Siège anatomique des lésions
L'étude anatomique du siège des lésions dans Thémianopsie peut s'appuyer aujourd'hui sur un nombre suffisant de faits avec autopsie.
Pour le centre cortical, nous avons d'abord les trois cas, en quelque sorte historiques, de IIin (3) (1887), Henschen- NoRDENsoN (4) et Dejerine-Vialet (5). On peut y ajouter deux faits de Kustermann (6), deux de Touche (7), un de Pierre Marie et Crouzon (8), deux de Pierre Marie et Ferrand (9), un de Goimet (10), un d'HENRi Bernard (11),
(1) Marchand, Nouvelle Iconographie de la Salpêlrière, 1903, t. XVI. p. 100.
(2) ViALET, loco cil., p. 331.
(3;Hu.\, observation XI.VIII de Vialet, p. ir»3.
(4; IIknsciikN'Xoudevson, observation LXXXV de Vialet, p. 210.
(5) Dejerine-Vialet, p. 221 de la Uièse de Vialet.
(6) Kustermann, Monalasrhrifl fur Paychialrie und Neurologie, 1893, p. 335 {Reuue neurologique, 1898, p. 648).
(7) Touche Archives générales de Médecine, 1899, p. 700.
(8) Pierre Marie et Crouzon, SocitUé de Neurologie, Il janvier 1900, Revue neurologique,' VJOO, p. 63.
(9; Pierre Marie et FKRnANu, Société de Neurologie, 3 mai 1900 et 10 janvier 11K)1 Revue neurologique, IIKK), p. 431 ellîoi, p. 63. Dans ces mémoires, les auteurs signalent, en plus, les rapports entre les tubercules mamillaires et le centre de la vision.
(10) Goimet, Société de Médecine de Lyon, W:^ [Revue neurologique, 1900, p. fxxS).
(11) Henri Bernard, Société anatomique de Paris, \^m, p. 1^0 {Revue neurologique, 1900, p. 1033).
deux de Jonkowsky (1), un de Touche et Cruchaudeau (2), un de Pierre Marie et Georges Guillain (3).
Aces faits positifs on ne peut pas objecter les faits négatifs (comme celui de Touche) (4) dans lesquels une lésion bilatérale des zones visuelles corticales est une trouvaille d'autopsie, n'ayant pas entraîné la cécité. Ce sont très probablement des cas à suppléance.
Pour les radiations optiqueSyyai cité un fait personnel (5) et en ai rapproché cinq autres : un de Chauffard (6), deux de VON MoNAKOW (7) et deux de Dejerine (8). . Enfin Joffroy (9) a publié un fait sans autopsie, dans lequel les symptômes concomitants permettent d'admettre une lésion d'une bandelette optique, très près du chiasma.
On a voulu préciser davantage et subdiviser le centre cortical de la vision en plusieurs segments correspondant aux diverses parties de la rétine.
MuNK, le premier, a admis une sorte de projection de la rétine sur Técorce cérébrale : le faisceau croisé s'épanouissant à la face interne et le faisceau direct à la face externe.
(1) Jonkowsky, Nouvelle Iconographie de la Salpélrière, 1901, t. XIV, p. 1. Voir encore, sur cesujet du centre cortical de la vision et de sa séméiologie: Crispolti, La clinica mod , I9Û0, p 233 (Revue neurologique, 1900, p. 1034) et Berger, Archiv fiir Psychialrie und Nervenkrankheilény 1900, t. XXXI II {Revue neurologique, 1901, p. 187).
(2) Touche et Cruchaudeau, Société de Neurologie, 9 janvier 1902, Revue neurologique, 1902, p. 64.
(3) Pierre Marie et Georgks Guillain, Société de Neurologie, 13 mars 1902, Revue neurologique, 1902, p. 281.
(4) Touche, Société analomique de Paris, 1901 {Revue neurologique 1902, p. 1155).
(5) Leçons citées sur la séméiologie de la vision, p. 423.
(6) Chauffard, Revue de Médecine, 1888, p. 131.
(7) Von Monakow, observations CXXV, p. 202 et CXXXVII, p. 213 de Vialet.
(8) Dejerine, observations IV et V de Vialet.
(9) Joffroy^ Nouvelle Iconographie de la Salpélrière, 1898, t. XI, p. 1.
Henschen (1) a décrit 4 cas d'hémianopsie en sectemr (quadrant) dont un avec autopsie, qui confirment son idée que la rétine se projette sur le centre de la vision. « Une lésion de la portion dorsale des voies optiques dans le corps genouillé externe, en arrière de ce ganglion ou dans Técorce de la scissure calcarine, produit une héniianopsié en quadrant en bas et une lésion ventrale de ces mêmes organes produit Thémianopsie dans le quadrant supérieur. »
Dans ce groupe des hémianopsies partielles il faut citer les cas suivants : 1° Hln (2) : riiémianopsie n'occupait que le quart inférieur du champ visuel des deux côtés et la lésion occupait la moitié inférieure du cuneus jusqu'à la scissure calcarine, c'est-à-dire la lèvr<^ supérieure de cette scissure ; 2^ Wilbrand (3) : hémianopsie surtout limitée au quart supérieur du champ visuel ; ramollissement occupant le lobe fusiformc et la moitié postérieure du cuneus, c'està-dire à peu près la lèvre inférieure de la scissure calcarine ; 3® de Lapersonne et Grand (4) : hémianopsie horizontale inférieure (sans autopsie), hémianopsie partielle double, à la suite d'un traumatisme, attribuée à un épanchement sanguin fusant de haut en bas, formant foyer non loin de la scissure perpendiculaire interne, en détruisant l'écorce du cuneus : 4'^ Kôster (5) : autre cas d'hémianopsie horizontale inférieure.
J'ai moi-même observé avec mes confrères Bosc, Villard et VmES une jeune fille (envoyée par mon confrère Ferlin de Valence) qui présentait des crises terribles de migraine ophtalmique depuis de longues années et qui conservait constamrtient une hémianopsie en quadrant, très curieuse,
(1) Henschen, Congrès de Moscou, 1897, Hevue neuroloyUjue^ 1897, p. G19 et Congrès de Paris, 1900, lieuue neurologique, 1900, p. 18G.
(2) Hun, observation déjà citée.
(3) WiLHHAND, observation LVI de Vialet.
(4) De Lapersonne cL Ghand, Pre.^ae médicale, 1897, p. 1G2 {Revue neurologique, 1897, p. 222).
(5) KosTER, Hevue neurologique, 1900, p. 191.
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liii qucj'ai reproduiL. D' ViLi
que ViLLARD a très bien délimitée à plusieurs reprises (1) (fig. 42 et 43.)