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Réflexes palpéhraux sensitifs

L'arc de ces réflexes est b3aucoup plus court et plus pé-

(1) Pavlow, Le Névraxe, lUCO, p. 331.

riphérique que celui des réflexes sensoriels : la voie centrifuge est toujours le nerf d'ouverture et de fermeture (sauf dans le cornéomandihulaire (1) qui est un réflexe oculaire, mais pas un réflexe palpébral), la voie centripète est le trijumeau et les centres de réflexion sont les noyaux (neurones inférieurs de réception et d'émission : le ganglion de Casser et les novaux bulbaires du facial et de Toculomoleur commun).

Aussi la disparition de ces réflexes est-elle en général un signe de lésion périphérique. Ainsi dans la paralysie périphérique du facial on constate celte disparition, notamment la suppression du clignement réflexe qui étale physiologiquement les larmes ; de même dans les lésions du trijumeau et du ganglion de Gasser.

Tout le monde connaît le réflexe cornéeh et Timportance de sa recherche, notamment dans le sommeil chloroformique.

Dans ces derniers temps, on a beaucoup étudié le réflexe susorhitaire décrit d'abord par Mac Cartiiy(2) comme nouveau réflexe dans le domaine de la cinquième et de la septième paires : quand avec le marteau on percute le nerf susorhitaire, on détermine un tremblement fibrillaire de Torbiculaire des paupières, faisant tout au plus rapprocher les paupières, sans faire fermer les yeux. Si le réflexe est exagéré, la zone à percuter est beaucoup plus étendue. lia été trouvé supprimé dans les cas de paralysie du facial, de paralysie du trijumeau, dans un cas de section du susorhitaire (pour névralgie)...

(1) Sous ce nom, Frédéuk: von Sôldeh {Xeurolofjisches Cenlralhlatt, 1902, p. 111), décril un déplacement du maxillaire inférieur produit par l'excitation de la cornée ; ce mouvement est uniquement transversal et la mâchoire se déplace vers le côté opposé à la cornée excitée ; il se produit en même temps que le réflexe cornéen. Les voies du réflexe sont les branches sensilive et motrice et le novau moteur du trijumeau. Ce réflexe est physiologi<iue sans être absolument constant.

(V) Mac Cautiiy, y6/(/fm, 1901, p. 800.

APPAREIL NERVEUX DE LA VISION 4i 1

Von Bechterew (1) avait déjà eu rattention attirée sur ce réflexe qu'il aime mieux appeler réflexe oculaire, parce qu'il le détermine en percutant toute la partie frontopariétale du crâne et Tarcade zygomatique. Il en fait un réflexe périostal et décrit du reste une vraie contraction de Torbiculaire dans ce cas.

Dans le même numéro du Centralhlatt, Carl Hudover- MG (2) refuse au phénomène le caractère d'un réflexe, vu qu'il le détermine par une percussion d'un point quelconque du muscle frontal et surtout qu'il l'a vu persister chez un malade à qui Dollinger avait enlevé le ganglion de Casser (pour une névralgie). Ce mouvement n'est, pour lui, qu'une extension à l'orbiculaire de l'excitation musculaire mécanique portée sur un point voisin.

La plupart des auteurs n'ont pas adopté cette manière de voir.

Ainsi Sailer (3) a vu dans une paralysie du facial la percussion du susorbitaire déterminer le réflexe du côtéopposé, aucune autre excitation ne déterminant la contraction de Torbiculaire.

Dans un nouveau travail, von Bechterew (4) maintient la nature réflexe du phénomène, seulement avec un point de départ plus étendu que ne le voulait Mac Carthy. Il montre que ce réflexe est diminué ou aboli dans les lésions du trijumeau et dans les paralysies périphériques du facial ot non dans les paralysies centrales du facial avec intégrité du facial supérieur.

Pour Hugo Lukacz (5) il s'agit bien aussi d'un réflexe, puisqu'il peut le déterminer par la percussion de régions très diverses du visage, très éloignées du muscle frontal.

(1) Von Bechterew, Neuroloyisches Cenlralblait, 1901, p. 930.

(2) Carl Hudovernk;; /6irfcm, 1901, p. 933.

(3) Sailer, Philadelphia médical Journal, 1901 [Hevue neurologique, 1902, p. 457).

- (4) Von Bechterew, Neurologisches Cenlralblatl, 1902, p. 107. (5) Hugo Lukacz, Ibidem, 1902, p. 147.

413 CHAPITRE nUATRiÈMË

H le rapproche du phénomène de Chvostek, dans lequel la contraction des orbiculaires des paupières et des lèvres est provoquée par la percussion du point d'émergence du facial et se produit du côté opposé quand il y a paralysie unilatérale complète de la VII paire. De plus, il a constaté, au moment de ce réflexe, que la pupille se contracte, puis se dilate et reste dilatée, phénomène décrit par Westphal et PiLTZ dans la fermeture des yeux (parfois normalement d'après Westphal, toujours pathologiquement d'après PiLTz), phénomène que Schautz croyait à tort dissimulé normalement par la réaction à la lumière, puisque Lukacz élimine entièrement cette dernière anfluence. « Peut-être la réapparition du réflexe orbiculaire peut-elle être un bon signe d'amélioration d'une paralysie faciale; le phénomène pupillaire (1) pourrait peut-être servir à diagnostiquer l'origine périphérique ou centrale d'une paralysie du moteur oculaire commun (2). »

Walker Overend (3) fait aussi de ce symptôme un phénomène réflexe qu'il a décrit dès 1896 et qu'il appelle réflexe ophtalmique

Reprenant la question, Mac Carthy (4) maintient sa première manière de voir, ajoutant que la percussion de Tos malaire ne détermine ce réflexe que dans les cas d'exagération, de môme que, dans ces cas, le réflexe rotulien peut être déterminé par la percussion du périoste tibialou fémoral.

En somme, la recherche de ce réflexe oculaire ou susorbitaire reste un bon moyen à employer en clinique pour

(1) Voir plus loin au paragraphe des troubles de l'accommodation, p. 421.

(2) Lepi, Analyse du travail précédent, in Revue neurologique, 1902, p. 1092.

(3) Walker Overend, Lancet, 1902 [Revue neurologique, 1902, p. 727).

(4) Mac Carthy, Philadelphia médical Journal, 1902 [Revue neurom logique, 1902? p. 1093J.

déterminer Vintégrité ou Valtération de Varc réflexe trijumeau facial (I).

2. Mouvements automatiques : occlusion des yeux dans le sommeil.

Les mouvements automatiques des paupières qui intéressent le clinicien sont ceux qui amènent Tocclusion des yeux pendant le sommeil. Dans ce cas, il y a diminution du tonus du releveur delà paupière supérieure (puisque, dans la paralysie du facial, Toeil se ferme un peu dans le sommeil) (2) ; mais il y a aussi mouvement de contraction de Forbiculaire (puisque, dans cette même paralysie du facial, Tœil ne se ferme pas complètement dans le sommeil : /agophtalmie).

J'ai observé (3) le cas curieux d'un homme qui avait les réflexes de clignement, qui dormait les yeux fermés et qui ne pouvait absolument pas fermer les yeux volontairement (ni ensemble ni isolément). C'était une paralysie pseudobulbaire.

Dans cette maladie (4), le facial supérieur n'est habituellement pas atteint. Je l'ai trouvé atteint dans 4 observations sur 37 : dans ces 4 cas, la lésion siégeait à la partie externe du noyau lenticulaire du corps strié. Mais je n*ai trouvé que trois cas avec autopsie dans lesquels le facial supérieur fut pris pour les mouvements volontaires et pas pour les réflexes et le sommeil.

Dans le premier (Magnus) (5), kyste hémorrhagique ayant

(1) Voir encore sur Télalde ces réflexes dans la démence paralytique : VON Bechterew, Neurologisches Centralblall, 1903, p. 850.

(2) Vaschide et Vcrpas, lievue neurologique, 1902, p. 899.

(3) Leçons de Clinique médicale, 1898, 3* série, p. 494.

(4) Gala VI ELLE, Des paralysies pseudobulbaires d'origine cérébrale, ttièse de Montpellier, 1893.

(5) MACSvi^yMuller's Archiv, 1837, p. 258 (Lepine, Hevue mensuelle de Médecine et de Chirurgie, 1877, p. 917. Observation XXVI de Galavielle). Autopsie faite par Froriep, publiée par Uomberg, dans

détruit deux circonvolutions dans rhémisphcre droit, au bord externe, là où le lobe antérieur et le lobe moyen se confondent.

Dans le deuxième (Tiling) (1), foyer de ramollissement bilatéral, cortical et un peu souscortical, occupant les deux circonvolutions centrales et le lobule pariétal inférieur.

Dans le troisième (Tournier) (2), ramollissement à droite dans la capsule exlerne et le segment externe du noyau lenticulaire ; à gauche dans une région analogue et tumeur sur le pli de passage du lobule pariétal supérieur avec la pariétale ascendante.

Ces faits, quoique en nombre bien réduit, semblent indiquer que le centre de ces mouvements automatiques est quelque part au-dessus des centres réflexes et au-dessous des centres corticaux volontaires, peut-être dans Técorce cérébrale. Dans ce dernier cas, ces faits rentreraient dans les exemples de lésion suspolygonale, comme les asymbolies, les aphasies idéomolrices, etc.

3. Mouvemenls volontaires y bilatéraux et unilatéraux. L'étude des mouvements volontaires des paupières est cliniquement moins importante que celle des mouvements réflexes et automatiques parce que leur disparition est un symptôme constant de la paralysie des paupières, quelle que soit la hauteur de la lésion sur le trajet des appareils nerveux d'ouverture et de fermeture.

On doit se rappeler seulement qu'il faut toujours analyser séparément et successivement la motricité palpébrale simultanément dans les deux yeux et isolément dans chaque œil. Pour cela, il faut s'assurer préalablement que le sujet

la 3» édition de son livre, et, en France, par Da vaine (1852) dans son mémoire sur la paralysie double du facial. ,

(1) TiLiNC, Petersburg medicinische Zeitschrift, 1874, p. 251 (W'kr- MCKE, Archiv fur Psychiatrie und Nervenkrankheiten, t. XX, p. 273).

(2) TouRMER, Revue de Médecine, 1898, p. 671.

APPAREIL NEUVETIX DE LA VISION 4i5

savait, à l'élat normal, fermer à volonté chacun des deux yeux. Tous les sujets ne sont pas à ce point de vue aussi démonstratifs que mon hémiplégique (1) qui, avant d'être malade, jouait beaucoup et clignait alternali vement chaque œil pour prévenir son partenaire de son jeu. '

Dans la paralysie unilatérale du facial, le sujet ferme un peu l'œil malade quand il cherche à fermer les deux yeux (2). Il y a là surtout une action volontaire directe de relâchement sur le releveur de la paupière supérieure (voir Texpérionce de SiiEiuuNGTON plus haut, p. 108).

8 IV. — APPARKIL XERVEUX DE L'ACCOMMODATIO.X

(pupille et conver|iircnce).

La pupille appartient à la fois à Tappareil de protection et h l'appareil d'accommodation. Pour ne pas en scinder l'étude, nous l'avons réservée pour ce paragraphe ; nous y joindrons l'appareil de la convergence qui appartient plus à l'accommodation qu'à la direction latérale du regard.

Appareil nerveux: i, de la papille; 2, de raccommodation ;

3, de la convergence.

1. ^appareil nerveux moteur de la pupillee^l formé d'un nerf de fermeture (resserrement) et d'un nerf d'ouveiiure (dilatation).

- Le resserrement est produit parla contraction du sphincter pupillaire. O^^ï^I ^ '^ dilatation, son mécanisme est beaucoup plus discuté.

(1) Leçons de Clinique médicale, \' série, p 619.

(2) Vasciiide et Vlhpa*, loco cit., p. 904.

AvecIiENLE, KôLLiKER et d'autres, on avait admisd'al un muscle dilatateur de la pupille ; puis, avec GRûNiiAGid on Ta nié : la dilatation était attribuée au relâchement ^ constricteur. Aujourd'hui avec Gabrielides (1) et ViALui TON (2) on admet de nouveau Texistence du muscle dilali teur (3). ,

L'oculomoteur commun est le nerf de la conslriction èl le grand sympathique le nerf de la dilatation de la pupille

Pour certains auteurs (4), le grand sympathique serait) le nerf à la fois iridodilatateur et iridoconstricteur, les fibres de Toculomoteur commun n'étant qu'une des origines la plus élevée) du système sympathique.

L'oculomoteur commun, dont nous connaissons déjà le trajet inlracérébral, envoie à l'iris un filet croisé.

Le grand sympathique cervical contient des fibres iridodilatatrices : la section donne du mvosis et rexcitation du bout périphérique fait de la mydriase.

Le centre inférieur (5) en a été placé (6) dans la moelle par BuDGE (1885) entre la 4^ racine cervicale et la 2« dorsale (c^^ntre ciliospinal] ; GrIinhagen (1884) le place plus haut dans la moelle allongée ; Kocher (1896) fait parcourir toute la moelle cervicale, du haut en bas, par les fibres oculopupillaires.

En tout cas, M""* Dejerine Klumpke (7) a établi que ces

(1) Gabrielides, Recherches sur V embryogénie et Vanalomie comparée de V angle de la chambre antérieure chez te poulet et chez V homme ^ Muscle dilatateur de la pupille. Thèse de Paris, 1895.

(2) ViALLETON, Archives d'Anatomie microscopique, 1897, p. 374-

(3) Voir, pour toule celle quesUon, l'importanl travail fait dans le laboraloire de Vialleton, par Edoiard Gîwsfeltt^ Le Muscle dilatateur de la pupille chez les mammifères, Uièse de Montpellier, 1899, n" 40. — Voir aussi, Petella, Annali di medicina navale, 1901, p. t2 {Revue neurologique^ 1902, p. 24).

(4) MoRAT, Traité cité, p. 008.

(5) Voir ce que nous avons déjà dit de ce centre, p. 171.

(6) Voir Seeligmuller^ Deutsrhes Zeitschrift fur Nervenheitkunde, 1899, p. 159.

(7) M"» Dejerine Klumpke, Revue de Médecine, 1885, p. 591.

i onnm appareil' nerveux de la vision 4i7

(l'aulrfs,()flat fibres passent parle rameau communiquant de lai™ dor- Ufilkimr^ sale (1) (avec le grand sympathique). François Franck a /a(iril)aéeji;,' montré qu*à la base du crâne ces fibres iridodilalatrices e' (/uiiueijsl' abandonnent le grand sympathique et se joignent au trileiisto'/ jumeau dans le ganglion de Casser. De là, elles vont par Tophtalmique et les filets ciliaires au globe oculaire et au plexus ciliaire.

Ai-EftsANDRO Marina (2) et Anderson (3) ont insisté sur le rôle du ganglion ciliaire ou ophtalmique que ces nerfs rencontrent sur le trajet de Tophtalmique et qiii constitue le centre périphérique de la pupille, souvent atteint par exemple dans le tabès et la paralysie générale. Ce qui explique que certaines lésions de Toculomoteur commun puissent laisser Tiris intact et que des paralysies complètes et totales des muscles extrinsèques de Tœil laissent intacts les muscles intrinsèques (4).

Un centre plus élevé pour les mouvements pupillaires,

très important pour les réficxes visuels ou lumineux, est à

la base du cerveau vers les tubercules quadrijumeaux,

i/blee( dans la région dont nous connaissons déjà (à propos des

fr/'' réflexes palpébraux p. 409) les relations avec les centres

Mp primaires optiques.

tefl'^" Mendel a montré, chez le chien, le chat et le lapin, que

Tablation de l'iris laisse intacts le nerf optique, le tubercule quadrijumcau antérieur et le corps genouillé externe,] mais entraîne constamment Tatrophie de la masse et des ^ cellules constituantes du ganglion de Thabénule (5). C'est ^

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(i) Voir Raymond, CUniijuedes Maladies du Système nerveux ^ 1896, t. I, p. 2!^5.

; L' (2) ÀLEi^sANDUo Madina, AnnoU di nevrologia^ 1901 et Gazzetta degli

, . ospedali e délie clinichet 1901 [Revue neurologique, 1902, p. 29 etC89).

4 (3) Andebson, Proceeding of the physiological Socieiy, 1902 (/6z-

c/cm, 1903, p. 554}.

(4) Voir plus loin au § V ce que nous dirons des ophlalmopiégics ., externe et interne.

(5) L'étage supérieur de la couche optique comprend trois noyaux d'avant en arrière : le troisième, le plus petit, en forme de massue,

GiAssrr. Les Centros nerveux. 27

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