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espèces comestibles, malgré le nom qui semble indiquer qu’il a toujours été tenu comme un des plus dangereux, Schrœter, enfin, raconte que B. satanas est considéré comme comestible et très estimé dans les montagnes du Tyrol. Nous avons eu la bonne fortune de trouver un pied de cette espèce rare en France, et neus avons ingéré 6 grammes crus, Aucune sensation pénible n’a été la conséquence de cette expérience.
Nous aurions voulu pouvoir la répéter sur une quantité plus grande, car on pourra objecter l'insuffisance de la dose, malheureusement nous n'avons pu nous procurer à nouveau cette espèce jusqu'ici. Du reste, si le résultat de l'expérience n’est pas probant, il suffit, pour s'opposer à celui de Lenz, battre en brèche ses conclu: sions trop absolues, et prouver la nécessité de travaux ultérieurs que nous nous proposons d'entreprendre.
B. erythropus a été de la part du docteur Ch. Cordier (1) l'objet d’une expérience dont voici le résumé : 10 gr. 50 de ce champignon desséché correspondant à 60 gr, à l’état frais ont été donnés à manger à un lapin dans un mélange de son et d'eau. Le résultat a été complètement négatif. Nous avons ingéré nous-même environ treize grammes de cette éspèce fraîche et n'avons été nullement incommodé.
B. pachypus, enfin, est considéré comme dangereux par Letellier, tandis que Lenz et Lasch, après expérience, le déclarent comestible.
La science mycologique est encore plus incertaine
(1) D: Ch. CorDIER. Thèse de Lyon, 1898
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sur les qualités toxiques des autres espèces de bolets à tubes rouges. L’attention ne s’est point portée vers eux, et ceci peut déjà être marqué comme une bonne note en leur faveur ; l'obscurité dans laquelle ils sont restés étant la conséquence du manque d’accidents par leur usage. Ils sont considérés plutôt comme suspects que comme vénéneux, et c'est au nom de la prudence que les auteurs conseillent de s’en abstenir.
L’impression qui nous semble se dégager de cette étude, fort abrégée et évidemment incomplète, est celleci: De nouveaux travaux sur ce sujet sont absolument nécessaires pour éclaircir et expliquer les résultats jusqu'ici peu concordants. Toutefois, ces résultats permettent déjà de voir la différence profonde qui existe entre les propriétés nocives des ammanites et celles des bolets. Une expérience physiologique faite avec les premières entraîne presque fatalement la mort du sujet, tandis que l'ingestion de cèpes n’est suivi que d'accidents relativement légers et semblables à ceux que cause l'absorption d'un purgatif drastique. Et cette différence s'explique naturellement, puisque d’après les analyses les ammanites contiennent en leur parenchyme des alcaloïdes, toxiques à doses très minimes, dont semblent dépourvus les bolets.
Observations d'empoisonnement,
leur discussion
Le nombre des observations d'empoisonnements causés par iles bolets et enregistrés dans lascience ést très restreint, et les 9 observations ici reproduites représentent tous les cas qu’une recherche minutieuse nous a permis de grouper. Notons pourtant 2 observations de Paulet : (4 enfants de Chatou, la famille Chabert), qui ne sont point citées ici parcequ'elles n’ont point toute l’authenticité désirable, Paulet y attribue, en effet, ces empoisonnements à un mélange de champignons à lames et de cèpes et l’on ne peut établir clairement à laquelle de ces deux familles doivent être imputés les accidents.
z OBSERVATION I (1)
Galien a vu un homme très incommodé pour avoir mangé des cèpes en trop grande quantité et pas assez cuits. Ce sujet éprouva de l'oppression, de la difficulté de respirer, des faiblesses, une sueur froide el se rétablit après avoir pris une infusion d'hysope, de sariette dans l’oxymel avec un peu de nitrum qui les lui fit rendre déjà convertis en mucosités. =
Nous rapportons ici celte observation d’après Paulet, tout en faisant remarquer la confusion qui, jusqu'à Linné, exis-
(4) PAULET. Traité des champignons, 1782.
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tait entre les polypores et les agarics; en réalité, il s’agil peut-être en ce cas d’un empoisonnement par des champignons à lames.
OBSERVATION II (de BAUHIN, 1640) (1)
Une femme qui avait mangé du grand cèpe jaune qu'on trouve sous les sapins fut sur le point de périr par des évacuations énormes par en haut et par en bas : elle en revint.
OBSERVATION III (de BAUHIN) (1)
Voici un accident arrivé dans une famille à propos de l'usage de B. granulatus, espèce que les auteurs qui en ont fait mention s'accordent à trouver dangereuse. Tous ceux qui en mangeérent éprouverent des symptômes graves, eurent du dévoiement, des vomissements, mais aucun n’en mourut.