charcot et Joffroy, PiERRKT, LiouviLLE, Seeligmuller) la véritable cause doit être recherchée dans Texistence de Taffection médullaire. Suivant toute vraisemblance ce n'est pas la lésion des cordons postérieurs qui en est responsable, c'est une lésion concomitante de la substance grise des cornes antérieures, lésion probablement produite par la propagation à cette substance des lésions scléreuses du cordon postérieur (Charcot). Massalongo et Vanzetti (3) ont signalé des lésions des cellules des cornes antérieures dans un cas d'arthropathies multiples. Pour Buzzard, c'est à une allération du bulbe qu'il faudrait rapporter les troubles trophiques tabétiques qui se traduisent par une arthropathie ; cet auteur édifie sa théorie sur la coïncidence qu'il a souvent remarquée chez un même malade d'une arthropathie avec des crises laryngées. Enfin, pour les auteurs qui font jouer dans la production des symptômes tabétiques un

(1) Idelsohn, Société de Neurologie, 7 janvier 1904, Bévue neurologiquCf 1904, p. 90.

(2) Voir Pierre Marie, Article Tabès dorsalis Traité de Médecine 1904, t. IX, p. 739.

(3) Massalongo et Vanzetti, Académie de médecine de Turin, 26 janvier 1900.

rôle primordial aux allérations des nerfs périphériques, les arlhropathies seraient dues à des névrites frappant les nerfs des os et des articulations » (Pierre Marie).

Brill (1) se rattache à la théorie de la trophicitc réflexe de Marinesco, en admettant que les altérations des fîbros centripètes jouenl le principal rôle dans la production des arthropathies.

b. Syringomyélie.

C'est encore Ciiarcot (2) qui a bien fait connaître les arthropathies des syringomyéliques.

Carl Hudovernig (3) a montré par l'étude radiographique que, même dans les cas où un léger traumatisme a précédé Tarthropalhie, il y avait chez le syringomyélique une certaine altération préalable des surfaces articulaires (4).

c. Autres maladies médullaires.

Les arthropathies ont été signalées par Remak (1863) dans ïatrophie musculaire progressive, Rosenthal en cile aussi un cas dans son traité. Il y en a d'autres. Mais ils sont rares ; ce qui cadre mal avec la théorie qui attribuerait ce trouble trophique à la lésion des cornes antérieures.

Vallin (5) a vu une arthropathie dans un cas de myélite diffuse aiguë centrale ou périépendymaire : ceci se rapproche mieux de la syringomyélie dans laquelle les arthropathies sont fréquentes.

d. Maladies cérébrales.

Les arthropathies des hémiplégiques, indiquées par

(1) Brill, Conlribulion à Vélade de Varthropalhie labétique, thèse de Bucarest {Revue neurologique^ 1902, p. 1114).

(2) Ciiarcot, Progrès médical, 29 avril 1893, Indications bibliographiques complètes.

(3) Carl Hudovernig, Neurologisches Centralblatl, 1901, p. 1137. (4; Voir aussi Brissaud, Archives générales de Médecine, 1903, p.

(5) Vallin, Union médicale^ juillet 1878,

Scott Alison et par Brown-Sequard, ont été surtout décrites par CuARcoT (1) (1868).

Hitzig(1870) a voulu en faire des arthrites Iraumatiques. Le traumatisme peut aider à leur développement, au moins pour certaines articulations comme Tépaule. Mais ro n'esl pas la cause unique et il faut admettre une action trophique.

D'autre part on a observé ces arthropathies dans l'hémiplégie flasque. On ne peut donc pas les attribuer à la dégénérescence descendante du faisceau pyramidal méduHaire.

(jiLLKS DE i.A Tôt HETTL (2) fait joucr uu grand rôle à ces arthropathies dans la production des amyotrophies consécutives (3).

e. Synthèse de la question.

On a probablement englobé sous le titre général d'arthropathies nerveuses beaucoup de cas d'arthropathies infectieuses outraumatiques chez des nerveux : telles sont peutêtre beaucoup des arthropathies d'hémiplégiques décrites par Charcot (4).

Mais dans beaucoup de cas Tinfection ou le traumatisme ont produit Tarthropathie parce que le système nerveux de cette articulation était malade : arthropathies trophoinfectieuses ou trophotraumatiques. Enfm il y a des arthropathies nerveuses pures (5), notamment dans le tabès et dans la syringomyélie. C'est alors qu'il y a une << véritable folie de la jointure » (Lo.nde).

Dans ces derniers cas, on se range en général, comme

(1) Charcot, Archives de Physiologie, I8C8.

(2) Gilles df. la Toukette, Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière, 1897, p. 287 et 340 et Leçons de Clinique thérapeutique sur les Maladies du système nerveux , 1898, p. 40.

(3) Voir plus haut, p. 614.

(4) Voir Pierre Marie, Traité de Médecine et de Thérapeutique de BrouardetetGilt>erl, t. VHÏ, p. 500.

(5) Voir Londe, Souvelle Iconographie de ta Salpêlrière, 1897, p. 382. Bonne bibliographie des arthropathies nerveuses.

théorie (1), à la théorie réflexe de Brissaud et Marinesco : Tare diaslallique est conslitué par une branche aiTérenle (nerfs sènsitifs), un centre réflecteur et une branche efférente réflexe (nerfs vasoinoteurs)...

Pour parler le langage employé dans tout ce livre, l'appareil du trophisme articulaire est, comme tous les autres appareils nerveux, centripétocentrifuge avec des neurones centraux. Les principaux neuronesde Tappareil articulaire semblent être dans la substance grise centropostérieure, comme les neurones de la sensibilité et les neurones vasomoteurs.

Pour la description plus précise, qui n'est pas encore possible, du trajet des voies trophiques, notons que dans rhémilésion de la moelle (syndrome de Brown Sequard) s'il y a en même temps eschare et arthropathie, celle-ci est du côté de la lésion médullaire (directe) tandis que cellelà est du côté opposé (croisée).

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