‹ Les centres nerveuxChapitre 75 sur 208 · Cécile corticale et cécité psychique · texte numérisé non relu

Cécile corticale et cécité psychique

a. La cécité corticale (double hémianopsie) se produit quand il y a destruction bilatérale des centres corticaux de la vision.

Je renvoie ii ta fin de ce chapitre (S VI, 2) les éléments du diagnostic diffcrcnticl de celle cécité basé sur l'analyse des réflexes palpébraux et pupillaires.

La vision centrale peut persister dans la cécité corticale quialors n'est pas absolue. Tels sont les cas de Deyl (2) et

(1> Voir plus loin, dans le mâme chapitre (g II, D. 1, 1, Appendice b) les rapporte de l'hémianopde el de la déviolion octiiaire.

(2) Dëyl, Société dee médecing Ichèque-tde I'rague,TioovembrelS'J7 \Revue neurologique, 1898, p. Ri).

360 CHAPITRE QUA.TRIÈME

de Marchand (1). Ces faits sont à l'appui de l'opinion des auteurs qui admettent pour le faisceau maculaire un centre différent de celui des hémioptiques.

Pour VON MoNAKOw, la macula ne se projette pas dans Técorce, mais dans les centres optiques primaires. Hens- CHEN (2) au contraire place le champ visuel périphérique à l'extrémité postérieure de la scissure calcarine et sa partie centrale à son extrémité antérieure.

Pour Flechsig, les fibres de la macula viendraient, par le corps genouillé externe, se terminer exclusivement dans les parois de la scissure calcarine, tandis que les autres fibres viendraient, par la couche optique et les tubercules quadrijumeaux supérieurs, dans Técorce cérébrale voisine de cette scissure (van Gehuchten).

Mais il faut se rappeler aussi que dans certains cas (tel celui de Kustermann) (3) la destruction du centre cortical a supprimé môme la vision centrale (4), que dans les divers cas observés avec conservation « (Foerster, Henschen, La- QUEUR et ScHMiDT, Ics localisationsdc ces soi disants centres maculaires ne concordent pas » et qu'enfin « on ne connaît cliniquement aucun cas de perte de la vision centrale avec intégrité des limites périphériques du champ visuel consécutif à une lésion corticale. »

On peut dès lors conclure, avec Dejerine (5) : « la dissociation des fibres maculaires dans la bandelette, leur dispersion dans tout le corps genouillé externe, leurs contacts à ce niveau avec des cellules d'origine des radiations optiques beaucoup plus nombreuses que les fibres maculaires

(1) Marchand, loco cil., p. 105.

(2) Henschen, Congrès de Paris, 1900. Revue neurologique^ 1900, p. 186.

(3) Kustermann, Monalsschrift fur Psychialrie und Neurologie, 1897, p. 335 (Revue neurologique, 1898, p. 648).

(4) La cécité était absolue dans le cas de Touche (Société de Neurologie, 13 mars 1902, Revue neurologique, 1902, p. 269) avec destruction des radiations thalamiques dans la région pariétale.

(5) Dejerine, loco ciL, p. 1167.

elles-mômes, l'épanouissement des radiations optiques dans toute la face interne du lobe occipital, en un mot toutes les dispositions anatomiques connues (von Monakow, ViALET, Bernhbimer) paraissent indiquer que la macula rétinienne entre en relations avec toute Taire visuelle corticale et n0n pas seulement avec un point limité (1). »

b. Cécité psychique,

A propos des désorientations par lésion corticale supérieure (p. 240) j'ai distingué Tastéréognosie et Tasymbolie tactile et, dans les agnosies, distingué Tagnosie primaire (par trouble de Tidentification primaire) et Tagnosie secondaire ou asymbolie (par trouble de Tidentification secondaire).

En appliquant ces idées à la vision» on comprend immédiatement la cécité psychique qui est Tagnosie visuelle secondaire ou asymbolie visuelle. « L'individu a conservé la perception visuelle brute, mais est incapable d'en interpréter la signification ; il a perdu ses images visuelles commémora tives (2) ».

L'orientation est alors profondément troublée, les malades perdent leur sens topographique.

« Notre vieil atlas tactile de l'espace est peu à peu envahi et recouvert par les signes de l'espace visuel ; il en résulte que, quand nous perdons la mémoire visuelle des lieux, ce qui subsiste des éléments tactiles, articulaires ou musculaires de nos représentations de ce genre a subi trop profondément les effets de l'atrophie d'inactivité pour nous être d'un grand secours dans les premiers temps qui suivent la cécité (Jules Soury) (3). L'orientation, qui primitivement tient au domaine tactile, devient graduellement et presque exclusivement visuelle (Nodet) (4). Les malades peuvent

(1) Voir aussi, sur ce point: Raymond, Clinique citée, t. VI, p. 470-

(2) DejERiNE, loco c/7., p. 168.

(3) Jules Soury, loco cil., t. II, p. 1487.

(4) NoDET, thèse citée 18U9.

362 CHAPITRE gUATRiÈME

donner le nom d'un objel placé dans le champ visuel correspondant à la vision centrale, mais ne peuvent se représenter la place occupée par cet objet dans lespace. Leurs sensations tactiles actuelles ou les images de leurs sensations tactiles antérieures sont insuffisantes pour suppléer les sensations visuelles » (Marchand) (1).

% 11. APPAREIL AERVELX DE DIRECTIOX

Page 1