INTRODUCTION
Il n’est point d’année pendant laquelle ne se jproduise un certain nombre d’empoisonnements par les champignons, et l’on a pu constater même que l'humidité de la saison, l'abondance de ces végétaux et le nombre des empoisonnements étaient dans une relation étroite, comme si une mortalité de tant pour cent était en quelque sorte un impôt fatal ievé sur les mangeurs de champignons.
Pourquoi cette régularité presque mathématique dans la répartition des accidents? Comment se fait-il que cette série ininterrompue n'arrête point les plus audacieux, et ne les empêche pas de recourir à un aliment si dangereux ? Il y a de ce fait, à ce qu’il nous semble, plusieurs explications qui se complètent l’une par l’autre : D'abord, les champignons constituent pour les pauvres gens une ressource précieuse ; la campagne, les bois, sont,durant une grande partie de l’année,un garde-manger gratuit où ils peuvent glaner sans crainte d’en épuiser les ressources. Et puis, cha£un se flatte d'échapper à la mort qui a frappé le voisin, par un choix plus judicieux, par l’application de certaines règles empiriques qu'on appelle communément des épreuves et que nous nommerons préjugés.Ce sont eux que l’on peut presque toujours accuser des méfaits des champignons, ils ins-