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CONCLUSION GÉNÉRALE SUR L'APPAREIL NERVEUX

DE LA TROPHICITÉ

Par tout ce qui précède on voit d'un côté combien est important le rôle du système nerveux dans la régulation

(1) Dercum, Philadelphia médical Journal, 1902, p. 396 {Revue

(2) Voir sur celle lipomatose symétrique non douloureuse : Charles Féré et M"« Marthe Francillon, Bévue de Chirurgie, 1901, LuiGi BoRDONi, Riforma medica, 1901, p. 735; Mauclaire, Société de Chirurgie, octobre 1901 ; Mosny et Beaufumé, Société médicale des hôpitaux, 1902, p. lOG ; Léox Camille Quéry, Contribution à Vétude de la lipomatose diffuse symétrique à prédominance cervicale, thèse de Paris, 1902, n« 212 ; Tui FfER, Sociélé de Chirurgie, janvier 1904 {Revue neurologique, 1902, p. 36, 512, 740 et 1117; 1904, p. £ô3;.

de la nulrilion et de l'autre combien cette grave question est encore incomplètement élucidée.

Le chapitre est encore à la phase de réunion des documents : c'est même pour cela qu'il a nécessairement pris, dans ce livre, des dimensions un peu disproportionnées par rapport aux autres chapitres.

Il est impossible de préciser le trajet complet des voies trophiques. Mais on peut affirmer qu'il y a des voies nerveuses de la trophicité (1), que, pour cet appareil comme pour tous les autres, il y a des voies centripètes, des voies centrifuges et des cenlres. Les voies centripètes se confondent avec les nerfs sensitifs, les voies centrifuges avec les nerfs vasomoleurs et les nerfs moteurs, les cenlres sont dans les ganglions (sympathiques et rachidiens), dans la substance grise du bulbe et de la moelle, dans les centres de la base de Tencéphale et même dans Técorce.

A Tétat normal, la sensibilité des tissus les protège et règle leur nutrition ; d'où l'association fréquente des troubles trophiques avec les troubles de la sensibilité. Ce qui a fait dire à certains auteurs (Marinesco, Brissaud) (2) que la nutrition est un acte réflexe, comme tous les actes nerveux .

L'appareil nerveux trophique étant absolument sur le môme plan que tous les autres appareils nerveux, on comprend que les troubles trophiques puissent présenter, suivant le siège de l'altération, la distribution périphérique, la distribution radiculaire ou la distribution segmentaire, comme tous les symptômes nerveux.

Dans la production des troubles trophiques, quels qu'ils

(1) Voir, en plus de toutes les preuves réunies dans ce chapitre en faveur de Fexistence des voies trophiques : Giuseppe Pà- GANO, Biuista di Pafologia nervosa e mentale^ 1904, p. 17 [Revue neurologique, 1904, p. 371).

(2) Brissal'd {loco cii., t. Il, p. 65) cite Velpeau (1850), Mavet et Tkipier (1868J et Notiinagel (1869) comme précurseurs de Marinesco sur cette thèse que « l'équilibre trophique est un acte réflexe ».

soient, la question du rôle du système nerveux reste loajours une question de pathogénie et de mécanisme d action et ne préjuge en rien la question d'étiologie et du rôle causal des infections, des intoxications et des toxiinfections. Comme Télément toxique ou infectieux est luimême transporté au système nerveux ou aux organes par les vaisseaux, Tétude de Télément vasculaire et circulatoire n'est en rien contradictoire ni éliminatrice de Tétude de Télément nerveux.

Sans faire d'aucun de ces trois éléments le centre d'une théorie exclusive, il faut, dans chaque dermatose et en général dans chaque trouble trophique, chercher les trois éléments (toxiinfectieux, vasculaire, nerveux) et dans chaque cas particulier déterminer la présence et la proportion de chacun de ces éléments.

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