‹ Les centres nerveuxChapitre 2 sur 208 · DÉFINITIONS ET PLAN · texte numérisé non relu

DÉFINITIONS ET PLAN

I. — 1. Coostitutîon générale du système nerveux : centres et nerfs. Le neurone ; corps cellulaiire et prolongements. — 2. Unité du neurone et solidarité de ses diverses parties. Dégénérescences. — 3. Développement des centres et des éléments nerveux.

H. — 1. Connexions des neurones entre eux. Contiguïté de leurs prolongements. — 2. Mouvements amîboïdes et déformations dendritiques.

m, — Objections à la conception du neurone. Les réseaux intra et extracellulaires. La continuité de l'entier système nerveux. Développement et régénération in situ. Conception caténaire du système nerveux.

IV. — Ce qui reste du neurone ; idée qu'il faut en garder. Le neurone est Tunité physiologique, anatomiquementctembryologiquement polycellulaire.

V. — Groupement des neurones entre eux : l)en hauteur (étages):

a) plan inférieur ou périphérique (de réception ou d'émission);

b) plan intermédiaire (de relais) ; c) plan supérieur ou cortical (de perception et de psychisme, supérieur et inférieur). Schéma des psychismes : 0 et polygone. — 2) en appareils (systèmes).

VL — Fonctionnement du neurone. L'acte réflexe. Action réciproque des divers étages de centres réflexes.

8 GUAPITRE PRÉLIMINAIRE

Vfl. — i. Notion physiologique de TuDilé fonctionneHe cl centrale subslituée à la notion anatomique de l'unité géographique et périphérique. Appareils nerveux simples ou complexes. — 2, Rapports de la clinique ci de la physiopathologiç. — .3, Cjias sification physiopatholojscique des appareils nerveux. Plan du livre.

i. Constitation générale du système nervenz : centres et nerfs. Le neurone : corps cellalaire et prolongements. — 2. Unité da nenrone et solidarité de ses diverses parties. Dégénérescences. — 3. Développement des centres et des éléments nervenx.

1. Le Système nerveux de Vhomme{le seul que nous ayons en vue, ne parlant accidentellement des animaux que

pour éclairer Tétude de Thomme) est formé de centres et de nerfs.

Habituellement on appelle centres : le cerveau, le mesocéphale et le bulbe, le cervelet et la moelle. Les nerfs sont alors les cordons (moteurs, sensitifsou mixtes) qui unissent ces centres à la périphérie. — Cette conception est inexacte.

Dans le cerveau et dans la moelle il y a de la substance blanche qui est formée de conducteurs, à côté de substance grise (à la surface dans le cerveau,.au centre dans la moelle) qui forme réellement les centres. De même, à la périphérie il nV a pas seulement des conducteurs, puisque, dans le cœur par exemple et bien ailleurs, il y a des ganglions qui sont de vrais centres.

Les nerfssont les conducteurs, centripèlesou centrifuges, d'une excitation sensitive ou motrice. Les centres sont des cellules ou des réunions de cellules, dans lesquelles la force s'emmagasine ou se transforme, où l'excitation sensitive devient excitation motrice.

Ainsi compris, le système nerveux entier (1) estlarepro-

(Ij Voir pour loulce chapitre: van GEi!CCHTEN,i4/ia/omi> du Sy^-

GÉNÉHALITÉS ANATOMOPHYSIOLOGIQUES 9

duclion, en grand, de son élément constilutif, le neurone (Waldeyer, 1891 ) : le neurone est formé d'une cellule (centre) et de prolongements y les uns cellulipètes ou protoplasma^ tiqueSy les autres cellulifuges ou cylindraxiles (Deiters, Ramon y Cajal, van Gehuchten).

Le corps ce/Zu^air^ (ancienne cellule nerveuse découverte par Valentin, 1836 à 1839) est une masse de protoplasma granuleux et fibrillaire, sans enveloppe, avec un noyau volumineux, arrondi, clair et renfermant le pluç souvent un gros nucléole. La coloration de Nissl (au bleu de méthylène) permet de distinguer dans les corps cellulaires : 1 <> une partie qui se colore (chromophile), se présente sous des aspects polygonaux, se continue dans les prolongements protoplasmatiques et serait une substance de réserve pour le neurone ; 2^ une partie qui ne se colore pas (substance achromatique, enchylème), d'aspect fibrillaire, qui serait Télément constituant principal, dont les prolongements cylindraxiles seraient la suite.

Le corps cellulaire a deux pôles (1) : Tun récepteur (posiih de Brissaud) « organisé pour recevoir l'excitation » parles prolongements protoplasmatiques, l'autre distributeur ou émissif (négatif de Brissaud) organisé pour transmettre l'excitation « à d'autres organes ou d'autres neurones que lui-même » par les prolongements cylindraxiles.

Le prolongement cylindravile ou axone de Kôlliker (neurite, prolongement de Deiters, cylindraxe de Purkinje) naît leplussouvent du corps cellulaire, plus rarement d'un prolongement protoplasmatique. Il est habiluellement unique. C'est une fibre filiforme, d'un calibre régulier et

lème nerveux de Vhomme, Z* édil., t. I, 1900, p. 187 à 351; Morat, Fonctions d'innervation, Trailé de Physiologie de Moral el Doijon, 1902, p. 5 à 40; Tourneux, Pr^c/.s d'ilislologie humaine, 1903, p. 259 à 335.

(l) MoRAT, lococii.^ p. 15.

égal depuis son origine jusqu'à sa terminaison. Sa surface est lisse et jamais hérissée de pointes ou d'épines latérales. Il peut émettre des collatérales qui s'en détachent è angle droit et présentent les m^^mes caractères que lui. Nus dans la substance grise des centres nerveux, les cylindraxes s'enveloppent ensuite de myéline et forment alors la substance blanche des centres. Enfin ils s'entourent de la gatne de ScHWANN et constituent les nerfs. Certains cvlindraxes ont une gaine de Schwann sans avoir de myéline ; ce sont les fibres de Remak (grand sympathique).

Lecylindraxe est formé d'un faisceau de fibrilles (Remak, 1836).

A la surface de la myéline sont appliquées, de distance en distance, des cellules (segmenlaires de Ranvier et Vignal). La myéline des conducteurs est fragmentée en tronçons: étranglements annulaires (incisuresde Schmidt, 1874 ou de Lautermann, 1876), limitant des segments interannulaires dans lesquels sont les cellules segmentaires (qui, d'après Ranvier, seraient les cellules adipeuses de la myéline).

Les proloiigements protoplasmatiques (dendrites de His) sont nombreux, variables ; se dicholomisent,sc ramifient et forment des arborisations souvent fort riches. Plus gros à leur origine, ils vont en s'effilant graduellement comme les branches d'un arbre. Leurs ramifications les plus fines peuvent présenter, suivant leur état de fonctionnement ou de fatigue, de petites épines latérales Ou des renflements variqueux, sur lesquels nous reviendrons.

Ils sont formés de fibrilles nerveuses primitives (Max ScHULTZE, 1868) qui s'ép*inouissent dans le corps cellulaire où ils peuvent se perdre ou qu'ils traversent pour se continuer dans les prolongements opposés.

Ces prolongements protoplasmatiques sont bien diflerents du prolongement cylindraxile '. ce dernier est seul un prolongement, les dendrites faisant plutôt partie de la cellule

GÉNÉRALITÉS ANÀTOMOPHYSIOLOGIQUES il

elle-même, c Les prolongements protoplasmatiques ne représentent, en dernière analyse, qu'une expansion du corps cellulaire, ne paraissant avoir d'autre but que d'agrandir sa surface pour faciliter et multiplier en quelque sorte les contacts avec d'autres neurones ; ils forment un seul tout avec le corps cellulaire, de telle manière que le neurone se réduit en définitive à une masse plus ou moins étalée de protoplasme d'où naît Faxone «(van Gehuchten).

C'est la théorie de la polarisation dynamique des éléments nerveux de Ramon y Cajal : « d'après cette théorie, les prolongements protoplasmatiques avec le corps cellulaire dont ils dépendent seraient des appareils de perception de l'ébranlement nerveux, tandis que les prolongements cylindraxiles constitueraient des appareils d'application (1) ».

On comprend dès lors comment certains auteurs (Morat, 1895) (2) mettent à l'articulation entre les prolongements du cvlindraxe d'un neurone et les dendriles d'un autre le point important de contact d'un cylîndraxe avec une autre cellule.

Le corps cellulaire du neurone a sa circulation lympha» tique propre.

HoLMGREEN a décrit (1899) dans le protoplasme de la cellule de forts canalicules, anastomosés parfois en réseau. Ces canalicules, confirmés et étudiés par Studnicka, Betiie, Fragmto, Pugnat..,, paraissent communiquer avec le système lymphatique (Marinesco) (3).

Au môme système appartiendraient les gaines pàrlvasculaires de Kôlliker (1850) et la névroglie elle-môme.

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