‹ Les Cèpes dans leurs Rapports avec l'AlimentationChapitre 12 sur 25 · VEN · texte numérisé non relu

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Principes toxiques, expériences sur la toxicité des Cèpes

Les renseignements que peut nous fournir la chimiesur ce point sont d’origine récente et malheureureusement encore forts incomplets. Durant longtemps les efforts des chercheurs n’ont élé suivis que de résultats négatifs et tandis que, dans le genre voisin des ammanites, on arrivait à reconnaitre les alcaloïdes coupables des nombreux émpoisonnements, chez les cèpes, on ne découvrait rien et l’on se trouvait réduità des hypothèses et aux résultats de l'expérience.

Gérard, en son mémoire (1), dit, sans donner les raisons de son affirmation : & Les bolets renferment un principe résineux amer qui semble agir comme le suc àcre des lactaires..…… Comme pour les agarics àcres, la macéralion dans l’eau pure ou salée suffirait pour détruire en partie l’âcrelé des bolets, et une courte ébullition achéverail de les rendre inoffensifs. L'eau dans laquelle on les a fait macérer est teinte en bleu terne. »

En somme, les renseignements sont fort peu précis, et.

probablement inexacts. Il n'est guère qu'un cépe: le le cèpe chicotin (B. felleus. Bul.) qui contienñe une grande abondance de principes franchement amers ; si d’autres sont toxiques, leur saveur ne met point en

(1) Revue industrielle, 1851.

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garde (éxceplons cependant encore B. piperatus à la saveur chaude et poivrée, dont d'ailleurs les qualités toxiques n'ont point été expérimentées), L'eau, dans laquelle on les a fait macérer et, qui d’après Gérard, a dissout ce principe, n’est point amère non plus.

Pour Sicard et Schoras « le principe vénéneux est de nature basique, il est susceptible de se combiner aux acides pour donner des sels. Ces sels sont très toxiques et d'action analogue à la curarine ». A

Letellier (1), dont nous avons déjà cité l'opinion, a conclu de ses analyses que la seule substance nuisible qu'on trouvait dans les bolets à tubes rouges élait un mucilage qu'il nomme bassorine el qu'il pense être

analoque à la muycetide trouvée par Boudier en B. edulis. Ce mucilage existe en quantité énorme jusqu’à 13/100 dans les espèces à chair lourdes, qualifiées de toxiques, tandis qu’elles renferment seuiement 4/100 de fungine. [ls peuvent absorber, lorsqu'on les broie et les triture, cinq fois leur poids d’eau et forment alors une sorte de pâte dont Ia pression la plus énergique ne saurait faire sortir une goutte de liquide. Du reste, lorsque ces bolets ont été une fois desséchés, leur mucilage ne redevient plus filant el leur action sur l'estomac serait sans doute annulée. Nous n'insisterons point sur ce dernier point, traité spécialement en son travail inaugural par notre camarade, le docteur Ch: Cordier (2). Quant au reste, les conclusions de Letellier sont celles-ci :

(1) LeTELLIER ET ESPiNEUx : Exériences noucelles sur ls champignons cénéneur, 1866.

(2; Thèse de Lyon, 1896,

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