Lésions capsulaires
C'est dans la paralysie pseudobulbaire (Lepine 1877) par lésion bilatérale du cerveau (3) qu'on observe surtout les troubles dysarthriques de la parole par lésions capsulaires (corps strié et capsule interne motrice).
Dans ces cas, u la dysarthrie consiste principalement en une lenteur qui traduit l'effort, un calcul pénible, une
(1) VlNCELET, loCO cU., p. 23.
(2) Voir d'AsTROs, Revue de Médecine, 1894, p. 1.
(3) Voir : Raymond et Ahtai'd, loco cil y p. 152 ; Gala vielle, //lése de MonlpeUier, 1893 ; IIalipré, Thèse de Paris, 1894 ; Raymond, Clinique des Maladies du Sysième nerveux, 1896, t. I, p. 436 ; Bris- SAUD, Leçons sur les Maladies nerveuses^ 1899, t. II, p. 295.
sorte d'épellation des lettres ou de scansion des syllabes. Certains mots sont plus facilement prononcés, d'autresont grand'peine à sortir et alors font explosion, pour employer une comparaison classique... La voix est sourde, souvent nasillarde (ce (jui tient à une paralysie au moins partielle, du voile palatin) et surf oui monotone (1) ».
Le trouble peut aller jusqu'à Tanarlbrie absolue, comme c'était le cas chez notre malade dont l'observation (avec autopsie) a servi de point de départ à la thèse de Galavielle (2).
Parfois une lésion unilatérale peut entraîner une symptomatologie analogue (observations de Ross, Drummond, KiRCHHOFF, Nothnagel) (3). Halipré et Brissaud (4) ont proposé^ pour expliquer la chose, des schémas d'après lesquels chaque noyau lenticulaire (5) communiquerait, directement ou par le corps calleux, avec Técorce cérébrale des deux côtés.
Du reste, le fait doit être considéré comme exceptionnel et en général, la lésion capsulaire unilatérale ne donne pas lieu à de grands troubles dans la parole, même quand la langue participe à l'hémiplégie, le centre cortical de l'articula lion des mots étant bilatéral ; ce qui le différencie du centre cortical du langage, physiologiquemenl situé à gauche.
(1) Brissaud, loco cit., p. 30G.
(2) Gala VIELLE, loco cit., p. 16. Dans ceUe même thèse on trouvera (p. 80) une description complète de ces troubles dysarthriques et plus loin (p. 97) la discussion de leur physiologie pathologique et spécialement du rôle du larynx dans la phonation et Tarliculalion (p. 100).
(3) Dans sa thèse déjà citée, Lefort (1903) étudie la dysarlhrie par lésion souscorticale de Thémisphère droit. Son obsen-alion personnelle est un cas de paralysie pseudobulbaire par lésion unilatérale.
(4) Brissaud, loco cit., p. 331.
(5) Voir pour la dysarlhrie par lésion lenticulaire Giovanni Min- GAzziyij liwisla sperinientale di Freniatria e medicina légale di aliénât, ment , V^2 {Revue neurologique, 1903, p. KU;.
C'est dans le même groupe des dysarlhries capsulaires qu'il faut placer les aphasies souscorticales de Pitres : i< On a décrit, dit-il (1), sous le nom d'aphasie souscorticale (2), un syndrome clinique différent de Taphasie motrice vulgaire par la conservation intégrale de la notion idéale et de l'image phonétique motrice des mots et par un trouble de l'articulation ayant pour effet de rendre la parole bredouillée, indistincte, parfois même tout à fait inintelligible... Les cas cliniques présentent la symplomatologie attribuée à l'aphasie souscorticale... coïncidant avec des lésions de la partie moyenne de la capsule interne ou tout au moins de la région capsulaire. Aucune observation ne démontre que les lésions centreovalaires, siégeant dans la portion élargie du cône de substance blanche sous-jacent à la circonvolution de Broca, puissent déterminer le syndrome aphasie souscorticale, même quand la lésion épargne complètement la substance grise. Les lésions de ce genre cfonnent lieu à l'aphasie motrice vulgaire, corticale (3). Au point de vue nosographique, l'aphasie dite souscorticale dont les symptômes positifs sont, en somme, uyiiquement représentés par des troubles dysarihriques ouanarthriques{4)y doit être détachée du groupe des aphasies vraies pour être rapprochée de celui des paralysies pseudobulbaires... Cela provient vraisemblablement de ce que les centres spécialisés du langage n'ont pas de fibres propres les reliant directement aux centres d'exécution bulbomédullaire. Ils empruntent, pour leurs communications avec la périphérie, le concours des centres moteurs et sensitifs communs, lesquels, étant seuls représentés dans la capsule interne par
(1) PiTRE!5, Rapport cité au Congrès de f.yon, 1894.
(2) J'ai dit plus haut (aphasies souspolygonales p. 317) ce qu'il faut entendre par aphasies souscorticales. J'estime, avec Dejerine, qu'il ne faut pas confondre Taphasie souscorticale (mon 5" type) avec la dysarthrie capsulaire.
(3) Mon aphasie souspolygonale.
(4) C'est moi qui souligne.
des fibres de projection directe, sont seuls atteints par les lésions de la région capsulaire. )>
C'est dire qu'il n'y a pas plus d'aphasie capsulaire qu'il n'y a (quoi qu'on en ait dit) (1) d'aphasie pédonculairc ou d'aphasie protubéranticlle (2).