‹ Les Cèpes dans leurs Rapports avec l'AlimentationChapitre 14 sur 25 · OP · texte numérisé non relu

OP

où

sements et des selles diarrhéiques. Malheureusement cette expérience, très soigneusement observée, n’est pas caractéristique. Le docteur Planchon dit lui-même : «Je ne donne point ce résultat comme absolument probant, car je dois dire que le sujet de l'expérience était déjà mal portant. Les symptômes observés sont bien dus aux champignons, seulement je pense que, sur un chien en très bonne santé, ils n'auraient point été suivis de mort. »

D'autre part, Letellier et Speneux ont fait manger sans difficulté à une chatte, en peu d’heures, 280 grammes de B. luridus ou B. satanas haché avec de la viande. Elle n’en a éprouvé aucun effet, n'étant point pourtant réfractaire à l'influence du poison, car elle a été tuée en moins de deux heures par 45 grammes d’A muscaria.

D’après les expériences de Paulet, au contraire une once aurait suffi pour donner à un chien des vomissements et des tremblements convulsifs. Roques rapporte aussi qu’un jeune chat qui en aurait mangé une once est mort 24 heures après; mais 2. chiens n’en auraiént souffert que 2 jours. Reveil enfin, l'ayant donné cru à un chien après l'avoir pilé et mélangé à de la soupe (la quantité n’est point indiquée), l'animal est mort le cinquième jour.

D’autres mycologistes se sont astreints à ingérer euxmêmes des fragments plus ou moins considérables de cette espèce et le nombre en est grand. Travelyan, cité par Cooke (1) a mangé B. luridus et B. Satanas et n'en

(1) Cooke. Les champignons, 1872,

hi

a point été incommodé. Lenz, la mangé aussi et des familles entières avec lui. Palisot de Beauvais et d’Ascherson disent qu'on l'emploie couramment comme aliment en quelques pays. D’après Trattinick on ne le vend point publiquement en Autriche, mais on l’'apporte en quantité sur les marchés d'Allemagne, à Olmutz et à Brunn: en Pologne les paysans le mangent cuit sous la cendre ; cependant, ajoute-t-il, il est démontré que souvent Son usage provoque des vomissements violents etun assoupissement profond. Et Viviani raconte que, pour en avoir fail usage, unefamille entière de raysans faillit périr. Nous pourrions allonger beaucoup la liste de ceux qui ont goûté peu ou beaucoup de B.-luridus ? nous nous bornerons à rapporter les résultats ; (ous ceuR qui er ont goûté n'en ont éprouvé que des accidents en somme légers. Nous mêmes avons expérimenté cette espèce et mangé cru un pied de B. luridus Schœæf pesant environ 12 grammes et recueilli le 9 septembre de cette année ; nous n’avons ressenti par la suite aucun symptôme d’empoisonnement.

Toutes nos expériences ont été faites sur des individus crus afin que les principes toxiques soient en leur état naturel et non modifiés par la préparation.

La cause de B. satanas est encore moins claire. Les expériences qui ontété faites sur ce cèpe, sont en somme, fort peu nombreuses et pour une raison très sim. ple. Lenz qui a le premier décrit cette espèce et lui a donné son nom, l’a expérimentée sur lui-même, et voic avec quel succès : 2 heures après l'ingestion de 3 gr. de B. satanas, il ressentit de vives douleurs d'estomac; des étourdissements, des coliques suivies de vomisse-

Page 1